2 août 2022 2 02 /08 /août /2022 15:07

 

 

 

Il existe un regard clair, une

 

vision profonde,

 

qui déconditionne l'esprit, et met

 

fin à la souffrance.

           

 

    Depuis plus de quarante ans, nous étudions les mécanismes de l'esprit et de la pensée. Cette exploration pendant ces nombreuses années a créé une sensibilité qui existe et œuvre encore aujourd'hui.

   Ce site a pour vocation de partager avec vous cet émerveillement d'apprendre et de découvrir.

 

   Vous trouverez ici des informations sur nos activités (conférences, rencontres, séminaires ou autres...), sur la parution de livres, vous pouvez consulter des textes, voir des vidéos, écouter des audios et lire quelques articles de presse.

 

    Pour nous la connaissance de soi inclut également la connaissance du monde, aussi d'autres thèmes vous sont proposés. Vous trouverez des articles parlant de sciences et de cultures, d'étymologie, de J. Krishnamurti, des paroles amérindiennes, des écrits premiers de religions, et quelques albums photos pour partager la beauté du monde.

 

      Nous vous souhaitons une agréable visite.

 

 

                                                                                     Paul Pujol

Partager cet article
Repost0
Paul Pujol - dans Bienvenue Paul Pujol
2 août 2022 2 02 /08 /août /2022 14:50

 

 

Nous sommes heureux de vous présenter cette nouvelle vidéo. Les thèmes abordés lors de cet enregistrement concerne

"le dialogue et la vision pénétrante".

 

Qu’est-ce qu’un dialogue ?

Dans le sens où nous l’entendons, c’est une communication qui consiste à explorer avec autrui. A faire «un voyage» afin de comprendre les questions essentielles sur la vie, telles que la peur, la mort, la solitude, qu’est-ce que l’amour ? Et évidemment qu’est-ce que l’homme, et qu’est-ce que l’esprit ?

 

Mais il ne s’agit pas ici, de se livrer à un quelconque débat d’opinion, où chacun égrène ses conclusions et ses théories. Dans ce cas là, il ne s’agit évidemment pas de réel communication, ni de réelle relation. Ce que nous entendons par « un dialogue », c’est vraiment une exploration commune, une « enquête », menée avec un grand sérieux et avec une grande intensité. En somme, il s’agit de voir « ce qui est », le réel, sans interférence de nos différents préjugés ou a priori.

 

Évidemment ce n’est pas si simple, il ne suffit pas de se réunir avec d’autres, pour que cela ait lieu, pour que cette « alchimie » opère. Si on n’a pas déjà fait un grand travail de dialogue avec soi-même, il est à parier que ces réunions ne seront que de simples bavardages, relativement puérils et stériles.

 

Dans ces échanges, toutes les paroles sont vivantes, si elles expriment « une vision pénétrante ». C’est-à-dire une vision directe, qui existe sans l’entremise de la pensée et de la mémoire.

 

A voir sur notre site trois textes sur ces sujets:

L'art du dialogue.

Voir ensemble.

Voir par soi-même.

Partager cet article
Repost0
Paul Pujol - dans Vidéos
25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 15:15

 

 

Du 13 au 19 août 2022.

Rencontre d’été en Savoie.

 

Séminaire d’étude de

l’enseignement de JKrishnamurti.

 

A Le Pré, Les Avanchers Valmorel (73).

Un séminaire d’étude, basé sur des DVD de Jiddu Krishnamurti. Il y aura des dialogues, des échanges, du silence, et des promenades dans la montagne.

 

 

Le thème général sera:

 

 « Découvrir la paix en soi,

et la vivre dans le monde. »

 

Dans ce séminaire, il s’agit d’étudier en profondeur l’enseignement de J. Krishnamurti, de le questionner, de l’explorer. Pendant cette semaine, nous essayerons de mettre en œuvre une compréhension au-delà du mental, une vision subtile et pénétrante de l’esprit.

 

Pourquoi étudier cet enseignement ?

 

Nous sommes tous confrontés à la souffrance dans nos vies, et pourtant personne ne désire vivre cela. Nous abordons évidemment la vie avec notre esprit et le mouvement de la pensée. Se pourrait-il qu’il existe des dysfonctionnements dans notre esprit qui favorisent la souffrance ? Krishnamurti nous parle de cela, de l’esprit et de son fonctionnement, de la création et de la fin de la souffrance. Son enseignement est un immense voyage au sein même de l’esprit, qui englobe et dépasse le mouvement de la pensée. Etudier cet enseignement, c’est aborder les confins de la pensée, et découvrir une manière totalement neuve de vivre.

Activités :

 

Comme support d’étude, nous regarderons une série de DVD de

causeries de Krishnamurti, réalisée à Brockwood Park en 1983.

Vous pouvez visualiser ces causeries sur ce lien :

https://www.youtube.com/playlist?list=PLSgC_ucK8wUi0woY7-7LDJX0HyY7ZqXzU

 

Nous aurons ensuite des dialogues entre nous, ces échanges ne sont pas des débats d’opinions, ou des séances de psychothérapie collectives. 

Nous n’acceptons rien par avance et nous examinons ce que dit Krishnamurti, avec doute et hésitation. Dans cette étude il s’agit de bien faire corps avec son enseignement. Ces dialogues sont des explorations des mécanismes de la conscience, ils doivent être menés sérieusement, avec une réelle affection entre les participants. Nous entreprenons un voyage de l’esprit et dans l’esprit, nous faisons cela en direct et surtout, nous « apprenons ensemble ». 

Une petite bibliothéque des livres de Krishnamurti, serra

également mise à votre disposition.

Le lieu du séminaire :

 

"La Vigogne"

Notre séminaire se déroulera dans un ancien hôtel transformé en maison familiale de vacances. La Vigogne est à 1200 m d'altitude. C'est un grand chalet de trois étages entouré de balcons, nous partagerons le lieu avec des vacanciers venus profiter de la montagne et du grand air. Particulièrement bien ensoleillé, le chalet se situe dans le village du Pré, à 2 km de Valmorel et aux portes du Parc national de la Vanoise. La Vigogne est placée dans une magnifique vallée très dégagée. Vous trouverez tous les services et commerces à proximité dans Valmorel.

La Vigogne: Le Pré 73260 - Les Avanchers Valmorel

Tél : 04 79 09 81 89 / www.la-vigogne.com

Horaires de la rencontre

 

Début du séminaire : Samedi 13 août

- 17h : Arrivée et accueil des participants.

- 19 h : Présentation du séminaire et des participants.

- 20 h : Dîner.

Fin du séminaire : Vendredi 19 août.

- 7h30 à 9h : Petit déjeuner.

- 9h à 10h : Nettoyage des chambres, clôture du séminaire et départ. Les chambres doivent être libres à 10 h.

 

Programme journée type (susceptible d’aménagements…).

- 8 h à 9 h : Petit déjeuner

- 9 h 30 à 11 h 30 : DVD Krishnamurti (suivie d’une courte pause) et dialogue entre les participants.

- 13 h : Déjeuner (possibilité de pique nique tous les jours, pour

ceux qui veulent faire une promenade en début d’après-midi).

Temps libre.

- 15 h 30 à 18 h 30 : Reprise du dialogue et approfondissement.

- 20 h : Dîner.

 

Dans la semaine, il y aura une journée entière, et une demi-journée de balade dans la montagne environnantePrévoir des chaussures de marche, un sac à dos et une gourde (voir un chapeau pour le soleil…).

Organisation et animation :

 

La rencontre est organisée par Paul Pujol, il en sera également l’animateur, mais il est évident que tous les participants sont en quelque sorte également coresponsables. Chacun apporte avec lui une ambiance, une couleur, et c’est la somme de ce que nous amenons qui crée la couleur de ce séminaire. Donc chaque personne est responsable de la qualité des échanges, et chacun participe à la création d’une atmosphère favorable à l‘écoute de soi et de l’autre.

