27 juin 2025 5 27 /06 /juin /2025 11:55
Citations Paul Pujol: La peur, c'est la mémoire de la souffrance.
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Paul Pujol - dans textes paul pujol
1 juin 2025 7 01 /06 /juin /2025 09:45

 

 

 

Voici une vidéo tirée d'une journée de dialogue, qui a eu lieu

le 18 juin 2025 à La Bridoire, en Savoie.

 

 

« La vision pénétrante globale ».

 

 

Tout être humain est conditionné, comme tout ce qui existe.

Il ne peut en être autrement. Que peut-on faire comme action quand on « est » conditionné ? Chaque décision, chaque action n’est que l’expression de ce conditionnement.

 

Pourtant il existe « la prise de conscience » de notre conditionnement… Cette prise de conscience fait-elle partie du conditionnement, ou bien en est-elle extérieure ? Cette prise conscience n’est qu’un début, et pour certains cela s’arrête juste à cette vision, ils ne vont pas plus loin. Mais pour d’autres la prise de conscience ne s’arrête pas, elle n’a pas de fin. Alors tout ce que se présente devant nous, « est » observé, on commence

à apprendre « à voir ».

 

Le conditionnement a été perçu de manière brève, il a été vu pendant un court instant. Mais la structure du conditionnement dans le cerveau est toujours là. Je ne prends plus au sérieux telle ou telle croyance ou idéologie, mais l’observation me fait découvrir l’aspect mécanique, automatique des pensées. Je n’adhère plus à cette idéologie, mais elle est encore inscrite dans mon cerveau, dans mes neurones.

Donc je découvre et explore cet aspect, dans le cerveau, il y a comme des « autoroutes sans péages », pratiques, rapides et avec une dépense minimale d’énergie. Et la pensée adore cela, cela lui facilite la vie, une question ou un défi sont là, et la réponse arrive tout de suite, sans

le moindre effort.

 

Peut-on ne pas utiliser ces autoroutes neuronales ?

N’est-ce pas cela prendre conscience ?

 

On découvre que l’on parle et agit comme un automate, cette découverte nous choque, nous heurte, et pendant un instant il y a « arrêt sur image ». On est choqué, et la perception est tellement intense, que l’on regarde vraiment, alors on voit l’autoroute, on la voit, mais on ne la prend pas…

On a pris conscience d’un conditionnement, mais on peut ne pas voir un autre conditionnement, et on peut aisément retomber dans un autre piège. Troquer un conditionnement, pour un autre conditionnement, plus exotique ou plus attrayant, cela consiste juste à sortir d’une prison pour

rentrer dans une autre.

 

Si la prise de conscience ne s’éteint pas, alors « la vision pénétrante » ne se focalise pas sur une chose ou deux en particulier. Il n’y a pas de choix, l’être humain regarde ce qui se présente devant lui. Ce faisant, il observe les structures de la société, le monde politique, sportif, associatif, religieux… Et partout il voit le même fonctionnement, lutte de pouvoir, compétition, domination, embrigadement et contrôle des êtres humains.

Tout d’un coup « la vision pénétrante est globale », elle voit le fonctionnement de l’humanité en totalité, elle voit tous les pièges, et tout cela tombe dans un seul élan.

 

Alors tout est fini, la souffrance millénaire des hommes, avec la peur qui l’accompagne, tout cela est fini, terminé. Cela est hors de l’homme, hors de son esprit et de son cerveau, et tout le corps se détend.

Puis se lève alors un mouvement, cela dépasse la simple détente, l’esprit découvre une grande quiétude, pour la première fois de sa vie,

l’être humain « est en paix ».

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Paul Pujol - dans Vidéos
30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 09:35

  La Saône.

 

 

 

   Nous venions de passer plusieurs jours à parler, nous avions été nombreux réunis dans une même grande pièce. Il y avait eu beaucoup de paroles, et très peu de silence, cependant un certain contact s’était établi entre les participants. Certains l’avaient ressentis et d’autres pas du tout ; c’était un mélange d’affection réelle, et de préoccupation de soi-même pour quelques-uns.

       

    A présent nous attendions le train pour le retour, nous étions en avance, aussi nous sortions de la gare sur une petite place, celle-ci était à l’opposée de la place principale qui donnait sur la ville et sur son bruit.

