18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 14:27

 

 

Vous trouverez ci-dessous une vidéo issue de notre

visioconférence du 23 mars 2025.

 

"Récits du monde et observation."

 

 

Le petit enfant a besoin d’explications du monde, donc de récits.

Cela est nécessaire pour avoir une cohérence et

une architecture intérieure.

 

Il y a des récits d’ordre factuels et simples, et il y a des récits mythiques, religieux, spirituels, voire scientifiques (le Big-Bang de l’univers). Les récits mythiques , symboliques, nous touchent très profondément, car ils tendent à nous donner une explication globale de la vie et des mystères qui s’y déroulent. En fait, ces types de récits nous forgent profondément, ils touchent notre inconscient.

 

A l’âge adulte, l’être de raison se doit de remettre en question ces récits. En confrontant notre expérience du monde et ces récits du monde. C’est l’observation qui permet de voir si

le récit est vrai ou faux.

 

Un récit doit l’aider à mieux comprendre la vie, et donc à bien vivre dans le monde. Mais le récit, c’est une histoire du monde, ce n’est pas le monde lui-même. Et quand plusieurs récits du monde se rencontrent, si l’homme est attaché à son récit particulier, les récits deviennent source de conflits.

 

Le récit n’est pas une fin en soi. Dans les relations humaines, de manière naturelle, nous créons des récits pour transmettre des histoires, des concepts. Mais on oublie souvent que tout cela, n’est qu’une description du réel, ce n’est pas le réel lui-même.

 

Un récit du monde favorise une bonne perception de ce même monde. Et la perception, l’observation du monde modifie, fait évoluer le récit, afin que celui-ci reste vivant et dynamique.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 09:07

 

 

 Il y avait trois personnes marchant dans la nuit, le ciel nocturne scintillait de mille étoiles lointaines. On y distinguait également une planète du système solaire, et par moment des poussières stellaires venaient mourir en zébrant d'or le ciel de la terre. Il y avait des rires, de la complicité, l'air était rempli de joie de vivre, la présence de soleils lointains était comme autant de sourires et de rires partagés.

  Les trois amis regardaient tranquillement des constellations, observaient même la très proche galaxie d'Andromède. Il n'y avait aucune tension présente dans tout ceci, et au-delà des mots et des théories scientifiques, il y avait quelque chose de fécond. Quelque chose de profond, un mouvement intérieur indicible. Ce mouvement venant de l'esprit animait ces personnes, ainsi que l'univers entier, - celui-ci fait naître des galaxies, des mondes inconnus - et certains ne comprennent pas qu'il puisse également faire naître l'amour absolu, qu'il donne la liberté véritable.

   Seul ce mouvement sans mobile, sans règles intérieures, seul cela peut mettre un terme à l'illusion et à la souffrance. Il est une réalité inqualifiable, immuable qui est au-delà de l'homme, au-delà de ses jeux puérils tel que les religions et les rites, les croyances et l'adoration des textes.

    Ce soir il y avait trois humains dans la nuit, des milliards d'étoiles, des rires et des silences. Ce soir était baigné par une unité imperceptible, car cette marche nocturne était en fait le mouvement même du monde. Trois personnes marchaient dans la nuit, mais jamais il n'y avait eu trois esprits. Cette soirée pleine de joie était celle de l'esprit du monde, de la terre et des cieux. Celle de l'esprit qui s'étend au-delà des perceptions humaines, et les rires avaient touché des contrées inconnues, totalement vierges.

    Ce soir un sourire était né, et l'éternité avait ri avec l'univers entier.

   Un mot, un sourire, une étoile filante qui vous emporte dans son sillage. Plus rien n'existe sauf cette beauté innocente du monde, plus rien n'existe sauf cette générosité de la vie. Maintenant devant nous le monde connu n'est plus, et dans cette réalité autre, comment pourrait-on ne pas être submergé par l'amour ?

 

   Paul Pujol.

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
31 mars 2025 1 31 /03 /mars /2025 10:34
Le silence et le chant de la vie

 

    Trévoux le 14 octobre 2012  

 

 

    Une personne nous a contactés pour savoir si nous voudrions écrire un texte sur le silence. En répondant favorablement, on se demande immédiatement si cela est vraiment possible ? Si chaque parole ou écrit sur le silence ne fait pas fuir celui-ci. Le silence étant par définition l'absence de son, de mots, la suspension de tout bruit existant.