 

  Paul Pujol explore et étudie les enseignements de Krishnamurti depuis plus de quarante ans. Il anime des rencontres et séminaires autour de la connaissance de soi depuis 2005. Il est également l'auteur de deux livres.

 

Pour les activités quotidiennes (mettre la table, vaisselle, nettoyage des chambres), nous demandons une action participative de chacun. Ces actions font parties intégrantes du séminaire. Elles nous permettent de faire le lien avec les autres personnes présentes à la Vigogne (vacanciers, personnels), et avec la vie de tous les jours, dans ces gestes du quotidien. Cela nous permet aussi de réduire certains frais et de proposer des tarifs les plus bas possibles. Nous vous remercions de

votre compréhension bienveillante.

 

L'hébergement :

 

En pension complète. Chambres deux ou trois lits,

toutes avec un balcon. Douches et toilettes à chaque étage.

Commodités :

 

Les draps sont fournis, mais vous devez amener vos serviettes de bains. La vigogne n'est pas un hôtel, c'est une maison familiale, aussi une aide est demandée pour mettre et débarrasser les tables, pour essuyer la vaisselle. Il est également demandé, de nettoyer et laisser les

chambres propres au départ.

 

Tarifications et réservations :

 

Séminaire d’étude J. Krishnamurti du 14 au 20 août 2021.

Pension complète (avec option repas végétariens) : 390 €.

Ajouter le coût du séminaire : 190 €.

 

Réservations :

Effective à réception d'arrhes de 240 €

Voir le document PDF de réservation à remplir en bas de page.  

Inscriptions et renseignements :

 

Le nombre de places est limité à 10 personnes, il est donc fortement recommandé de s'inscrire au plus tôt. Veuillez bien noter que les inscriptions se font par ordre chronologique.

La date butoir pour les inscriptions est fixée au 6 août.

 

Pour tous renseignements :

Paul Pujol 

06 82 33 09 05 / pujolpaul@msn.com

37 route de Reyrieux 01600 Trévoux

Relations et Connaissance de soi : www.paul-pujol.net

SIRET : 38296700800063

 

Accès à la Vigogne :

Voir le document PDF joint en bas de page.

 

 

Voir les photos des séminaires précédents:

Séminaire en Savoie 2021.

Séminaire en Savoie 2018.

Séminaire en Savoie 2015.

 

13 au 19 août 2022 en SAVOIE: Séminaire d'étude Krishnamurti

Relations et Connaissance de soi: www.paul-pujol.net

Paul Pujol, 37 route de Reyrieux

01600 Trévoux / France

SIRET: 38296700800063

Partager cet article
Repost0
Paul Pujol - dans Activités 2022
18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 14:42

 

DSC01994(1W)

 

 

 

    La compréhension véritable d'un problème, n'est possible que par l'approche réaliste et lucide de ce même problème. L'homme ne peut jamais résoudre ses dilemmes intérieurs, car il ne sait pas les regarder en face, de manière véritable, sans préjugés, ni a priori. L'homme ne peut s'atteler directement à la tâche, il ne peut faire face à la vie, car il ne voit qu'à travers ses idéaux et assertions personnelles.

 

    - Pour quelles raisons, l'homme est-il lié ainsi à toutes ses idées, à toutes ses pensées ? Toutes ses idées, ses commentaires, sont l'opinion personnelle de l'individu, elles sont le résultat de ses déductions propres, par là, l'homme cultive son savoir, sa connaissance. En fait, les pensées forgent une connaissance, non pas du monde extérieur, mais de soi, de son intelligence, de ses performances mémorielles, de son propre être. Les pensées forment la connaissance de l'être envers lui-même, de son parcours de la prétendue ignorance vers le prétentieux savoir. Elles font exister le "moi", et engendrent un mouvement perpétuel en lui, une constante recherche de progression intérieure. En fait, par sa préoccupation permanente de soi, l'homme ne sait plus regarder simplement les choses de la vie.

 

    Voyons également que le mouvement de la pensée, engendre une lutte constante entre "ce que je suis" et "ce que je voudrais, ou ce que je devrais être". Ce conflit crée une séparation à l'intérieur même de l'homme. Si je dois changer, en premier lieu, il y a donc un moi présent, pas un moi glorieux ou resplendissant, mais un moi triste, envieux et plein d'ambitions. Ce moi projette en permanence des buts à atteindre, afin de devenir meilleur, plus fort, ou plus aimant. Cette projection vers l'avenir fait partie du mouvement de la pensée, car la pensée ne peut être statique ; sans cesse elle change, se perpétue dans la chaîne du temps. Donc l'œuvre de la pensée crée le moi, puis projette une image d'un moi plus performant. Alors l'homme court après l'image du progrès intérieur, et cette course entraîne douleurs et violences ; - car lorsqu'un but est atteint, insatiable la pensée en crée d'autres, plus beaux, plus attirants, et l’homme reprend sa course éperdue. Il passe sa vie ainsi, jusqu'à la lassitude devant toutes ses recherches, et la mort l'emporte. Et l'homme crée encore une image sur la mort, ignorant tout de sa beauté créatrice.  

    L'homme ne peut-il jamais faire face à la vie ? Ne peut-il affronter la réalité totale du monde, ne rien rejeter, ne rien repousser, et refuser de s'abîmer dans les abstractions religieuses, philosophiques, politiques, ou autres aberrations humaines ? Tant que le moi est le centre de l'action de l'homme, la souffrance règne et l'homme ne peut "voir", pour alors découvrir et être véritablement libre. Voyons le processus de la pensée ! Lorsque l'homme essaie de résoudre un problème, que fait-il réellement ? Cherche-t-il à comprendre vraiment l'objet de sa recherche, ou cherche-t-il à vanter son savoir, à renforcer sa connaissance ? Lorsque le moi observe, il observe à partir de lui-même, de toutes les informations dont il dispose ; il regarde l’objet en le comparant à ce qu'il sait déjà, c'est-à-dire, son propre contenu. Le moi cherche dans l’observation, la confirmation de sa connaissance, il prend l'objet de sa quête comme validité de son existence propre. Le moi, à travers les expériences, cherche la confirmation de son savoir, de son habileté à agir dans la vie. L'homme n'est que faiblement conscient d'un tel processus, pourtant il ressent profondément l'état de perdition intérieure où il se trouve ; mais son action, pour y remédier, fait appel à la pensée, et donc continue et prolonge la douleur.  

   

    Le moi et son action destructrice, sont-ils inéluctables, inhérents à la vie de l'homme ? L'égocentrisme et le sentiment d'être, découlent d'un conditionnement dû à la société, à l'histoire de l'humanité, depuis bien des temps reculés. Mais la base même de ce conditionnement est, en premier lieu, le fonctionnement de la pensée dans le cadre de la psyché humaine. La pensée a créé l'illusion d'une entité propre à l'homme, elle a façonné la connaissance de soi, puis elle a engendré le temps, par l'action du devenir psychologique. Voyons que l'observation véritable, réelle, d'une chose, d'un problème, relève d'une attention essentiellement tournée vers le présent, vers l'objet lui-même. Cette attention est "absence" de savoir, de connaissance, elle est absence du moi. Cette observation autre ne peut être expérimentée par l'homme, il ne peut l'acquérir dans sa mémoire, ne peut la cultiver.

 

    Voyons que lorsque l'homme observe véritablement, son esprit devient calme et silencieux, les pensées s'apaisent, les sens sont éveillés, vifs ; et si l'homme voit directement la chose, s'il rentre totalement en elle, alors à cet instant même, l'esprit est autre, car il agit en dehors du temps. Quand l'homme regarde un problème quelconque avec un regard attentif, sans discours, ni choix, sans but, lorsqu'il voit le problème dans toute sa réalité, alors le problème n'existe plus. L'homme découvre à l'instant précis l'acte de "voir ce qui est", l'esprit d'un seul coup déchire l'entrave du temps, des millénaires mémoriels.     

    - Le "moi" se dissout, il n'existe plus.