    Cette petite place était sans voiture et le vacarme de la ville semblait bien lointain, une certaine douceur, une tranquillité émanait de cet endroit. Il faisait assez beau et une douce chaleur était présente, ayant le temps, nous nous attablâmes à une terrasse et commandions une glace pour nous rafraîchir. Sur l’esplanade il y avait un groupe de jeunes sportifs qui jouaient à un jeu assez rare ; chacun était monté sur des rollers et muni d’un long « bâton », ils cherchaient à manipuler un galet posé au sol. Le jeu consisté à marquer des points en envoyant le galet dans une sorte de but. Il était plaisant de voir ces personnes, leurs déplacements étaient relativement fluides et ils occupaient la plus grande partie de la petite place. Parfois un voyageur muni de ses bagages, passait et traversait par inadvertance en plein milieu du jeu et des intervenants ; le spectacle était assez cocasse. Certains joueurs répétaient à part des mouvements d’arrêts de courses, ils s'entraînaient ainsi devant tout le monde.

  Une fois la glace finie, nous nous levions et fîmes quelques pas en traînant notre valise derrière nous. Nous avions encore le temps, aussi nous trouvâmes un coin d’ombre, juste sous un petit arbre, et là nous regardions tout cet espace plein de vie, de couleur et de mouvements.

     

    Nous étions très très calmes, immobile et silencieux, les mains posées sur la valise devant nous. Soudain il arriva une immensité totale, un vol de pigeons passa juste au-dessus de nous, les sportifs étaient toujours en mouvement, mais l’esprit lui était totalement immobile. Et cela arriva, vous étiez ce vol d’oiseaux, cette lumière de fin d’après-midi, chaque geste pour pousser le galet était le vôtre. Il n’existait plus aucune séparation, aucune coupure, aucune différence entre le spectateur et le monde ; celui qui regardait n’était plus, alors l’immensité fût.

     

    Puis doucement, tranquillement l’homme bougea, pris sa valise et dans un silence transfiguré, il sortit de la place.

  Quelle immensité sans bornes, la plénitude de l’univers était en chaque chose, et chaque chose était l’univers entier.

 

 

   Paul Pujol

 

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 08:17

 

   

    Il y un grand paradoxe dans la recherche de la liberté spirituelle, la plupart des personnes pensent qu’il y a un long parcours à faire, qu’il faut beaucoup de temps d’étude, d’années de recherche et d’enquête.

    Mais je vois que cela est incorrect, totalement incorrect, la liberté est au commencement, pas à la fin. La fin n’existe pas, sauf dans notre esprit, c’est un temps intérieur qui s’exprime en tant que volonté de réalisation. C’est une ambition qui vit dans un temps psychologique imaginaire.

    Demain, ou après-demain je serais libre, ce faisant on repousse l’aspect vital de la liberté et son urgence.

 

    Seul ce qui existe dans le présent compte et est réel. Suis-je libre, suis-je conditionné ? Ces questions primordiales exigent une réponse immédiate, une vision directe de ce que nous sommes.

    Suis-je conditionné ? Oui assurément, c’est là un fait, non pas une idée ou une théorie. Je suis conditionné par mon environnement, par la culture, la politique, la religion, par l’espace et le temps dans lequel je vis.

    Dans cette vision claire, il n’y a aucune tristesse, aucune fuite devant cette réalité, si on regarde de très près, on est totalement silencieux, et l’esprit est totalement immobile. Il n’y a aucune pensée qui demande comment ne plus être conditionné, le non conditionnement n’est qu’une idée, un processus imaginaire qui nous éloigne du simple fait, « je vis dans le conditionnement ».

 

    Quand on voit vraiment ce que cela est, que nous vivons par les idées des autres, par l’influence de la société, de nos lectures, de nos amis, de notre famille. Nous voyons que nous ne sommes que le jouet de multiples influences et tendances contradictoires. Comme un bateau ivre sans gouvernail, poussé de-ci delà par les vents tempétueux de l’existence. Je mange, je fume, je bois, et je me comporte avec les autres, sans aucune conscience de mes actes et de leurs motivations.

    Dans les faits, je n’ai aucune conscience de la manière dont je vis.

    Si on voit cela très clairement, on ne peut l’accepter, le tolérer, et donc on refuse cet état léthargique d’inconscience. On ne demande pas comment puis-je m’en sortir ? On en sort par l’acuité de cette  vision pénétrante qui est action.

    D’un seul coup on est en dehors du conditionnement, la liberté est là, pure et vibrante.

