1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 14:33

 

 

   Je voudrais vous recommander deux ouvrages et une revue concernant le Bouddhisme des origines, basés sur les textes les plus anciens et probablement assez proches des intentions du Bouddha lui-même.

    Avant toute chose, il est certain que le but premier n’était pas du tout de créer une religion, avec ses rites, sa hiérarchie, ses divinités et toutes les autres fadaises des religions organisées. Pas question non plus de sans remettre à un maître, «Soyez votre propre flambeau, votre propre refuge» (à ce sujet voir sur notre site le texte du"kamala sutra".)

 

    A l’origine, le Bouddha à enseigné « une voie », celle de la souffrance et de la fin de la souffrance. Celle-ci est due à l’ignorance et à l’avidité de l’esprit, c’est cette « soif » qui engendre des confections mentales. La souffrance vient du fait que l’homme confond ses confections mentales (idées, croyances, théories) avec le réel, avec le monde tel qu’il est.

  La fin de la souffrance est basée sur la compréhension et sur l’investigation personnelle, dans cette enquête l’esprit « voit » qu’il est créateur et acteur des confections mentales. Il perçoit aussi que la croyance en l’atman, dans le soi ou dans l’âme est aussi une production du mental. Rien n’est réel dans tout cela.

    Alors cette vison « est » la fin de la soif, de l’ignorance ; l’illumination est là, c’est la fin de la souffrance, de cela naît le « nirvana », le « non-né ».

   

 

 

    Donc voici tout d'abord deux livres sur le Bouddhisme des origines, un écrit par Walpola Rahula, et le second écrit par Alexandra David-Neel.

 

 

 

 

 

 

L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens.

 

   Voici donc le premier livre écrit par Walpola Rhula, moine bouddhiste de Ceylan. Celui-ci nous éclair sur la simplicité des premier temps du Bouddhisme et sur la personne du Bouddha, moine mendiant itinérant.

   On y découvre que l’homme seul peut se libérer, atteindre l’illumination. Il ne faut dépendre de personne, « on est son propre refuge, qui d’autre pourrait être le refuge ? »

   On voit aussi que le Bouddha disait qu’il n’y avait pas de doctrine ésotérique dans son enseignement, « qui rien n’était caché dans le poing de l’instructeur », donc rien en réserve pour certains adeptes.

   La méditation est définie comme une culture mentale, où on examine, on test et on entraîne son esprit. Point de croyances dans ce Bouddhisme des premier temps, il faut tout examiner par sa propre vision, sa propre étude intérieure.

   Même à propos de son enseignement, le bouddha exhorter les disciples à le remettre en cause, à le questionner.

 

Présentation de l’éditeur.

 

  "Le révérend Rahula a reçu selon toutes les règles la formation traditionnelle d'un moine bouddhiste à Ceylan et revêtu d'éminentes fonctions dans un des principaux instituts conventuels (Pirivena) de cette île où la Bonne Loi fleurit depuis le temps d'Asoka et a conservé jusqu'à nos jours toute sa vitalité. [...] Le livre qu'il a bien voulu me demander de présenter au public occidental est un exposé, lumineux et accessible à tous, des principes fondamentaux de la doctrine bouddhique, tels qu'on les trouve dans les textes les plus anciens, ceux qu'on appelle en sanscrit "la Tradition" (Agama) et en pali "le Corpus canonique" (Nikdya), et auxquels le révérend Rahula, qui en possède une connaissance incomparable, se réfère constamment et à peu près exclusivement. " Paul Demiéville.

 

L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens.

Walpola RAHULA.

Editions du Seuil, collection Point Sagesse.

 

 

 

 

 

 

Le bouddhisme du Bouddha.

 

 Un autre livre sur la Bouddhisme premier, écrit par Alexandra David-Neel intitulé « Le bouddhisme du Bouddha », très belle étude riche et profonde sur l’origine de Bouddha et sur son message.

  Nous retrouvons des thèmes présentés dans le livre de Walpola, mais présentés ici par une occidentale férue de culture bouddhiste.