    Le temps, le devenir sont abolis. L'homme découvre un monde nouveau, où la souffrance et la violence ne sont pas ; dans ce monde autre, différent, son cœur fleurit et l'esprit est plénitude.   

    -  Alors immuable, c'est l'infini qui "est".
 

  

  Paul Pujol, "Senteur d'éternité"

  Editions Relations et Connaissance de soi

  "Du moi", pages 97 à 101.  

Partager cet article
Repost0
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 14:34

DSC02054

 

 

 

    L’ailleurs ne peut jamais être rencontré par l'homme. L'ailleurs est une création mentale, création concernant une réalité dans un futur imaginaire. L'homme ne rencontre jamais le futur, et tout ce que l'homme situe dans ce futur ne sera jamais atteint. Demain est atteint par l'homme, lorsque ce lendemain est devenu l'aujourd'hui (qui lui parait toujours misérable et triste). Alors l'homme continue de projeter le bonheur dans le lendemain, dans un autre aujourd'hui, afin de continuer à fuir son aujourd'hui quotidien. L'homme fuit le quotidien de la vie, par la création d'un lendemain heureux, lendemain heureux fictif qui donne un espoir à l'homme, espoir qui jamais ne se réalisera, car tout ceci se situe dans un avenir essentiellement intellectuel.

 

    Ce mécanisme de fabrication d'un bonheur irréel, réside dans le fait de percevoir sa vie comme étant triste et misérable, exsangue de toute beauté et de toute véritable joie. Donc, l'homme perçoit la laideur, et ayant peur de cette laideur, il fabrique l'idée de beauté ; ayant fabriqué cette idée de beauté, l'homme va rêver à tout ceci. Il va y penser en permanence, et toute cette rêverie se transformera en imagination, imagination qui lui fera oublier momentanément la laideur présente. Un homme perdu en plein désert, sans eau pour étancher sa soif, peut créer l'idée de l'eau ; il peut fabuler à son sujet, bâtir une croyance, façonner une image où il se voit buvant de l'eau fraîche. Cela peut provisoirement lui faire oublier son état de soif, il peut même expérimenter des visions d'étendue d'eau, mais chacun sait que tout ceci n'est qu'un mirage, qu'une illusion des sens. De même que l'homme peut penser à l'eau et à l'action de boire, et pour autant ne rien changer à son état ; de même, l'homme peut penser à un ailleurs meilleur, à un paradis lointain, et pour autant être toujours dans la misère, et dans le triste isolement de son esprit.

    Voyons profondément ce qui est : l'homme est dans une vie misérable et dans cet état, il pense à ce que pourrait être une vie meilleure, pleine de signification et de joie. Voyons bien, la tristesse est là et immédiatement, on pense à ce que pourrait être la joie. On façonne une idée sur la joie, mais cette idée sur la joie ne change en rien notre état de tristesse. Elle peut nous le faire oublier un bref instant, agissant comme un stimulant, comme une drogue. Mais lorsque l'homme retombe dans la vie, son idée de joie n'a plus de sens, et la tristesse montre qu'elle est encore là, et qu'elle l'a toujours été.

 

    Notre idée et nos conceptions sur la joie sont basées sur la perception de la tristesse, perception qui se transforme inévitablement en peur, en refus de cette tristesse. Notre idée sur la joie est la conséquence de notre fuite devant notre véritable état de tristesse et de pauvreté intérieure. Plus encore, nos conceptions sur la joie et sur le bonheur nous indiquent un fait, nous montrent que nous sommes dans le malheur et dans la misère. Toutes ces conceptions, qui sont autant de fuites, nous ramènent inéluctablement à leur point de départ, point d'ancrage qui n'a jamais été quitté, jamais été transformé et qui se fait ressentir avec encore plus de force et de cruauté. Nos pensées sur la joie nous indiquent notre laideur, elles sont basées sur ce sentiment, et elles participent de cette même laideur.

    - une pensée sur la beauté est en elle-même la laideur ;

    - une pensée sur la joie est en elle-même la tristesse.