    Il est sans doute possible de vivre le silence, mais en parler ? S'exprimer à son sujet n'est-ce pas trahir l'essence même du silence ? Ces questions légitimes se posent tout à fait logiquement à celui qui accepte le défi de parler du silence. Si ces questions ne sont pas présentes, c'est que cet esprit n'a aucune conscience de la délicatesse du sujet, il n'a aucune conscience de la fragile et mystérieuse perception du silence...Pour un tel esprit le silence n'est qu'un mot facile, une suite de concepts et de lieux communs que tout le monde utilise aujourd'hui.

    Mais nous sommes des êtres de relation, personne ne vit isolé, et si un homme découvre vraiment cette immense réalité, tout son être le pousse à vouloir partager cela avec autrui. Cet homme se rend compte très rapidement de la difficulté de cette communication, quand il parle du silence les gens disent "c'est formidable monsieur, moi aussi j'ai connu cela". Alors celui qui voulait parler se tait et il écoute l'autre, et il voit et entend des tombereaux de mots, des cascades verbales sans fin. Il entend mille et une descriptions, et son interlocuteur s'emballe et n'en finit plus de parler. Presque tout le monde dit connaître le silence, mais on voit tout simplement que pour les hommes tout cela n'est qu'un océan de mots, peut-être y a-t-il eu des expériences dans le passé, mais il n'y a plus rien de vivant dans le présent. Cela est très surprenant, alors on se demande si soi-même on ne fait pas pareil. "Ma communication n'est-elle qu'une suite de mots stériles, n'est-ce qu'une simple expression orale sans vie aucune ?"

    Les paroles, ou les écrits sont-ils vivants, vibrant d'énergie ? Est-ce que cela coule dans mes veines comme du sang. Quand nous parlons du silence, entre-il en existence entre nous, dans notre relation ? Il peut y avoir une vie en relation avec le silence, et celui qui vit tout cela peut aussi ne jamais trouver les mots pour l'exprimer, pour essayer de le communiquer, de la partager avec l'autre.

    Donc qu'est-ce que le silence ? Cette question est sans doute valable, mais il faut vraiment garder à l'esprit que la description n'est pas la chose décrite ; le mot silence n'est pas le silence, la description d'une fleur n'est pas la fleur. C'est important de faire cette précision, car on demande alors au lecteur de ne pas s'attarder sur telle ou telle l'expression, mais d'essayer de saisir au-delà des mots l'intention de l'auteur, de sentir vraiment le parfum de ce qui est exprimé. Donc nous sommes clairs, les mots sont des outils qui n'ont pas de fin en eux-mêmes. Une phrase peut avoir sa propre beauté, mais si on en reste uniquement là, on n'est pas en relation avec l'auteur, et surtout avec ce qu'il désire nous faire toucher, avec ce qu'il veut nous faire goûter.

    Qu'est-ce que le silence ? Si en en croit le sens commun, c'est l'absence de bruits, de sons. Le silence existe donc quand le bruit n'est pas là ? Est-ce l'absence de bruits qui crée le silence ? Le silence ne serait-il donc qu'un intervalle entre deux sons ? Le silence naît-il du son, ou bien l'inverse ?

    On le voit, le silence a une relation évidente avec le son, avec le bruit. Nous définissons le silence par rapport au son, nous les comparons et les opposons. C'est quand il n'y a pas de bruits, que l'on distingue alors le silence, quand un bruit finit, alors nait le silence... Un musicien donnerait un éclairage un peu différent, il nous dirait que sans pause de silence entre les notes, la musique serait en fait totalement inaudible. Elle serait juste une cacophonie sans aucune harmonie, ni beauté. On peut dire également que le son, ou le bruit c'est l'expression de quelque chose qui existe, le son d'une flûte, le bruit d'un torrent de montagne, le craquement d'une branche. S'il y a un son, c'est qu'il y a quelque chose qui produit ce son, sommes-nous ensemble cher lecteur dans cette exploration ?

    Donc le son c'est l'expression de l'existence, d'une chose ou de la relation entre plusieurs choses naturellement, comme le vent soufflant dans les branches des arbres, ou le galop d'un cheval sur un chemin de terre. Le son est lié à l'existence, n'est-ce pas, voyons-nous bien cela ? C'est un fait, pas une description ou une définition. Alors se pose la question suivante : Si le silence est l'opposé du son (ce que nous allons examiner, nous ne disons pas que cela est vrai, nous disons "si le silence est l'opposé..."), alors qu'est-ce que le silence par rapport à l'existence ?

    Nous voyons vraiment à quel point cette enquête doit être menée avec beaucoup de subtilité, on peut en arriver très vite à dire d'énormes bêtises ; donc restons hésitants et avançons doucement (ensemble) s'il vous plaît. En premier lieu, revenons à cette affirmation : Le silence est-il l'opposé du son, du bruit ? Sont-ils antagonistes ?  Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne peuvent être ensemble au même moment, quand l'un existe, l'autre ne peut être...Les deux états peuvent se succéder, comme dans la musique, mais ils ne peuvent vivre ensemble. Mais cela en fait-il des opposés ? Les opposés s'annulent, ou s'annihilent, l'existence de l'un fait que l'autre ne peut pas être. Mais regardons plus précisément, usons de la vision profonde. Le silence détruit-il vraiment le son ? S'il n'y avait pas de silence, entendrions-nous le son, le bruit ? Cette soit disant opposition n'est qu'une vue de l'esprit, n'est-ce pas ? L'essence même du silence rend perceptible le son, elle peut même transformer le bruit en son, en celui-ci crée alors la musique. Et quand le son finit, car tout ce qui existe finit, alors le silence est là à nouveau.

    Là nous découvrons quelque chose, regardons bien s'il vous plaît, le son naît et meurt, il finit ; il a une existence, avec une naissance et une fin. Quand est-il du silence lui-même, a-t-il une existence ? Quelle est son essence, a-t-il un début et une fin ? Ou bien le silence naît-il de la fin du bruit ? Découvrons ensemble chers amis ? Le fait indiscutable est que s'il n'y a pas de silence on n'entend pas les sons, les chants des oiseaux, les voitures qui passent ; le silence permet la perception des sons n'est-ce pas ? Maintenant les sons permettent-ils la perception du silence ? Pendant qu'ils existent, bien évidemment non, mais quand ils finissent, alors on perçoit le silence, et selon l'intensité plus ou moins forte de ces sons, on reçoit avec plus au moins d'intensité la présence du silence.

    Pour percevoir le silence, le son doit finir, mais il n'est pas évident que le silence soit créé par la fin du son...C'est la perception qui est rendue possible, n'est-ce pas, pas l'existence du silence. Regardons l'inverse, il semble vraiment que le son naisse lui du silence, on le perçoit aussi grâce au silence, mais le son naît et meurt comme nous avons vu, et il ne peut naître de lui-même. Naître veut dire venir au jour pour la première fois, être vierge de tout passé, être neuf, innocent ; si le son naît du son, alors ce n'est pas une véritable naissance, c'est le prolongement de ce qui existe déjà. Donc le son ne naît pas de lui-même, il entre en existence lui-même, il ne vient pas d'une autre existence, et l'absence d'existence c'est le silence.

    C'est cela la véritable création, le silence permet la naissance du son, des mots, de toutes les sensations, de toutes les musiques du monde, il engendre le chant des baleines dans les profonds océans.

    Nous commençons à voir ce qu'est le silence, par son essence même, il permet la création, c'est à dire l'existence des choses et des êtres. Alors peut-on dire que lui-même à une existence ? Quelle est sa nature réelle ? S'il a une existence comme nous l'avons vu, il a un commencement et une fin, mais cela ne semble pas être le cas. De manière plus ou moins confuse, on sent que le silence est au-delà de l'apparition et de la disparition, il n'a pas l'air d'être vraiment créé, on ne peut dire qu'il entre en existence, mais c'est sa perception qui se fait jour en nous.

    Voyons très profondément tout cela, explorons ensemble, cette chose ne naît pas, n'a pas une existence comme nous la connaissons (disons cela pour simplifier notre recherche), et s'il n'y a pas naissance, pas d'existence, peut-il y avoir mort et disparition ? Bien évidemment non, n'est-ce pas ? Seul ce qui existe meurt, nous découvrons donc par cette investigation que le silence est en dehors du mouvement du temps. Le temps, c'est la naissance, la croissance, la décrépitude et la mort, et nous voyons maintenant que le temps n'est pas lié à ce mouvement, cela veut dire que le silence ne meurt jamais...Donc quand la musique existe, avec tous les bruits de la terre, avec tous les dialogues incessants de l'esprit, avec le bruit de l'égo qui pérore, malgré tout cela, le silence est toujours là, toujours présent, inaltérable. Dés que l'esprit cesse de s'agiter, l'esprit peut toucher cette chose immuable, inchangée depuis la nuit des temps.

