30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 09:35

  La Saône.

 

 

 

   Nous venions de passer plusieurs jours à parler, nous avions été nombreux réunis dans une même grande pièce. Il y avait eu beaucoup de paroles, et très peu de silence, cependant un certain contact s’était établi entre les participants. Certains l’avaient ressentis et d’autres pas du tout ; c’était un mélange d’affection réelle, et de préoccupation de soi-même pour quelques-uns.

       

    A présent nous attendions le train pour le retour, nous étions en avance, aussi nous sortions de la gare sur une petite place, celle-ci était à l’opposée de la place principale qui donnait sur la ville et sur son bruit.

    Cette petite place était sans voiture et le vacarme de la ville semblait bien lointain, une certaine douceur, une tranquillité émanait de cet endroit. Il faisait assez beau et une douce chaleur était présente, ayant le temps, nous nous attablâmes à une terrasse et commandions une glace pour nous rafraîchir. Sur l’esplanade il y avait un groupe de jeunes sportifs qui jouaient à un jeu assez rare ; chacun était monté sur des rollers et muni d’un long « bâton », ils cherchaient à manipuler un galet posé au sol. Le jeu consisté à marquer des points en envoyant le galet dans une sorte de but. Il était plaisant de voir ces personnes, leurs déplacements étaient relativement fluides et ils occupaient la plus grande partie de la petite place. Parfois un voyageur muni de ses bagages, passait et traversait par inadvertance en plein milieu du jeu et des intervenants ; le spectacle était assez cocasse. Certains joueurs répétaient à part des mouvements d’arrêts de courses, ils s'entraînaient ainsi devant tout le monde.

  Une fois la glace finie, nous nous levions et fîmes quelques pas en traînant notre valise derrière nous. Nous avions encore le temps, aussi nous trouvâmes un coin d’ombre, juste sous un petit arbre, et là nous regardions tout cet espace plein de vie, de couleur et de mouvements.

     

    Nous étions très très calmes, immobile et silencieux, les mains posées sur la valise devant nous. Soudain il arriva une immensité totale, un vol de pigeons passa juste au-dessus de nous, les sportifs étaient toujours en mouvement, mais l’esprit lui était totalement immobile. Et cela arriva, vous étiez ce vol d’oiseaux, cette lumière de fin d’après-midi, chaque geste pour pousser le galet était le vôtre. Il n’existait plus aucune séparation, aucune coupure, aucune différence entre le spectateur et le monde ; celui qui regardait n’était plus, alors l’immensité fût.

     

    Puis doucement, tranquillement l’homme bougea, pris sa valise et dans un silence transfiguré, il sortit de la place.

  Quelle immensité sans bornes, la plénitude de l’univers était en chaque chose, et chaque chose était l’univers entier.

 

 

   Paul Pujol

 

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 08:17

 

   

    Il y un grand paradoxe dans la recherche de la liberté spirituelle, la plupart des personnes pensent qu’il y a un long parcours à faire, qu’il faut beaucoup de temps d’étude, d’années de recherche et d’enquête.

    Mais je vois que cela est incorrect, totalement incorrect, la liberté est au commencement, pas à la fin. La fin n’existe pas, sauf dans notre esprit, c’est un temps intérieur qui s’exprime en tant que volonté de réalisation. C’est une ambition qui vit dans un temps psychologique imaginaire.

    Demain, ou après-demain je serais libre, ce faisant on repousse l’aspect vital de la liberté et son urgence.

 

    Seul ce qui existe dans le présent compte et est réel. Suis-je libre, suis-je conditionné ? Ces questions primordiales exigent une réponse immédiate, une vision directe de ce que nous sommes.

    Suis-je conditionné ? Oui assurément, c’est là un fait, non pas une idée ou une théorie. Je suis conditionné par mon environnement, par la culture, la politique, la religion, par l’espace et le temps dans lequel je vis.

    Dans cette vision claire, il n’y a aucune tristesse, aucune fuite devant cette réalité, si on regarde de très près, on est totalement silencieux, et l’esprit est totalement immobile. Il n’y a aucune pensée qui demande comment ne plus être conditionné, le non conditionnement n’est qu’une idée, un processus imaginaire qui nous éloigne du simple fait, « je vis dans le conditionnement ».

 

    Quand on voit vraiment ce que cela est, que nous vivons par les idées des autres, par l’influence de la société, de nos lectures, de nos amis, de notre famille. Nous voyons que nous ne sommes que le jouet de multiples influences et tendances contradictoires. Comme un bateau ivre sans gouvernail, poussé de-ci delà par les vents tempétueux de l’existence. Je mange, je fume, je bois, et je me comporte avec les autres, sans aucune conscience de mes actes et de leurs motivations.