 

    Oui, la liberté est au commencement, pas à la fin, il n’y a pas de fin. Il y a plus de quarante ans, un tout jeune homme a découvert cela, c’est à partir de cette liberté que le véritable voyage commence.

    Le voyageur doit être libre, sans bagages, alors il peut aller aux confins même de l’univers.

   Ce mouvement de méditation va même au-delà de l’univers, entrevoyant l’origine de tout ce qui est, origine qui elle-même n’a jamais eu aucun commencement, ni début…

 

 

    Paul Pujol.

 

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
8 mai 2025 4 08 /05 /mai /2025 15:38

 

 

 

Nous avons la joie de vous présenter ci-dessous une vidéo

tirée de notre dernière visioconférence du 18 mai dernier.

 

 

"Les impasses mentales, et le plan créateur."

 

 

Que fait-on des expériences spirituelles ?

On a vécu une extase, une expérience d’unité incroyable avec la nature et l’univers, mais cela finit (toujours), que fait-on une fois que l’expérience est terminée ?

 

La plupart du temps, nous voulons la revivre, cela nous semble naturel. Après l’avoir mémorisé, on y pense et on se remémore cet événement. On peut en devenir obsédé, et toute nouvelle action est ramenée et jaugée à l’aune de cette expérience. C’est donc le passé qui est devenu merveilleux, et on ne voit plus l’extraordinaire beauté du présent.

 

On a été subjugué par cette expérience d’extase, de grâce, on a été sous le charme de cet instant particulier, mais a-t-on vraiment compris cet événement ? Nous avons réduit cela à une expérience sensorielle. Mais il n’y a pas eu le jaillissement d’une intelligence claire, d’un regard lucide, où l’événement a été saisi dans sa totalité. Car dans cette lucidité, jamais on ne désire poursuivre une expérience, jamais on ne s’enchaîne à la mémoire.

 

Si on entend vraiment un chant d’oiseau, comme pour la première fois, on est stupéfié, sidéré par une telle grâce. Dans cet état, l’esprit s’arrête de jacasser et de bouger, il devient totalement silencieux. Dans ce silence immobile, on devient sensible à tout ce qui est, et pas uniquement au chant de l’oiseau. Tous les sens s’éveillent, et dans cette relation complète, on va au-delà des sens. Nous sommes alors tout « autre », dans cet état le sentiment du moi,

le sentiment d’être a disparu.

 

Nous avons entendu le chant de l’oiseau comme pour la première fois, peut-on voir son esprit, son mental de la même manière ?

 

Tout ce qui existe est construit par des apports extérieurs. Aussi bien sur le plan physique, que mentalement. La frontière entre extérieure et intérieure est caduque.

 

Qu’est-ce que notre essence, notre véritable nature?

Notre véritable nature n’est pas notre, elle est « autre »… Et dans cette nature « autre », il y a tous les « nôtres ».

Nous avons le sentiment d’avoir une essence, mais est-elle naît avec nous ? Et mourra-t-elle aussi avec nous ?

 

Pourquoi mettons-nous ce terme possessif « ma véritable nature » ? Ne pourrait-on pas dire « la véritable nature » ?

On dit bien « le souffle de vie », pas « mon souffle de vie ».

Cet axe n’est pas mon axe, c’est l’axe du monde. C’est l’arrière-plan de ce monde en changements, en mouvements constants, en reconstruction permanente. Le monde change, mais cet arrière-plan, lui, ne change pas. En son sein existe la vie et la mort, mais il est bien plus que cela.

 

Qu’est-ce qui crée l’univers ?

Et donc qu’est-ce qui crée également l’être humain ?

L’univers a en lui une auto-création, une recombinaison permanente de ces différents éléments. Mais cela ne crée pas de nouveauté, de nouveaux éléments.

 

Y a-t-il un plan créateur au-delà de l’univers ?

Créateur dans le sens de créer du neuf, dans le sens de la genèse du monde. Y a-t-il un acte créateur premier, qui crée tout ce qui existe ?

Si ce plan créateur existe, il a donc engendré le cycle de la vie et de la mort, la matière, et l’espace. Vu que ce plan a donné naissance à tout cela, lui-même n’est pas soumis à toutes ces choses, il en est comme au-dehors.  Il a aussi créé le mouvement, donc il n’est pas concerné par le mouvement…

 

Le plan créateur « est » avant toutes choses, et il « est », que les choses vivent ou meurent.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos