12 janvier 2022 3 12 /01 /janvier /2022 18:32

 

 

Nous aurons un séminaire Connaissance de soi

pour le mois d'avril à Trévoux.

La rencontre se déroulera du mercredi 20 au jeudi 21.

 

Nous avons choisi un thème criant d'actualité:

"Vivre en paix sur la terre".

 

"Sans un changement radical, le futur sera identique

au douloureux présent.

La paix existe, là où il y a liberté intérieure."

 

 

Inscription obligatoire, car le nombre de places est limité...

 

20 au 21 avril 2022 à TREVOUX: Séminaire Connaissance de soi avec Paul PUJOL
20 au 21 avril 2022 à TREVOUX: Séminaire Connaissance de soi avec Paul PUJOL
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Paul Pujol - dans Activités 2022
10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 10:31


 

 

      

 

     Nous nous trouvions dans les sous-bois, sans doute à la recherche de quelques bêtes égarées. Les châtaigniers étaient baignés d'une belle lumière éclatante, faite d'ombres et de taches plus claires. Le soleil était haut, et l'après-midi s'annonçait torride. Nous descendions une pente caillouteuse, lorsque, levant les yeux, nous le vîmes au-dessus de nous. Il était là, seul et immobile, nous surplombant, scrutant la vallée étroite qui plongeait devant nous. C'était un aigle brun et noir, le bec courbe et l'œil vif, il se dressait de toute sa hauteur, roi des montagnes dans l'espace bleu d'un ciel d'été. La beauté du rapace vous surprenait, vous rendait attentif et aiguisait tous vos sens. Sa beauté était la beauté du monde, de l'univers dans sa totalité. Cette beauté n'excluait aucune chose, les arbres, les buissons, les feuilles délicates, le ciel limpide sans un seul nuage, tout ceci resplendissait dans cette intensité. 

                                                                    

    Nous indiquâmes à l'autre la présence de l'aigle. L'oiseau, nous ayant entendus, déploya ses grandes ailes brunes comme la terre, et sans aucun bruit, sans frottement ni sifflement dans l'air, il disparut, contournant le rocher et devenant ainsi invisible à notre regard. On eut cru à un mirage, à une illusion des sens, tellement tout ceci fut fugace, rapide, et silencieux ; mais il n'en était rien. L'œil ne voyait plus à présent, mais l'esprit qui est essence de vie, est un, et le vol majestueux, ample et libre se poursuivait au-delà, sans besoin de spectateurs admiratifs. L'esprit n'a pas besoin de sens pour voir ce qui est, les sens font partie de toute vision, mais

"la vision profonde" est bien plus immense que toute sensation. Il n'est point nécessaire de toucher et de voir une chose pour avoir de l'amour, l'amour véritable s'étend à toute chose, présente ou absente, visible et non visible. 

 

    L'oiseau disparu, nous continuâmes quelques instants notre promenade, l'autre personne n'avait rien dit, mais on sentait son trouble intérieur. Elle était consciente d'avoir vu un animal noble et rare, cependant, elle était mécontente, mécontente de notre intervention qui avait apparemment précipité le départ de l'animal. Mais l'homme n'en dit rien, dans son silence se murmurait tout son regret, la joie qui aurait pu être si seulement son besoin de retenir n'était pas. L'homme veut toujours retenir, il veut emprisonner la beauté, pour mieux s'en délecter, pour mieux en profiter, il veut s'abîmer en elle ; - mais lorsque l'esprit œuvre en ce sens, la beauté n'existe plus. Elle se transforme alors en plaisirs, en désirs, c'est à dire la satisfaction de la mémoire, la consécration de notre plan de bonheur et de beauté. La beauté ou l'amour ne peuvent être codifiés, classés, rangés, pour les sortir au moment opportun, et les utiliser à volonté ; - un claquement de doigts, et nous voulons la beauté à nos pieds. Tout ce processus est essentiellement destructeur, il supprime dans l'homme toute sensibilité (et non pas de la sensiblerie), toute son intelligence, et sans cela, la beauté ne peut être perçue.

 

    A présent l'aigle avait dû retourner à son repaire, il préparait sans doute avec sa compagne, la venue d'un nouvel hiver. Dans ces montagnes du sud, souvent baignées de soleil, les saisons froides étaient moins rudes qu'ailleurs, mais en altitude, là où nichent les aigles, la neige était toujours présente.