   Un complément d’approche qui apporte parfois un éclairage différent sur des thèmes identiques. Il est bon de ne pas avoir qu’un seul point de vue.

 

 

Présentation de l’éditeur.

 

   Né prince, fils d’un souverain de la puissante tribu des Sakya, au VIe siècle avant Jésus-Christ, il vécut dans le luxe et l’opulence avant de tout quitter pour partir sur les routes, seul, à la recherche de la sagesse. Il avait vingt-neuf ans, il s’appelait Siddharta Gautama, il allait devenir le Bouddha.

   Alexandra David-Néel a été l’une des premières Occidentales à pénétrer au Tibet et à comprendre la spiritualité orientale. Nul mieux qu’elle ne pouvait écrire cette présentation du « bouddhisme du Bouddha » en étant totalement fidèle au message et parfaitement accessible aux lecteurs occidentaux.

 

Le bouddhisme du Bouddha.

Alexandra DAVID-NEEL.

Editions du Rocher, collection Pocket.

 

 

 

 

 

Religions et Histoire, N° 8 : Le bouddhisme ancien.

 

Un autre document concernant les premiers temps du Bouddhisme, la Revue Religions et Histoire. Le numéro 8 de mai-juin 2006 avait été consacré au Bouddhisme ancien.

 Très beau travail avant tout basé sur des faits et des traces historiques, il ne s’agit pas ici de décrire la « foi » des religions, mais de voir le point de vue au travers de l’histoire.

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

 

   À la fois philosophie et religion, le bouddhisme prend naissance vers le milieu du premier millénaire avant notre ère, au nord-est du sous-continent indien. Dans tout le pays, les débats philosophiques, les spéculations sur l'Absolu aussi bien que sur le sacrifice octroyé aux dieux sont anciens et vifs, en particulier dans les cours princières. C'est précisément chez un roitelet, dans le clan des Shâkya, à la frontière indo-népalaise, que naît Siddhârtha Gautama, qui allait devenir le Bouddha. Tôt, il s'est "éveillé" - tel est le sens de Buddha en sanskrit et dans les langues de l'Inde - aux vérités fondamentales de la condition humaine : c'est à son observation et sa réflexion personnelles qu'il doit de les avoir découvertes. Elles portent sur la douleur, l'origine de la douleur, la cessation de la douleur, le chemin qui mène à l'arrêt de la douleur.

   Il l'enseigne d'abord à une poignée d'anciens condisciples, réunis au Parc des Gazelles, près de Bénarès, impulsant ainsi la "Roue de la Loi". Son enseignement va bientôt conquérir l'Inde, puis l'Asie, pour susciter aujourd'hui un intérêt universel. C'est le début de cette aventure grandiose que le lecteur trouvera esquissé dans ces pages.

 

   Auteur : Caillat Colette - Balbir Nalini - Bautze-Picron Claudine - Gethin Rupert - von Hinüber Oskar - Masset Danièle - Osier Jean-Pierre - Pinault Georges-Jean - Skilling Peter

 

Magazine : Religions & Histoire n° 8 Page : 12-75 (mai-juin 2006).

 

 

 

 

  Suite à ces lectures vous découvrirez donc que le Bouddhisme à l’origine était évidemment très différent de ce qui existe aujourd’hui. Les changements sont inévitables, certes, mais certains sont plus ou mois heureux, et certaines évolutions laissent vraiment songeur. Toutes ces divinités, tous ces maîtres, on découvre par exemple, que l’on ne parlait pas de mantras en ces temps là. (L’introduction des mantras est due à une influence du Tantrisme Shivaïque d’Inde du nord). De nombreuses descriptions de méditations sont faites dans ce deux ouvrages, il n’est jamais question de maîtres, de divinités ou de croyances, ce sont en quelques sortent « des exercices laïque » d’observation de l’esprit.