    Dans les faits, je n’ai aucune conscience de la manière dont je vis.

    Si on voit cela très clairement, on ne peut l’accepter, le tolérer, et donc on refuse cet état léthargique d’inconscience. On ne demande pas comment puis-je m’en sortir ? On en sort par l’acuité de cette  vision pénétrante qui est action.

    D’un seul coup on est en dehors du conditionnement, la liberté est là, pure et vibrante.

 

    Oui, la liberté est au commencement, pas à la fin, il n’y a pas de fin. Il y a plus de quarante ans, un tout jeune homme a découvert cela, c’est à partir de cette liberté que le véritable voyage commence.

    Le voyageur doit être libre, sans bagages, alors il peut aller aux confins même de l’univers.

   Ce mouvement de méditation va même au-delà de l’univers, entrevoyant l’origine de tout ce qui est, origine qui elle-même n’a jamais eu aucun commencement, ni début…

 

 

    Paul Pujol.

 

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
8 mai 2025 4 08 /05 /mai /2025 15:38

 

 

 

Nous avons la joie de vous présenter ci-dessous une vidéo

tirée de notre dernière visioconférence du 18 mai dernier.

 

 

"Les impasses mentales, et le plan créateur."

 

 

Que fait-on des expériences spirituelles ?

On a vécu une extase, une expérience d’unité incroyable avec la nature et l’univers, mais cela finit (toujours), que fait-on une fois que l’expérience est terminée ?

 

La plupart du temps, nous voulons la revivre, cela nous semble naturel. Après l’avoir mémorisé, on y pense et on se remémore cet événement. On peut en devenir obsédé, et toute nouvelle action est ramenée et jaugée à l’aune de cette expérience. C’est donc le passé qui est devenu merveilleux, et on ne voit plus l’extraordinaire beauté du présent.

 

On a été subjugué par cette expérience d’extase, de grâce, on a été sous le charme de cet instant particulier, mais a-t-on vraiment compris cet événement ? Nous avons réduit cela à une expérience sensorielle. Mais il n’y a pas eu le jaillissement d’une intelligence claire, d’un regard lucide, où l’événement a été saisi dans sa totalité. Car dans cette lucidité, jamais on ne désire poursuivre une expérience, jamais on ne s’enchaîne à la mémoire.

 

Si on entend vraiment un chant d’oiseau, comme pour la première fois, on est stupéfié, sidéré par une telle grâce. Dans cet état, l’esprit s’arrête de jacasser et de bouger, il devient totalement silencieux. Dans ce silence immobile, on devient sensible à tout ce qui est, et pas uniquement au chant de l’oiseau. Tous les sens s’éveillent, et dans cette relation complète, on va au-delà des sens. Nous sommes alors tout « autre », dans cet état le sentiment du moi,

le sentiment d’être a disparu.

 

Nous avons entendu le chant de l’oiseau comme pour la première fois, peut-on voir son esprit, son mental de la même manière ?

 

Tout ce qui existe est construit par des apports extérieurs. Aussi bien sur le plan physique, que mentalement. La frontière entre extérieure et intérieure est caduque.

 

Qu’est-ce que notre essence, notre véritable nature?

Notre véritable nature n’est pas notre, elle est « autre »… Et dans cette nature « autre », il y a tous les « nôtres ».

Nous avons le sentiment d’avoir une essence, mais est-elle naît avec nous ? Et mourra-t-elle aussi avec nous ?

 

Pourquoi mettons-nous ce terme possessif « ma véritable nature » ? Ne pourrait-on pas dire « la véritable nature » ?

On dit bien « le souffle de vie », pas « mon souffle de vie ».

Cet axe n’est pas mon axe, c’est l’axe du monde. C’est l’arrière-plan de ce monde en changements, en mouvements constants, en reconstruction permanente. Le monde change, mais cet arrière-plan, lui, ne change pas. En son sein existe la vie et la mort, mais il est bien plus que cela.

 

Qu’est-ce qui crée l’univers ?

Et donc qu’est-ce qui crée également l’être humain ?

L’univers a en lui une auto-création, une recombinaison permanente de ces différents éléments. Mais cela ne crée pas de nouveauté, de nouveaux éléments.

 

Y a-t-il un plan créateur au-delà de l’univers ?

Créateur dans le sens de créer du neuf, dans le sens de la genèse du monde. Y a-t-il un acte créateur premier, qui crée tout ce qui existe ?

