30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 15:45


 

 

 

    La vérité n'est pas une chose que l'on puisse apprendre, avec méthode ou assiduité ; on ne peut utiliser de système pour y parvenir. Car un système se réfère à des données établies, à des données fixes. Donc l'instruction de la vérité consiste à se faire correspondre progressivement à ces points de base. Lorsque l'homme entre dans un système, son apprentissage consiste à avoir des expériences qui correspondent à certaines références. L'homme expérimente par le concret des états, lesquels sont prévus par des définitions bien précises.

 

    Voyons que la pensée, dans un système donné, se sent en sécurité, car dans un système préétabli l'homme part d'un connu théorique, et expérimente par la suite le concret de ce connu. Des faits qui correspondent à ce qui doit être. Voyons que la pensée prend les points de base, les capte et se persuade qu'elle doit expérimenter de tels états pour parvenir à la vérité. La pensée façonne une idée de la vérité, et forme le chemin qui y mène. La pensée prépare tout le processus, et dans ce processus se trouve la réalisation de la "dite vérité". Donc l'homme va dans une direction, fait les choses prescrites, et expérimente la vérité ; observons bien que dans ce circuit il n'y a aucune découverte, tout y est préparé, aplani pour que la pensée, une fois sécurisée, puisse créer son propre enchantement. Tout ceci renforce la pensée, car à présent elle s'affirme libre de toute entrave. Voyons profondément que tout système évolue à l'intérieur de lui-même et qu'il n'a pas de contact avec ce qui lui est extérieur. Dans un système, la liberté est détruite, et la pensée étant sans cesse ambitieuse, s'y sent à l'aise. Ce système crée alors la prétention, qui n'est qu'un renforcement de la peur des autres et du monde. Tout système a pour but de se valider soi-même, et non de découvrir quelque chose. Tout système est à l'opposé de la découverte.

 

    Donc la vérité ne peut être atteinte par la petitesse des systèmes de pensée, qu’ils soient religieux, philosophiques ou même politiques. La vérité ne peut s'apprendre, mais on la découvre d'un seul coup, sans une seule raison. La vérité ne parvient à l'homme que lorsque celui-ci s'est délesté de toutes ses contradictions, de tous ses mensonges, de toutes ses illusions engendrés par la pensée. Et la plus grande des illusions est de croire qu’il y a un chemin qui mène à la vérité. Il n'y a pas de chemin qui aille vers la vérité. Le seul sentier est celui des peines et des douleurs quotidiennes, et il ne mène nulle part. Ce sentier rempli de misère doit être compris profondément ; on doit voir toute la folie créée par l’homme ; on doit regarder en face le monde et son abomination. Tel est le sentier.   

    Et lorsqu'on perçoit l'état du monde et la laideur qui y siège, on prend conscience de son rôle dans cet état des choses. Alors l'homme rejette toute cette laideur et toute cette folie, d'une manière totalement libre.

    Alors, et alors seulement le mensonge n'est plus, et c'est la vérité qui est.
 

  

  Paul Pujol, Senteur d'éternité.

  Editions Relations et Connaissance de soi

  "La vérité ne peut-être apprise", pages  59 à 60.    

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11 septembre 2025 4 11 /09 /septembre /2025 09:52

 

 

 

Vous trouverez ci-dessous une vidéo tirée d'une

visioconférence du 6 juillet 2025.

 

Le thème étant:

"Apprendre et comprendre, quelle différence?"

 

 

On nous dit qu’apprendre, c’est mémoriser des informations. 

Dans ce cas, il s’agit d’acquérir un savoir, une connaissance. 

On apprend ainsi les langues, les mathématiques, l’architecture…

Dans le domaine spirituel, il en est tout autrement. L’acte de comprendre, comporte une action de libération, de déconditionnement.
 

Apprendre consiste à découvrir par soi-même.

Existe-t-il un acte d'apprendre, de comprendre qui ne soit pas

basé sur le savoir?