    Comme nous l’avons vu dans notre présentation, il n’y a pas d’ésotérisme non plus, rien de cacher ou de secret. On ne parle pas de maîtres, de guides, car « il faut être son propre flambeau, sa propre lumière ». Autre information complémentaire, au tout début le Bouddhisme était aniconique, c’est à dire sans « icônes », sans images.

    Peut-on dire qu’il y avait un système figé, rigide, en parcourant les deux livres vous découvrirez qu’il y avait surtout une richesse d’arguments, une grande diversité, parfois même certaines contradictions ; mais surtout il y a débats, discussions, recherches, et pas acceptation ni soumission à une autorité.

 

    En est-il ainsi aujourd’hui ? Il me semble que l’on confond bien souvent respect et soumission, étude et embrigadement…

    Mais tout dépend non pas de la religion, mais des personnes, des individus. Au final ce n’est pas l’organisation, la religion établie qui compte, mais c’est l’être humain qui importe, sa propre recherche.

    C’est aussi la relation qu’il noue avec les autres, s’il est dans une démarche honnête, intègre, il aura des rapports sain avec les autres, non pas basé sur l’autorité, mais basé sur la recherche de ce qui est juste et vrai. Il faut voir les choses telles qu’elles sont, par soi-même, et ne pas accepter ce que les autres nous disent, fut-ce même le Bouddha.

    Si cela n’est pas une école de liberté et d’intelligence vraie, cela n’a plus aucun sens, et cela ne sert qu’à conditionner et asservir les gens.

 

    Tel n’était certainement pas le message du Bouddha, « seul l’homme est capable de rompre la chaîne du temps et de la souffrance », et il doit le faire seul par sa propre intelligence, par sa propre vision, il doit explorer par lui-même. L’être humain peut sortir de son état conditionné, acquérir la liberté et découvrir la paix intérieure. Mais toujours il doit faire attention à la création de confections mentales (d’idées), il peut se croire être libre et éveillé et ne pas l’être du tout…

  L’observation de l’esprit pour déjouer les créations mentales reste la discipline de toute une vie.

 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 09:34
Canulars, vrais faux gourous, et adhésions naïves nombreuses

     Dans le domaine du " religieux " ou de ce qu'on appelle " la spiritualité ", l'être humain est totalement puéril et immature; il demande simplement à être pris en charge par un système,par des gourous, afin d'oublier sa vie pleine de misère et de souffrance.
 Mais bien évidemment une telle démarche ne résout rien, et l'enfermement dans ces organisations en fait renforce la souffrance, et ne fait que souligner la peur de l'homme.

  Vous trouverez ci-dessous deux extraits d'un article paru dans un excellent dossier réalisé par la Canard enchaîné en juillet 1990, " Le grand bazar du bizarre".



    Sa Sainteté Keiko et le Rêve Sacré.



      Un beau jour de l'été 1986, des journalistes du quotidien suisse " 24 h ", un peu désoeuvrés en cette période où l'actualité somnole, eu­rent l'idée d'inventer un gourou de toutes pièces. Une jeune mère de famille Japo­naise fit l'affaire. Vêtue d'un kimono constellé d'étoiles, elle fit son apparition dans un parc de Lausanne, entourée de quelques disciples-rabatteurs-journa­listes.

      Et voilà Sa Sainteté Keiko se mettant à tenir aux badauds un long discours sur sa Philosophie du Rêve Sacré, discours que traduit pieusement un de ses disciples. Une couverture est étendue à même le sol. Le gourou Keiko invite les auditeurs à s'y allonger, deux par deux, en se te­nant sagement la main : ils vont faire ainsi, leur promet-elle, l'Expérience du Rêve Sacré. Et ce Rêve, ils vont se le transmettre mutuellement par la pensée !