Si ce plan créateur existe, il a donc engendré le cycle de la vie et de la mort, la matière, et l’espace. Vu que ce plan a donné naissance à tout cela, lui-même n’est pas soumis à toutes ces choses, il en est comme au-dehors.  Il a aussi créé le mouvement, donc il n’est pas concerné par le mouvement…

 

Le plan créateur « est » avant toutes choses, et il « est », que les choses vivent ou meurent.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
7 mai 2025 3 07 /05 /mai /2025 10:01
Film sur Krishnamurti diffusé en Suisse

 

Le film sur Krishnamurti "La révolution du réel",

va être diffusé en Suisse à partie du 4 juin prochain.

 

Pour l'instant il y a six lieux et dates (mais ce n'est que le début)...

 

  • Lausanne : Le Mercredi 04 Juin au Zinéma

  • Genève : Le Jeudi 05 Juin à 18h30 au Cinélux

  • Ste-Croix : A partir du 04 Juin au Cinéma Royal

  • Fribourg : A partir du 04 Juin au Fribourg REX

  • Oron : A partir du 04 Juin au cinéma d'Oron

  • Neuchâtel : A partir 04 Juin au Cinéma Minimum

 

Pour les horaires, il ne m'a été communiqué que celui de

 Genève, c'est à 18 h 30 au cinéma Cinélux Boulevard de Saint-Georges 8, le jeudi 5 juin. 


 

Voici le lien pour visualiser la diffusion du film

Liste des Séances - Jupiter Films – Google My Maps

 

La présentation du film

Krishnamurti, La Révolution du Silence - Jupiter Films

 

 

Voilà chers amis Suisses, et autres...

 

Et merci au travail de Jupiter film pour la diffusion du film en Suisse, et en France.

 

Film sur Krishnamurti diffusé en Suisse
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25 avril 2025 5 25 /04 /avril /2025 08:44

 

 

Trévoux le19 juillet 2010DSC01400  

 

 

    Tout le monde parle du silence, partout on vante cet état, c'est devenu un tel lieu commun, une telle platitude. Chacun dit connaître le silence, mais personne ne veut se taire, personne ne sait se taire ; qui donc a vu mourir le mouvement de ses pensées, réellement et très concrètement ? Celui qui connaît le silence n'en parle pas, ou très, très rarement.

    Qu'est-ce que le silence ? Quel est l'état de l'esprit qui découvre ce rivage ? Est-ce cet esprit qui a toujours était en mouvement, qui a toujours ruminé ses pensées ; cet esprit qui s'est bâti sur ces pensées, sur l'expérience, sur la mémoire ? Cette mémoire a construit le sentiment du "moi", au fil du temps, petit à petit, tout au long de la vie. Nous sommes cette mémoire, nous sommes le résultat du processus de la pensée, étant fabriqués par elle, nous en sommes les représentants.

 

    Pouvons-nous examiner ce qu'est au juste la mémoire ? Qu'est-ce que la mémoire ? C'est un mouvement basé sur des souvenirs, sur des enregistrements d'événements. Nous avons une action, un contact avec le monde, une expérience que nous enregistrons. Cette mémoire est stockée dans le cerveau, puis lors d'une nouvelle action, nous ressortons cette information pour agir. Il y a d'abord un contact avec le monde, puis il y a enregistrement, stockage, et ensuite il y a utilisation de la mémoire par le truchement de la pensée.

    La pensée se sert de la mémoire pour agir, ou plutôt la pensée est l'expression de la mémoire, des souvenirs. Le mouvement des pensées, c'est l'expression en apparence actualiser de la mémoire ; en apparence seulement, car la mémoire est un processus lié à lui-même. La dernière expression en fait est reliée à l'ensemble du processus, tout le mouvement se trouve inclus dans l'ultime pensée. C'est un mouvement d'accumulation, ou les bases servent toujours de support aux dernières strates, tous les éléments sont interdépendants et liés ensemble ; en fait c'est tout simplement un seul et même mouvement. Il se poursuit et se prolonge sans cesse, sans arrêt il rajoute des éléments, mais aussitôt il les teinte de son histoire, de ses tendances.

    

    Nous voyons que la mémoire est un processus, qui s'auto alimente constamment par l'expérience, mais aussi à un certain moment par le discours intérieur. Il peut y avoir des expériences extérieures, et des expériences intérieures, n'est-ce pas ? Donc nous avons vu que la pensée est basée sur la mémoire, et sur la recognition de cette mémoire. La pensée se meut toujours à l'intérieur d'un même espace, elle reste toujours dans le champ de l'expérience, du connu. Voyons bien que ce connu, c'est son histoire et sa vie ; par "sa vie" nous entendons le passé vécu, les souvenirs des nombreux hier. Les lointains jours heureux et les jours de tristesse, de peine, voilà ce qu'est le souvenir de nos vies.