    Le silence c'est comme une immense étendue sans fin, c'est l'essence de la vacuité, n'ayez pas peur de ce mot s'il vous plaît. Le mot vacuité est lié au mot vacant, vacance, c'est à dire avoir le loisir d'être disponible, être tranquille et parfois percevoir et recevoir cette immensité. Et aussi une fois perçue, il faut la laisser partir et finir, mourir pour mieux naître à nouveau. Le son de l'esprit, son bruit propre, c'est la croyance dans le moi, c'est la très forte impression qu'il existe une entité psychologique, ou spirituelle autonome, une âme ou un esprit personnel. Ce bruit de l'esprit est le fruit du mouvement de la pensée, et ce mouvement fait naître la souffrance, l'isolement et la violence dans les rapports humains. Un tel esprit peut-il avoir une relation avec ce profond silence ? Le vacarme de la pensée peut-il découvrir cette immensité ? On voit bien, malheureusement, que la plupart du temps les gens abordent ce domaine avec l'outil de la pensée. Ils essaient de comprendre cela, de le sentir avec leur mental. Nous revenons au début de notre enquête, nous confondons sans cesse la description et la chose décrite, - le mot, l'image sont devenus plus importants que les faits eux-mêmes.

    Il suffit de regarder autour de nous, toute la société valorise l'image, l'apparence, les religions également sont dans ce piège, on représente le sacré dans des magnifiques peintures ou icônes, et ces images deviennent elles-mêmes sacrées. On ne sait rien du sacré, mais il y a des représentations, des images, alors on prie ces images, on les adore. Et l'esprit ne perçoit pas que c'est lui qui a créé ces images, et donc l'esprit s'adore lui-même à travers toutes ces images pieuses. Dans ces actions l'esprit de l'homme se voue un culte à lui-même, je pense que nous ne voyons pas cela. Donc en cherchant le silence, ne cherchons pas à dire que l'esprit qui découvre le silence devient ce silence, qu'alors l'esprit est dans un mouvement hors du temps, qu'il échappe à la mort... Ce sont des vielles lunes, de tels lieux communs que les hommes se racontent depuis tellement longtemps, voyons cela et ne tombons pas dans le piège de l'autosatisfaction. Ne nous prenons pas pour des dieux, ce que nous savons d'eux, c'est nous qui l'avons inventés, ce n'est qu'une projection de notre misère et de notre confusion.

    Alors l'esprit humain peut-il pénétrer dans cette dimension du silence, faite d'absence d'existence (nous l'avons vu me semble-t-il) ? Quand le son existe, le silence est toujours là, mais n'est plus perceptible. Que le son existe ou pas, qu'il y ait le bruit de l'esprit ou pas, le silence est là, c'est juste sa perception qui se réalise ou ne se réalise pas. Disons qu'un contact peut avoir lieu, quand le mouvement des pensées est suspendu, au moins momentanément, quand le son de l'esprit finit...

    Comprenons-nous ce que cela veut vraiment dire ? Laisser finir le mouvement de la pensée, le voir naître et le voir mourir, qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce de la science-fiction, une utopie irréaliste, ou même une aberration destructrice ? Est-ce même possible ? Nous admettons aisément que dans le monde tout bouge, tout change, les saisons passent, des feuilles naissent au printemps et meurent à l'automne, les présidents et premiers ministres changent. On peut perdre son emploi, notre épouse peut nous quitter pour un autre homme, nous savons tout cela et même si cela ne nous plait pas, nous l'admettons comme étant vrai, possible et probable. Alors si tout cela peut changer, pourquoi le mouvement des pensées serait-il toujours le même ? Quel lien entre le changement et la fin d'une chose ? Nous le savons très bien, nous voyons bien qu'un vrai changement c'est d'abord la fin de ce qui est, et comme nous sommes attachés à ce qui est, cela nous paraît douloureux et engendre la souffrance dans nos vies et dans nos rapports avec les autres. Si mon épouse me quitte, c'est parce que notre relation amoureuse est finie, notre rapport est maintenant totalement différent.