      Une fois le premier curieux alpagué et dûment étendu, les volontaires se bouscu­lent. Des passants qui ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam s'allongent côte à côte, ravis, tandis que Sa Sainteté ef­fectue au-dessus d'eux quelques passes magiques,

      Résultat ? Un homme se relève, ému : «  J'ai fait un rêve très curieux... »  Un autre déclare  «  avoir ressenti un effet bi­zarre et apaisant jamais vécu jusqu'ici » . La plupart des patients, interviewés par les journalistes de « 24 h », affirment «  avoir ressenti quelque chose ». L'un d'eux, enthousiaste, tente même de les convaincre : « Vous avez l'air sceptiques ! Allez-y, essayez ! Moi je l'ai fait il y a une demi-heure et je le sens encore. Je suis bien, relax, c'est extra ! »

      Épuisée après quelques heures de Rêve Sacré, Sa Sainteté Keiko fait signe à l'un de ses disciples.
« Mesdames et messieurs, lance-t-il, notre gourou est très fatiguée, car elle dépense beaucoup d'énergie. Elle va devoir se retirer. »

      Tollé général : " Encore moi ! ", insis­tent les badauds.

       Il fallut leur accorder une prolonga­tion...


          Une nouvelle religion: L'Apiakeltisme. 

 

      Dans le genre, on doit l'impos­ture la plus aboutie à des étudiants Da­nois qui menaient une recherche sur les religions. Cela se passe au début des an­nées 80, à Risskov. Les étudiants inven­tent une nouvelle religion, l'« apiakel­tisme ». Ils concoctent des slogans bien creux :

      « L'apiakeltisme contre l'égoïsme ! », « L'apiakeltisme crée le bon­heur ! »  Trouvaille de génie, ils y ajoutent une pseudo-découverte scientifique : le « taupsi », région du cerveau qui serait le siège de l'amour.

      Et en avant !

      Ils se mettent à arpenter les rues de Risskov en beuglant leurs slogans et en distribuant des tracts. Le soir même, à la conférence d'initiation, il y a foule. Sans se faire prier, les curieux acceptent de s'asseoir en demi-cercle devant des bou­gies, de l'encens et des rubans en papier alu.  
      Ils chantent, se plient aux exercices de méditation et écoutent religieusement l'enseignement du vénérable Lillith H. Atkinson, le fictif fondateur de l'apia­keltisme. On les initie aux symboles, à la liturgie, aux hymnes, à la hiérarchie (pro­phète, prêtre, pratiquant, élève) de cette nouvelle religion bidon. Ils se montrent très intéressés. Mieux : en ouailles appli­quées, beaucoup d'entre eux se portent volontaires pour tester le potentiel de leur « taupsi » sur un ordinateur maison (éhontément copié sur le fameux électro­mètre utilisé par les scientologues).

      A l'issue de la cérémonie, les étudiants dévoilèrent la supercherie. Un moment difficile: furieux (d'avoir été trahis), hon­teux (de s'être laissé avoir), les partici­pants se montrèrent aussi déçus...    
      C'était tellement chouette!

  Référence: Les dossiers de Canard N° 36 juillet 1990; " Le grand bazar du bizarre".
  Gourous de secours page 85.


 
       L'homme est un animal crédule, n'est-ce pas? Je vous invite à réfléchir sur ces deux exemples, mais je pense que nous pourrions en trouver des milliers à travers la planète.
  Notre recherche de Vérité est-elle réelle? Ou bien cherchons-nous juste le merveilleux, l'extraordinaire... 

        A chacun de s'interroger sur ses propres motivations.

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Paul Pujol - dans Reportages-Témoignages
15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 10:28

 

 

 Un texte inspiré d'un dialogue lors d'une journée Connaissance de soi à Trévoux.

  C'est l'exemple (et le témoignage) d'une belle exploration commune, et d'une vision profonde en mouvement...

 

 

     

 

   - Bonjour à tous les deux, de quoi voudriez-vous parler aujourd’hui ? Qu’allons-nous explorer ensemble, qu’allons-nous investiguer ?

 

   - J’ai pensais à un sujet, je ne sais s’il va vous intéresser ? J’ai bien réfléchie et je formulerais mon questionnement ainsi : Y a-t-il une ou plusieurs réalités ? Et comment savoir cela ? Car si nous sommes dans une réalité particulière, comment la découvrir, et peut-on découvrir alors une autre réalité que la sienne ?

Car si on ne peut pas toucher une autre réalité que la sienne, on prend inévitablement « son monde » pour le Monde.

 

   - Bien, cela vous convient-il également ?

 

   - Oui très bien, c’est un vaste sujet. Qui me parait important et fort complexe.

 

   - Donc nous sommes d’accord, nous allons examiner, explorer cette question.

Alors commençons : Pour vous qu’est-ce que la réalité, le réel ? Comment percevons-nous cela ?

 

   - Je dirais que la réalité, c’est ce que l’on perçoit avec les sens. Je sens le parfum d’une fleur, je vois, j’entends, je goute et je touche le monde. Les sens sont notre porte d’entrée vers le monde extérieur.

 

   - Mais peut-être que nos sens nous abusent, peut-être sont-ils conditionnés ? Quand nous disons que l’herbe est verte, qu’est-ce que cela veut dire ? On peut très bien imaginer une autre culture qui dirait que l’herbe est rouge, ou bleue.

 

   - Nous disons donc que nos sens sont conditionnés par la culture, qu’elle soit religieuse, éducative, sociale ou politique. Attendez, mais qu’est-ce cela veut dire ? N’allons pas trop vitre s’il vous plaît.

   Il y a quelque chose qui est perçu, et cette perception est traduite dans notre cerveau par un nom, une définition, «  cette herbe est d’un très beau vert ».

 

   - Ou une autre personne peut dire, « Que ce gazon est laid et si mal entretenue, notre partie de golf va bien mal se passer (rires) »

 

   - Oui ou un autre commentaire encore. Mais nous parlons bien de quelque chose, et même si un original vient et nous dit « Mais enfin voyons messieurs, cette herbe magnifique est d’un rouge des plus exquis ». Il y a bien quelque chose que nous percevons, que nous voyons en dehors de nous. D’accord, sommes nous ensemble ? Il y a un élément extérieur, il y a perception, puis nous nommons la chose perçue. Dans notre exemple, la couleur et le nom « vert » sont bien évidemment des conventions humaines. En soi la couleur du gazon est de peu d’importance, mais les conventions du langage et de la parole sont des systèmes qui permettent aux hommes de vivre ensemble et de se comprendre.    

   Dans une communauté d’êtres humains, il est nécessaire d’avoir des règles communes, comme par exemple rouler à droite sur une route. Ces conventions n’ont d’importance que parce qu’elles organisent la vie en société de l’homme. En elles-mêmes leur valeurs sont assez porches du nul.

 

   - Donc il y a bien quelque chose à percevoir, comme une réalité, un réel, nos sens entre en action, puis la sensation arrive au cerveau, et là il y a une interprétation de la sensation. Interprétation qui se ferra selon notre conditionnement. C’est bien cela.

   Alors si j’ai bien compris, on ne sait pour l’instant s’il y a plusieurs réels, ou réalités, mais il semble très probable qu’il puisse y avoir de nombreuses interprétations.

 

   - Oui naturellement, regardez la Bible, combien de groupes religieux l’interprètent différemment ? Les Catholiques, les Calvinistes, les Mormons, les Orthodoxes d’Orient, les Adventiste du septième jour, que sais-je encore. Et déjà la Bible est en elle-même une interprétation, une convention. Donc il peut y avoir, et en fait il y a de très nombreuses interprétations du monde. Interprétation religieuses, nationalistes, philosophiques, politiques, économiques, et aussi romantiques… Et voyons les choses telles qu’elles sont, les hommes ne se battent-ils pas depuis toujours pour imposer leur point de vue ? N’y a –t-il pas luttes et conflits pour convertir l’autre à notre propre convention ?

 

   - L’histoire de l’humanité nous montre cela en effet, guerres en tous genres, depuis aussi loin que les livres d’histoire remontent. Mais alors qu’en est-il des réalités plurielles ? Est-ce une question biaisais, peut-on répondre même à cette question ?

 

   -  J’ai soulevé cette question, car pour moi, elle sous entends la question de la solitude et de la relation à l’autre. Si il y a plusieurs réalités, peut-être avons même chacun la nôtre, et dans se sens là, nous sommes isolés d’autrui.

 

   - Bien revenons un peu sur cette interrogation. Y a-t-il plusieurs réalités ? Comment savoir, voir et comprendre ce réel ? Concernant le réel nous ne savons pas vraiment quoi penser, mais nous venons de voir que l’homme peut créer un nombre pratiquement infini d’interprétations. Une interprétation étant un commentaire sur un fait, sur une action ou une perception. Il y a le fait, cet oiseau vol dans le ciel, puis il y a mon commentaire, «c’est un rapace, une buse et elle vole très haut dans le ciel».

   Nous comprenons qu’il y a plusieurs manières de parler d’un vol d’oiseau, prenons plusieurs personnes qui voient le même vol au même endroit. Chaque individu aura une perception légèrement différente des autres, avec une interprétation elle aussi différente des autres personnes présentes. Il n’y a qu’un vol, mais il y a plusieurs commentaires.

   Alors maintenant, prenons l’option « il y a plusieurs réalités ». Comment découvrir ces réalités. Si nous avons accès à l’une ou l’autre, nous allons comme d’habitude faire un commentaire, et avoir une interprétation de ces réels. Donc nous allons à nouveau nous isolés dans un coin du réel.

 

   - Oui je vois bien ce que vous dîtes, je crois bien que ce n’est pas la bonne question finalement : Une réalité ou plusieurs ? Mais c’est la question de l’interprétation qui isole l’homme de l’homme, de la nature et même de l’univers.

 

   - Nous vivons chacun dans une bulle qui semble nous protéger, mais qui, au final nous isole et nous rend triste et malheureux.

 

   - Mais peut-on briser cet isolement, cette solitude ? Peut-on sortir de cette bulle ? N’est-ce pas ça la bonne question ?

 

   - Avançons doucement s’il vous plaît, n’allons pas si vite.

   Un petit rappel, nous l’avons déjà dit lors d’autres dialogues, mais permettez moi ce rappel : Les commentaires suivent la perception, c’est un mouvement de la pensée qui commente et qui parle de notre ressenti devant une situation.   

   Quand le commentaire arrive dans l’esprit, l’homme se parle à lui-même. Il n’est plus attentif à la situation qui est devant lui, quand il se préoccupe de son propre ressenti l’homme en fait se préoccupe de lui. Le commentaire parle au « moi » et est une action du « moi ».

 

   - C’est vrai, mais l’inverse existe aussi. Par exemple, un jour nous nous promenions avec ma compagne dans la nature et à l’orée d’un bois, soudain nous avons vu une biche. Elle était magnifique, si belle et gracieuse, pendant un temps, tout était suspendu, plus de pensées, plus de commentaires, plus de temps. Rien que la beauté de cet animal, c’était vraiment merveilleux.

 

   - Oui on a tous vécus des rencontres qui nous transportent, qui font que l’être humain s’oublie parfois…

 

   - Peut-être, mais maintenant beaucoup parlent de ce genres d’expériences, je ne doute pas de votre témoignage mon ami, mais toutes ces descriptions font naître de l’avidité dans l’esprit de certains. Et on a parfois le sentiment que cela peut-être crée par un désir, et devienne un simple vue de l’esprit, une croyance qui se voit confirmer par une expérience. Avant les gens d’église, les saints avaient des extases, et tout le monde trouvaient cela formidable, extraordinaire, puis il y a eu comme une épidémie d’extases partout à travers l’Europe.   

   Aujourd’hui c’est « l’éveil »qui est à la mode, tous les jours sur internet on voit des témoignages et des récits d’éveils, une vraie contagion.

   Mais passons, donc la beauté, la noblesse d’une biche fait que je la regarde, elle est si belle, tellement svelte. C’est la grâce même, alors je m’oublie totalement, le temps s’arrête et les commentaires ne sont pas là. C’est comme si l’infini me prenait par la main.