    Qu'est-ce que cela veut dire ? Quel est le lien avec le silence, et avec la souffrance de la vie ici bas ? Excusez-moi pour cette interrogation qui vient maintenant ; quelque chose de nouveau, de totalement neuf peut-il être reconnu ? Un jour une chose totalement inédite, compétemment inconnue arrive, l'esprit peut-il non pas reconnaître cela, mais peut-il connaître cette chose ? Peut-il l'appréhender, la comprendre même ?

    L'ensemble du cerveau est le résultat, le produit de la mémoire, la pensée œuvre en son sein, elle en est l'expression. Avons-nous vu que ce mouvement qui se rattache à lui-même crée une sorte de continuité ? Il y a une suite ininterrompue de commentaires, de constats, de jugements, et sur cette suite sans fin, se crée un fort sentiment de durée ; un sentiment de permanence prend place dans l'homme. Cela s'inscrit dans son cœur et dans son esprit, la croyance du "moi" a pris racine, vous pouvez aussi dire le "je", ou bien "l'âme", qu'importe le mot ; c'est cette croyance, cette certitude qui existe.

    Nous voyons également que cette notion de durée, de continuité, ce sentiment crée réellement le temps psychologique, temps qui se superpose et se mêle au temps biologique. C'est sur cette échelle du temps intérieur, que l'esprit vit et projette son avenir glorieux, car après le passé, l'esprit mise beaucoup sur l'avenir, sur le futur. Cela donne un espoir, car ce que je n'ai pas pu faire maintenant, je le réaliserais demain ou après-demain.

    L'homme vogue entre la nostalgie du passé et l'espoir du futur. Et voyons que ce futur est basé lui aussi sur le passé, car quand on pense à l'avenir, on le fait toujours d'après ses expériences et ses conclusions, qui sont toutes issues essentiellement du passé. N'est-ce pas pour cette raison que l'homme ne change jamais ? Il modifie juste en surface sa vie, change de voiture ou de travail, déménage dans un autre pays. Mais l'esprit lui ne change pas ; rien de neuf ne vient fleurir le cœur de l'homme, et le monde continu tel qu'il est.

   

    Donc qu'est-ce que le silence, le véritable silence, pas le mot ou une vague description romantique, un sentiment évasif ? Réellement qu'est ce que le silence, qu'est-ce que cette immensité ? Procédons très simplement s'il vous plaît, le silence serait peut-être l'absence de bruit ? Pour l'esprit, quel est ce bruit, ce vacarme ? Est-ce le mouvement des pensées, ce bavardage constant dans l'esprit ? Le silence serait au minimum la suspension de la pensée, au moins pour un court instant ; soyons humble s'il vous plaît.

    Pendant un instant bref, les pensées peuvent-elles être absentes ? Est-ce réel ou bien est-ce une illusion que se joue l'esprit à lui-même ? Le silence est donc l'absence de pensées, cela veut dire que l'esprit n'utilise pas sa mémoire, ses nombreuses connaissances. Donc si ce silence est réel, on ne compare pas "ce qui est" à ce "qui a été" ; on ne peut tout simplement pas le faire, car la mémoire reste silencieuse. Le silence c'est d'abord le silence de l'esprit lui-même, celui de la pensée et de la mémoire. C'est l'ensemble de l'esprit qui baigne dans ce silence.

    Quand l'esprit touche le silence, il découvre alors une chose totalement inédite, totalement neuve, comme le premier matin du monde. Une chose hors du temps, hors de portée de la mémoire. C'est comme découvrir une nouvelle terre, un nouveau monde. Et, voyez-vous, là dans cette découverte, l'esprit se déleste de l'attachement au temps ; le sortilège du temps n'est plus. Alors l'esprit est totalement transformé, totalement autre, ce n'est plus le même esprit. Celui-ci a gouté la source vive, toute sa soif est étanchée à jamais, l'esprit devient alors profondément apaisé, tranquille. Celui qui a touché ce silence, a un esprit profondément en paix, et il ne cherche plus d'expériences, il ne cherche plus rien, car il a en lui une telle immensité, une telle énergie.

 

    Pour cet homme, chaque jour est un miracle et notre belle terre est un véritable Éden. Son esprit est très simple, bien au-delà des croyances humaines, des religions ou des cercles ésotériques, par delà toutes les idéologies humaines. 

    Au-delà du mouvement de la mémoire et du temps, siège un espace autre, qui ne peut être mesuré par l'homme ; dans cet espace existe quelque chose qui n'a jamais eu de commencement, qui a toujours était là, une chose hors du temps.

 

    Par-delà le silence, toucher cet espace "est" une réelle félicité.

 

 

  Paul Pujol, "Correspondances".

  Editions Relations et Connaissance de soi.

 "Toucher le silence", pages 102 à 106.  

 

 

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