 

L’apprentissage par l’entremise de la mémoire est valable, dans les domaines qui changent très peu. Comme conduire une voiture,

parler une langue… Nous avons la même chose au niveau biologique, par exemple notre appareil respiratoire est adapté à l’air que nous respirons. La composition de base de l’air changeant très peu (malgré la pollution), le système respiratoire reste toujours valable.

 

Dans les relations humaines, s’il n’y a que la mémoire, cela fige la relation. Il n’y qu’un ensemble de préjugés qui essaie d’être en relation avec un autre ensemble de préjugés.

 

Existe-t-il une compréhension qui ne soit pas liée au savoir, à la mémoire ? Cette compréhension permet-elle une véritable relation au monde ? Quand cette compréhension porte son regard vers un conditionnement, elle met fin au conditionnement. La fin d’un conditionnement libère de l’énergie.

 

Une fois les conditionnements tombés, on entame alors un voyage dans le domaine spirituel. On fait une enquête, une investigation vivante et sensible de l’esprit. Après un certain temps, par manque de vigilance, on peut à nouveau tomber dans le piège du savoir. En formant des conclusions, des concepts, des idéologies, et si on est attaché à ses concepts, alors on ne voyage plus.

 

L’acte de comprendre par soi-même « est » l’intelligence créatrice.

 

Dans un premier temps, on notera un aspect destructeur, car il faut

finir les prisons, mais de cette fin, naîtra un regard nouveau.

De la fin des limites, naît la perception de l’infini.

 

Il nous faut inventer une nouvelle culture, où l’esprit méditatif

englobe l’humanité entière.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 11:55
Citations Paul Pujol: La peur, c'est la mémoire de la souffrance.
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Paul Pujol - dans textes paul pujol
1 juin 2025 7 01 /06 /juin /2025 09:45

 

 

 

Voici une vidéo tirée d'une journée de dialogue, qui a eu lieu

le 18 juin 2025 à La Bridoire, en Savoie.

 

 

« La vision pénétrante globale ».

 

 

Tout être humain est conditionné, comme tout ce qui existe.

Il ne peut en être autrement. Que peut-on faire comme action quand on « est » conditionné ? Chaque décision, chaque action n’est que l’expression de ce conditionnement.

 

Pourtant il existe « la prise de conscience » de notre conditionnement… Cette prise de conscience fait-elle partie du conditionnement, ou bien en est-elle extérieure ? Cette prise conscience n’est qu’un début, et pour certains cela s’arrête juste à cette vision, ils ne vont pas plus loin. Mais pour d’autres la prise de conscience ne s’arrête pas, elle n’a pas de fin. Alors tout ce que se présente devant nous, « est » observé, on commence

à apprendre « à voir ».

 

Le conditionnement a été perçu de manière brève, il a été vu pendant un court instant. Mais la structure du conditionnement dans le cerveau est toujours là. Je ne prends plus au sérieux telle ou telle croyance ou idéologie, mais l’observation me fait découvrir l’aspect mécanique, automatique des pensées. Je n’adhère plus à cette idéologie, mais elle est encore inscrite dans mon cerveau, dans mes neurones.

Donc je découvre et explore cet aspect, dans le cerveau, il y a comme des « autoroutes sans péages », pratiques, rapides et avec une dépense minimale d’énergie. Et la pensée adore cela, cela lui facilite la vie, une question ou un défi sont là, et la réponse arrive tout de suite, sans

le moindre effort.

 

Peut-on ne pas utiliser ces autoroutes neuronales ?

N’est-ce pas cela prendre conscience ?

 

On découvre que l’on parle et agit comme un automate, cette découverte nous choque, nous heurte, et pendant un instant il y a « arrêt sur image ». On est choqué, et la perception est tellement intense, que l’on regarde vraiment, alors on voit l’autoroute, on la voit, mais on ne la prend pas…

On a pris conscience d’un conditionnement, mais on peut ne pas voir un autre conditionnement, et on peut aisément retomber dans un autre piège. Troquer un conditionnement, pour un autre conditionnement, plus exotique ou plus attrayant, cela consiste juste à sortir d’une prison pour

rentrer dans une autre.

 

Si la prise de conscience ne s’éteint pas, alors « la vision pénétrante » ne se focalise pas sur une chose ou deux en particulier. Il n’y a pas de choix, l’être humain regarde ce qui se présente devant lui. Ce faisant, il observe les structures de la société, le monde politique, sportif, associatif, religieux… Et partout il voit le même fonctionnement, lutte de pouvoir, compétition, domination, embrigadement et contrôle des êtres humains.

Tout d’un coup « la vision pénétrante est globale », elle voit le fonctionnement de l’humanité en totalité, elle voit tous les pièges, et tout cela tombe dans un seul élan.

 

Alors tout est fini, la souffrance millénaire des hommes, avec la peur qui l’accompagne, tout cela est fini, terminé. Cela est hors de l’homme, hors de son esprit et de son cerveau, et tout le corps se détend.

Puis se lève alors un mouvement, cela dépasse la simple détente, l’esprit découvre une grande quiétude, pour la première fois de sa vie,

l’être humain « est en paix ».

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Paul Pujol - dans Vidéos
30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 09:35

  La Saône.

 

 

 

   Nous venions de passer plusieurs jours à parler, nous avions été nombreux réunis dans une même grande pièce. Il y avait eu beaucoup de paroles, et très peu de silence, cependant un certain contact s’était établi entre les participants. Certains l’avaient ressentis et d’autres pas du tout ; c’était un mélange d’affection réelle, et de préoccupation de soi-même pour quelques-uns.

       

    A présent nous attendions le train pour le retour, nous étions en avance, aussi nous sortions de la gare sur une petite place, celle-ci était à l’opposée de la place principale qui donnait sur la ville et sur son bruit.

    Cette petite place était sans voiture et le vacarme de la ville semblait bien lointain, une certaine douceur, une tranquillité émanait de cet endroit. Il faisait assez beau et une douce chaleur était présente, ayant le temps, nous nous attablâmes à une terrasse et commandions une glace pour nous rafraîchir. Sur l’esplanade il y avait un groupe de jeunes sportifs qui jouaient à un jeu assez rare ; chacun était monté sur des rollers et muni d’un long « bâton », ils cherchaient à manipuler un galet posé au sol. Le jeu consisté à marquer des points en envoyant le galet dans une sorte de but. Il était plaisant de voir ces personnes, leurs déplacements étaient relativement fluides et ils occupaient la plus grande partie de la petite place. Parfois un voyageur muni de ses bagages, passait et traversait par inadvertance en plein milieu du jeu et des intervenants ; le spectacle était assez cocasse. Certains joueurs répétaient à part des mouvements d’arrêts de courses, ils s'entraînaient ainsi devant tout le monde.

  Une fois la glace finie, nous nous levions et fîmes quelques pas en traînant notre valise derrière nous. Nous avions encore le temps, aussi nous trouvâmes un coin d’ombre, juste sous un petit arbre, et là nous regardions tout cet espace plein de vie, de couleur et de mouvements.

     

    Nous étions très très calmes, immobile et silencieux, les mains posées sur la valise devant nous. Soudain il arriva une immensité totale, un vol de pigeons passa juste au-dessus de nous, les sportifs étaient toujours en mouvement, mais l’esprit lui était totalement immobile. Et cela arriva, vous étiez ce vol d’oiseaux, cette lumière de fin d’après-midi, chaque geste pour pousser le galet était le vôtre. Il n’existait plus aucune séparation, aucune coupure, aucune différence entre le spectateur et le monde ; celui qui regardait n’était plus, alors l’immensité fût.

     

    Puis doucement, tranquillement l’homme bougea, pris sa valise et dans un silence transfiguré, il sortit de la place.

  Quelle immensité sans bornes, la plénitude de l’univers était en chaque chose, et chaque chose était l’univers entier.

 

 

   Paul Pujol

 

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Paul Pujol - dans textes paul pujol