 

   - Et tout est d’une grande beauté, et notre esprit est plein de silence, aucun discours, rien, pas de mouvement. Et puis la biche saute et sans va, et nous restons un moment subjugué par cette rencontre. Il y a eu une relation vraiment différente pendant ce temps si particulier.

 

   - Vous étiez vraiment avec elle, vous étiez ensemble.

 

   - Oui mais aussi avec ma compagne, avec les arbres tout autour.

 

   - Voulez-vous que nous regardions cela profondément, ayons une vision profonde de cet événement.

   Devant cet animal, devant sa grâce et sa beauté fragile, l’esprit en a la souffle coupé, c’est tellement intense, que vous regardez vraiment, totalement, avec tous vos sens en aguets. Votre attention est entièrement tournée vers le cervidé, c’est lui qui compte, pas vous et vos réactions, d’accord ? Donc pas de commentaires, ce qui veut dire que la pensée est absente, suspendue. Aucune question ne vient troubler la contemplation, plusieurs réels ou un seul, là n’est pas l’important !

   Ce qui est devant nous, nous ne le nommons pas, car l’esprit est totalement silencieux et immobile. Alors la relation devient différente, nous sommes avec la biche, avec les arbres, avec notre compagne et avec tout l’univers, plus aucune séparation n’existe.

 

   - C’est vrai, en fait il y a une telle unité des choses et de la vie. L’espace et le temps semble être abolis, même si c’est momentané évidemment.

 

   - N’y a-t-il pas un souci là ? Pourquoi cela doit-il finir ? On le vit puis on le perd, sans cesse cela sans va, s’enfuit de notre vie. N’est-ce pas frustrant à la fin ?

 

   - Mais chère amie, tout finit, rien ne dure dans la vie. Le soleil se couche, mais il y a aussi l’aurore, il y a l’hiver et également le printemps. Tout finit, et sans cesse d’autres choses naissent. C’est ainsi, telle est le mouvement de la vie, nous n’y pouvons rien. Même le soleil va mourir un jour, et dans l’univers d’autres soleil naissant sans cesse.

 

   - D’ailleurs, pendant la rencontre avec la biche, on ne se pose pas la question de la fin de la rencontre. C’est après que cela peut se gâter, si on ne prend pas garde on peut cultiver une envie, une nostalgie névrotique de l’événement. Et on va retourner sur les lieux en espérant revoir l’animal. Mais cela ne marche pas évidemment.

 

   - Non car cela est survenu de manière spontané, non prémédité, c’était une rencontre naturelle et pas artificiel, cela n’était pas une création humaine. En voulant reproduire l’événement, on le perd, quelque chose de pure est détruit par cette action.

   Je ne sais pas si vous connaissez cette histoire : Un homme découvre dans une jungle profonde une merveilleuse cascade, l’eau en est cristalline, tellement lumineuse et transparente, jaillissante avec une telle énergie. Alors l’homme se met à vouloir adorer l’eau de cette cascade, il désire l’emporter chez lui pour la voir chaque jour et lui faire des offrandes comme à un dieu ou a une déesse. Pris par son désir, il met l’eau dans un bocal, et repart chez lui tout heureux. Il pose le bocal au dessus de sa cheminée, et chaque jour il l’adore. Mais qu’a-t-il donc fait ? Il y avait une eau fougueuse, pleine d’énergie, remplie de la joie de vivre de la cascade, et maintenant il y a de l’eau croupie dans un bocal, de l’eau devenu morte et stérile. Vouloir retenir la vie, c’est la détruire.

   Les choses finissent, tous finit, mais sans interruption tous naît également. Mort et naissance vont de paire et font le mouvement même de la vie.

   Une rencontre va finir aussi, et si l’esprit est calme, tranquille, il ne cherche pas à retenir, jamais aucune retenue ou tentative de posséder ne naît dans un esprit en paix.

 

   - Pour ma part je n’étais pas triste après cette entrevue, au contraire, c’était comme un privilège d’avoir vécu cela. J’étais heureux de ce contact, de cette rencontre.