    Donc le véritable changement, c'est la fin de ce qui est, et logiquement finir totalement quelque chose, c'est changer notre manière de vivre. Alors l'esprit maintenant n'a plus peur de laisser finir le mouvement des pensées, cela ne se produit peut-être pas tout de suite, mais l'esprit n'a plus peur de cette éventualité. En fait sans s'en rendre compte l'esprit a déjà changé, la peur est moins prégnante, elle domine bien moins l'esprit, et l'esprit est déjà différent. En regardant comment fonctionne les pensées, en regardant vraiment, l'esprit voit directement ce mouvement du mental, il n'y pense pas, il le regarde vraiment. C'est à dire que si l'on observe profondément quelque chose, c'est cette chose qui compte, et pas mon point de vue ou mes pensées sur cette chose. Donc on regarde directement le mouvement des pensées, on ne pense pas aux pensées, on les observe effectivement, comme des faits concrets. Si on ne pense pas pendant cette observation, les pensées (qui commentent) sont donc absentes de l'esprit, celui-ci est silencieux, sans sons intérieurs ; et si les pensées sont absentes, y a-t-il en penseur qui existe ?

    L'observation véritable, profonde, existe par l'absence même du penseur, du moi, de l'entité qui parle et qui commente. Il y a l'observation, le regard vivant, dans cette action la pensée n'a pas sa place, et l'existence du penseur s'évanouit comme une feuille d'automne qui tombe au sol, simplement et avec grâce. En cette absence le silence est perçu, et il n'y a personne pour percevoir cela, il n'y a que la perception du silence et le silence. On ne peut résider dans le vide, sinon ce n'est plus le vide, de même on ne peut demeurer dans le silence, mais lui-même peut envahir toute la vie, il peut s'étendre à toute l'existence de l'être humain.

    Quand le silence inonde toute la vie, alors cette vie devient une création vivante, changeante, c'est alors un son vivant et le chant sacré de la vie court sur le monde.

 

 

 

  Paul Pujol

  Texte paru dans la Revue Troisième Millénaire N° 106, de Décembre 2012

 

 

   Pour voir la liste des textes de Paul Pujol, cliquez ici : Textes

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
12 mars 2025 3 12 /03 /mars /2025 11:03

 

 

 

Voici une vidéo récente de notre visioconférence

du 26 janvier 2025.

 

"L'art de voir par soi-même."

 

Tout être humain est fait d’influences, cela nous forge et nous construit, il ne peut en être autrement. Au départ , un enfant a besoin de structuration, car il est « ignorant », il a besoin de se construire, et donc les influences, les interrelations lui donnent

une architecture intérieure ?

 

Par la suite en grandissant, avec la maturité, on se rends compte que ces influences ont des limites, qu’elles nous ont en quelque sorte conditionnés. Elles sont nécessaires au début de la vie, mais par la suite elles s’avèrent insuffisantes.

 

Il nous faut découvrir notre propre raisonnement. La pensée d’un autre, n’est pas une vision, une compréhension personnelle.

La vision « est » une action, dans ce cadre, on ne demande

jamais « quoi faire ».

 

La vision rompt l’attachement, c’est le commencement du déconditionnement. L’attachement est lié de la survalorisation, de la surestimation de quelque chose. Nous avons cette attitude car nous jugeons et hiérarchisons pratiquement tout. L’attachement est un enfermement qui vient du choix.

 

J’ai donné une grande importance à l’idée que j’ai de moi, cette importance m’attache à cette idée.

 

Voir par soi-même libère et entraîne l’intelligence créatrice.

- Sans l’acte de voir par soi-même, il y a soumission à ce que l’on

nous dit, à l’autorité.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
7 mars 2025 5 07 /03 /mars /2025 15:20

 

lac et montagne

 

       

Trévoux le 18 mai 2013

 

 

    Nous passions la journée avec une amie proche, après avoir pris le déjeuner ensemble, nous proposâmes de visiter une abbaye voisine que nous ne connaissions pas. Notre amie, habitant dans la région, connaissait déjà ce lieu, mais elle accepta volontiers de nous servir de guide dans cette découverte.    

    Le temps était très couvert et le ciel gris sombre, le soleil était bien caché derrière cette masse de nuages compacte et obscure. Quelques heures auparavant il avait plu et toute la nature, les arbres, les buissons, les chemins et les routes étaient détrempés et luisaient dans la lumière ambiante. Après quelques kilomètres, nous traversâmes un village et dans cette atmosphère un peu lugubre due à la météo, nous arrivâmes sur le parking de cette abbaye. Le site comprenait une église où se déroulaient régulièrement des messes, juste à côté il y avait un cloître et d'autres bâtiments, dont un très imposant et très haut. On apprit qu'à part l'église, toutes les autres bâtisses étaient dédiées à des activités artistiques tournant autour de la musique. Chaque année il y avait un festival de musique classique, elle était alors mise à contribution et de nombreux concerts étaient donnés dans ses murs.

 

    Nous pénétrâmes dans l'édifice, nous constations que les murs étaient assez tristes, il n'y avait point ici la beauté que l'on trouve souvent dans les endroits "religieux". Le lieu était assez quelconque et même insipide, en fait c'était surprenant, car presque toujours les édifices forgés par la foi des hommes avaient une atmosphère particulière, faite de silence et d'un certain recueillement. Mais là, il n'y avait rien de tout cela, même l'architecture du lieu était très banale, si l'esprit avait été un jour dans ces lieux aujourd'hui il s'était enfui.    

    Nous sortions à présent et par un couloir extérieur, nous arrivions dans le cloître attenant, on voyait posé au sol contre les murs, du matériel de chantier de bâtiment. Notre cœur se serrait un peu, il y avait trop de présence d'activité humaine dans ces lieux, il était inconvenant et gênant, presque irrespectueux de laisser trainer par terre ce matériel. Le lieu était trop investi par les hommes et leurs occupations, sentir le sacré ici devenait presque impossible. On regardait les découpes des fenêtres en ogive, toujours très belles, celles-ci originales avaient plusieurs formes entremêlées en haut des structures. Au centre de ce cloître, il n'y avait pas de jardin, la nature avait rendu l'âme elle aussi. Nous visitions les différents endroits sans trop parler avec notre amie. On regardait surtout et on essayait de sentir les choses.

 

    Le ciel s'était un peu éclairci maintenant, et quelques faibles rayons de soleil réchauffaient doucement l'air ambiant. On vit un escalier qui permettait de monter d'un étage dans le cloître, toujours assez silencieux, nous montâmes alors tous les deux ces marches blanches un peu sales. En haut on arrivait à un déambulatoire qui reproduisait la configuration de la cour de cloître, avec toutefois des colonnes très simples. La lumière et la clarté était plus présentes, et là, soudainement le silence se présenta de manière tellement forte, tellement intense... A voix haute on se demandait pourquoi le silence était présent à certains endroits et pas à d'autres, mais les paroles s'arrêtèrent et moururent d'elles même, car il était devenu sacrilège de parler devant cette immensité. Notre amie ressentit vivement ce qui se passait, nous étions totalement transfigurés, nous ne pouvions plus sourire, ni rire, ni avoir aucune expression sur le visage. Ce sentiment d'être en présence d'un silence infini était indescriptible, on était le silence, et la terre entière avait cessé tous ses bruits, le monde entier était devenu entièrement silencieux, comme en attente de quelque chose. Comme si la vie même allait mettre au monde un jour nouveau et sacré, en fait si on était très attentif on sentait que le sacré était descendu sur la terre. On marchait totalement immobile intérieurement, sans pensées, sans aucun mot, on faisait lentement le tour de ces murs, de cette ouverture sur la lumière. Juste en face de nous un petit oiseau, un rouge queue, chanta sa joie à la vie. Son chant était si discret, de toutes petites vrilles sortaient de son corps, et pourtant en l'entendant on entendait le chant de la terre, l'appel de la vie et la voix de l'univers entier. Vous étiez cet oiseau, car vous n'existiez plus à présent. La pluie avait laissé des perles de lumière qui brillaient, elles étaient accrochées au bout des plantes grasses qui sortaient des tuiles du toit. Partout la beauté nous entourait, le monde était devenu totalement différent, l'esprit était présent.

 

    Puis nous sortîmes et commençâmes à redescendre les escaliers, notre amie assez troublée s'assit un petit moment en bas. Nous ne parlâmes pas de ce qui venait de se passer, car cela aurait détruit le mystère de ce contact. Nous sortîmes à présent du bâtiment, et l'air frais de l'extérieur nous fit grand bien. Nous marchâmes tranquillement dehors, on se détendait en ramassant quelques fraises sauvages dans le parc.    

    C'était une journée magnifique, radieuse, avec un beau ciel gris, la pluie nous donne la vie et l'on méprise trop souvent les nuages obscurs qui nous la délivrent...

 

 

 

    Paul Pujol

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