    La bénédiction de cette rencontre continua longtemps, le malaise de l'autre persista également. En y songeant, il nous semblait bien qu'en fait, cette entrevue avait été une entrevue d'un autre monde, monde où l'homme ne peut être. Un univers inconnu, mais familier, intime. Le vol était un mouvement différent, sculpté à même dans l'air lumineux d'un jour autre, d'un monde unique, neuf, rajeuni ; - tout ceci était intemporel, immobile, et pourtant, il y avait une action, une activité, un état sans déplacement aucun, et cependant non statique. Ce mouvement était différent, la matière, le corps étaient autres, indissociables, unis, comprenant tout ;

    - substance étant plénitude, énergie totale, donc créatrice de vie. L'esprit était alors beauté, et l'intelligence percevait que tout cela, n'était en fait

que l'expression de l'amour.

    En ce jour, le vol de l'aigle était le mouvement même du monde.

 

        

 

  
 
    Paul Pujol, Senteur d'éternité.

     Editions Relations et Connaissance de soi

    "L'aigles des montagnes", pages 94 à 96. 

 

 

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7 janvier 2022 5 07 /01 /janvier /2022 16:32

 

 

 

En 1960, Aldous Huxley est interviewé pour 

Radio Canada, par Hubert Aquin.

Document exceptionnel, où l'on entend l'excellent Français de ce grand écrivain et romancier, qui était un ami intime

de J. Krishnamurti.

 

 

La présentation de Radio Canada:

 

Rencontre exceptionnelle avec Aldous Huxley qui parle en français de ses débuts comme écrivain, des auteurs littéraires qui l'ont influencé, de son expérience de la drogue et des effets de celle-ci sur l'esprit, de son intérêt pour la psychiatrie et de ses projets littéraires. Il commente son volume, "Le Meilleur des mondes ", et donne son opinion sur la technologie moderne, la télévision et la surpopulation.

 

Source : Premier Plan, 12 juin 1960

 

Journaliste : Hubert Aquin Animateur : Raymond Charette

 

Encore plus de nos archives : https://ici.radio-canada.ca/archives/...

 

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Paul Pujol - dans Aldous Huxley
23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 11:37

 

 

 

 

Voici une vidéo de J. Krishnamurti, qui servira de support pour notre séminaire du Nouvel An, à La-Roche-Vineuse

 

  Entretien (extrait) entre J. Krishnamurti et le Dr. Anderson sur la nature de la peur, et sa complète éradication.

 

  San Diego, Californie, USA 20 février 1974.

 


J.Krishnamurti, San Diego Californie 1974... par pujolpaul_msn_com

 

 

  Vous pouvez consulter la liste ci-dessous :

  Liste des vidéos et audio de J. Krishnamurti présent sur le site, voir en fin de page.  

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 15:13

  La-nature

 

 

 

Trévoux, le 2 février 2011

 

 

    Quand l'esprit s'exprime à travers une forme particulière, son expression est limitée par cette forme. C'est à dire que quand il n'y a que la mémoire et la pensée, l'esprit ne peut que passer par ces canaux, aussi restreint soient-ils.  

    Alors il n'y a pas création, mais suite et poursuite de "ce qui est", l'homme ne fait que répéter ce qui fait sa vie. Et jamais le parfum d'une fleur nouvelle ne vient embaumer son coeur, jamais une senteur inconnue ne vient bouleverser la sécurité illusoire, bien établie. Et l'homme finit ainsi sa vie, comme un lit de rivière sans eau, une vie aride se termine. Dans la pauvreté intérieure et dans un esprit déserté par la joie véritable.

 

    Mais quand la mémoire est absente, ou plutôt non utilisé; si le cerveau est silencieux, très tranquille. Quand le mouvement des pensées est suspendu, l'esprit peut alors s'exprimer sans références, sans limites. Alors l'esprit n'est pas déformé par la forme d'une pensée particulière, qu'elle soit une culture traditionnelle ou une tendance contemporaine. Il y a quelque chose d'immense qui entre en existence par ce silence profond, les pensées sont absentes, mais l'homme est en vie, totalement sensible à ce mouvement autre. Et vraiment dans cet état, le cerveau découvre autre chose que la mémoire, est-ce que vous vous rendez compte de ce que cela veut dire?

    Le cerveau touche une chose jamais vue, jamais connue, c'est comme un bain de jouvence, une source vive.

 

    Là, messieurs, l'esprit peut voir naître un mouvement totalement neuf, non souillé par le passé. Et l'homme découvre cette terre vierge, comme un enfant regarde le soleil du matin, c'est comme le premier matin du monde. Nous pouvons tout créer alors, tout recommencer, tout inventer. L'esprit, l'homme sait par cette perception ce que veut dire " créer", "engendrer".

    Alors l'homme se met en marche, en mouvement, et un monde totalement nouveau commence à voir le jour. C'est quand l'esprit est totalement libre, et uniquement dans cette liberté, qu'un monde autre entre en existence.

 

 

 

   Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol