*Aurovilleest une ville expérimentale située en Inde, pour la majeure partie dans le district de Viluppuram dans l'État du Tamil Nadu et pour le reste dans le territoire de l'Union de Pondichéry.
Elle fut créée en 1968 par Mirra Alfassa, plus connue sous le nom de la Mère et compagne spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo. Auroville a pour vocation d'être, selon les termes de sa conceptrice, « le lieu d'une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités ».
Dans cet essai inédit, Krishnamurti, l'un des plus grands penseurs du XX e siècle, analyse le phénomène de la peur qui entrave notre esprit et donne des clés pour tenter de la dominer.
" La peur n'est jamais une réalité : elle intervient avant ou après l'instant présent. La peur dans l'instant présent, est-ce de la peur ?
Dans un moment de danger physique ou psychologique, l'attention est totale. Quand l'attention est totale, on n'a pas peur. La peur surgit quand on évite le fait, quand on le fuit. "
La peur peut affecter notre vie. Seule une prise de conscience de ses sources profondes nous permet d'en libérer notre esprit.
Dans cet ouvrage, réunissant causeries, dialogues privés et extraits de ses célèbres " Carnets ", Jiddu Krishnamurti, l'un des plus grands penseurs indiens du XXe siècle, montre comment la peur et la dépendance qui en découle nous empêchent d'accéder à la liberté.
Une réflexion puissante et d'une grande actualité.
La vie est un tissu d’interdépendances, rien n’existe par soi-même.
Nous sommes le résultat du monde, en fait nous sommes le monde.
Qu’est-ce que l’intelligence ?
La pensée est formatée, et on ne pense pas par soi-même.
La pensée, en elle-même, peut-elle être libre ? La pensée suit la vision pénétrante, elle advient si on veut conceptualiser ou communiquer avec autrui. Il peut y avoir vision, sans conceptualisation.
Les mots, les pensées sont toujours anciens, mais ils portent une flamme, quand celui qui parle a été embrasé par la vision pénétrante. Le mot est alors porteur de cette flamme.
L’inspiration est une création qui nous traverse, elle ne vient pas
vraiment de nous.
Avec le temps, le sens même des mots est déformés par les êtres humains, voir le sens donné actuellement au mot « épicurien », ou au mot « bodhisattva ».
La vision pénétrante, l’inspiration est toute énergie.
En se manifestant, en s’exprimant, la création prend forme, et elle se limite donc à cette même forme. La création est toujours moins grande que la vision.
Il existe un art du dialogue, un art de l’exploration et de l’enquête. Pour comprendre le monde et soi-même, il faut investiguer, se questionner, être curieux. Cet art du dialogue se fait avec des gens animés de la même passion de découvrir « ce qui est », mais il se réalise aussi avec soi-même. Si on ne sait pas vraiment dialoguer avec soi, on peut très difficilement dialoguer avec d’autres personnes.
Pour que cela soit vivant, une grande intensité est nécessaire, un grand sérieux doit être présent, ce qui n’exclut pas la joie et la beauté.
Naturellement pour communiquer avec autrui, on utilise des mots et des phrases, mais les mots ne sont pas ce qu’ils décrivent, la carte d’un menu n’est pas le repas. Les phrases et les mots prononcés ont une puissance, une force, quand ils décrivent ce qui est perçu dans le présent, quand ils sont l’expression d’une vision immédiate. La beauté d’une telle perception, si les personnes sont attentives et écoutent vraiment, c’est que la perception d’une seule personne devient la perception des autres, c’est le groupe lui-même qui perçoit dans un même mouvement.
Un tel échange est très rare, surtout dans notre monde où n’existe que des débats d’opinions, que des confrontations de points de vue particuliers.
Quand on découvre cet art du dialogue, on découvre la joie d’apprendre, de comprendre par soi-même, sans dépendre ni de la rumeur publique, ni du lavage de cerveau imposé par les différentes structures de la société.
La plupart des gens disent communément « Il ne faut pas se compliquer la vie », ou même, « il ne faut pas se prendre la tête avec des paroles sans fin qui ne mènent à rien. » Mais alors qu’est-ce que vivre ? Juste consommer des sensations, être un avaleur des produits et d’informations concoctés par d’autres, avoir dans l’esprit les théories et les idées venant de l’extérieur. Une vie basée uniquement sur la satisfaction du plaisir, est une vie qui appel la souffrance.
L’art du dialogue, du questionnement, nous évite le naufrage du conformisme et de la sécurité à tout prix, il attise notre curiosité et veille à ce que notre esprit ne se réduise pas à quelques conclusions, bien figées et donc bien mortes.
S’interroger, enquêter, découvrir sur soi et sur le monde, sans jamais crisper ce mouvement, sans jamais créer de nouveaux dogmes, cela est une fontaine de jouvence pour l’esprit et pour l’homme.
En cela existe une grande paix, quelque chose d’indéfinissable et d’une immense beauté.