 

    Résumons : il y a en premier lieu la laideur et la constatation de cette laideur ; puis il y a fuite et formation d'idéaux sur la joie. Idéaux qui ne transforment rien, et qui participent même de cette laideur. Donc, s'il y a perception aiguë de tout ceci, les idéaux, les pensées concernant la beauté, la joie, le bonheur doivent être écartés, doivent être mis de côté. Si cela est réellement fait (dans la plupart des cas, cela reste intellectuel), il y a une confrontation directe avec ce qui est, avec le présent, c'est à dire avec mon désarroi et ma solitude totale. - Il y a ce qui est, il faut voir notre vie telle qu'elle est, et non pas telle que nous la désirons.

    Là encore méfions-nous des pensées qui créeront de nouveaux idéaux concernant d'autres sujets. Mais comprenons bien que s'il y a création de pensées concernant la souffrance où l'ignorance, c'est qu'il n’y a pas de réelle perception. Quelles que soient les créations mentales de l'homme, qu'elles concernent la béatitude ou la souffrance, le désespoir ou bien l'espoir ; tout cela reste du domaine spéculatif et découle d'un refus de faire face à la réalité de l'homme et du monde. - Ce qui est, c'est la solitude, la peur, la violence, l'égocentrisme, la laideur et le profit, l'orgueil de l'ambition et l'injustice, la haine, et finalement au bout du chemin, la mort.

    -Voilà ce qui est, voilà ce qu'est la vie de l'homme.

    

    Voir ce qui est, consiste à voir tout ce que l'homme engendre comme laideur dans le monde, et si l'on voit profondément ce qu'est la laideur, si on la voit véritablement : "Comment peut-on accepter de vivre avec elle, accepter qu'elle ravage tout sur son passage ? Comment peut-on accepter toutes les abominations créées par l'homme ?" Si l'on voit clairement, avec profondeur ce qu'est la laideur, la haine, l’injustice et le mensonge, alors et alors seulement, on décide de détruire toutes ces choses. On en prend la ferme décision, c'est un serment impérieux et pressant que l'on se fait à soi-même intérieurement. Voyons que si tout ceci se réalise sans aucun recours à la pensée, sans aucune idéalisation, alors la perception est autre, différente. C'est une perception directe, immédiate, d'énergie et de vie. Cette perception autre se révèle comme étant méditation pure. Méditation qui n’est pas un exercice ou une méthode apprise ; mais elle n'existe que quand il n'y a pas quelqu'un qui désire méditer, son existence ne découle d'aucune volonté, et son action n'est autre que la liberté même. Elle est observation pure, sans le mot, sans le moindre mouvement du cerveau et de la mémoire.

 

    La méditation n'est autre que la vision directe de ce qui est. Lorsque la méditation voit la laideur, elle voit tous les effets néfastes de la laideur, elle voit toutes les causes qui engendrent la laideur, et elle voit tout le mécanisme de la laideur. Voyant tout ceci, elle met fin aux effets néfastes, elle détruit les causes, et elle démonte tout le mécanisme intérieur. Par cela, elle détruit et déracine totalement la laideur, ainsi que la tristesse, l'injustice, la haine et toutes les autres folies créées par l'homme. Dans la méditation, par la vision de ce qui est, apparaissent sans un seul tressaillement du mot, sans un seul mouvement de l'esprit, apparaissent la beauté de la vie, la joie et la liberté du monde. Par le regard attentif, toutes les illusions s'étiolent, finissent par ne plus être. Toutes les conceptions d'un bonheur imaginaire s'achèvent d'elles-mêmes, sans effort, lorsque toutes les théories tombent, alors l'esprit découvre quelque chose de totalement nouveau ; 

    - alors, la méditation nous fait découvrir un monde autre, inconnu, neuf, un monde sans bornes, immensurable, infini ;

    - dans un tel monde, la joie est de toute éternité, l'amour est félicité, et le bonheur n'est plus un mot, mais il est extase.
   

 

 

    Paul Pujol, "Senteur d'éternité"

    Éditions relations et Connaissance de soi

    "Le bonheur imaginaire", pages 40 à 44.    

Partager cet article
Repost0