 

   - Je voudrais si vous le permettez, explorer un autre aspect de ce genre d’expériences. On parle presque exclusivement d’une relation différente avec le monde extérieur, le contact avec un arbre, un animal, le soleil, un être humain. Mais quand est-il de l’intérieur de l’homme ?

 

   - Excusez-moi, mais je ne saisi pas trop de quoi vous voulez parler.

 

   - On parle pratiquement toujours d’un contact différent avec la vie, avec l’univers, c’est toujours avec l’extérieur, en raison notamment, de notre observation de quelque chose d’extérieur à nous-mêmes.

 

   - Oui cela m’est arrivé parfois avec des arbres également, mais ce n’est pas de cela que vous voulez parler.

 

   - Non, je parle de la dimension intérieure de l’homme, qu’elle est-elle dans cette relation différente au monde ? On a une relation autre au monde, il y a comme une communion, une union avec la vie.

 

   - Oui, on n’est plus séparé de la vie, et même si on regarde bien, de l’univers lui-même.

 

   - Donc extérieurement, l’homme est relié à l’univers, est-ce bien cela ? Je crois que c’est un peu différent et bien plus vaste. L’être humain n’est plus séparé, qu’est-ce ça veut dire ne plus être séparé ? La séparation sous entend qu’il y a eu éloignement (au minimum) de deux choses qui étaient proches, voir qui se touchaient, qui étaient intimes l’une de l’autre. C’est comme une coupure, une rupture, mais dans le ravissement de la contemplation, cette éloignement dû à la pensée, cet éloignement est abolit. L’absence de commentaires annule la séparation et la distance, l’éloignement prend fin. Ne plus être séparé c’est donc être à nouveau avec les choses, être unis au monde. Donc l’homme retrouve l’univers comme sa maison, et physiquement il habite l’univers, et en quelque sorte l’univers l’accueil en lui.

   Extérieurement l’homme vit dans la totalité de l’univers, il est uni à l’univers.

 

   - Et intérieurement, les pensées sont absentes, ce qui veut dire que le mouvement habituel de l’esprit a cessé, mais alors qu’est ce l’esprit de l’homme ? S’il n’y a plus de pensées, c’est quoi l’esprit ? C’est cela que vous questionnez, si je vous comprends bien.

 

   - Voilà nous y arrivons, mais allons doucement, je vous en prie. Les pensées sont absentes, suspendues momentanément. Comme vous le dîtes, alors le mouvement habituel de notre esprit, celui que nous connaissons, ce mouvement cesse. Mais que se passe-t-il alors dans l’homme, quel est l’état de sa psyché, de son esprit ? Le mouvement connu n’est plus là, pourtant devant la biche, nos sens et notre cerveau sont bien vivant et alerte dans l’observation. Nous sommes en train de découvrir qu’il existe un autre mode de fonctionnement de l’esprit, fonctionnement qui n’a rien à voir avec la pensée, et donc qui n’est pas concerné par les inventions de la pensée, les conventions diverses et variées.

   Cet autre mode de fonctionnement de l’esprit n’a donc rien à voir également avec le passé, puisque les pensées parlent du passé et le représentent. On voit bien ici que cet aspect de l’esprit, disons le comme ça pour l’instant, à un caractère bien plus grand que la pensée, bien plus vaste. Le mouvement de la pensée étant limité par les souvenirs et par les expériences, son mouvement est toujours fini et borné.

   Les souvenirs, la mémoire parlent évidemment de la vie de l’homme, elles racontent son histoire. La pensée, le cerveau, les souvenirs, tous parlent de l’être humain. En cela ne parlent-ils pas de la bulle psychologique dans laquelle nous vivons ?

 

   - Cela définit la bulle, car dans cette bulle psychologique, il faut y mettre quelque chose. Il faut la faire vivre, lui donner des caractéristiques, et c’est vrai en fin de compte, lui donner une histoire.

 

   - Oui c’est notre histoire qui est conté par le mouvement habituel de l’esprit. Et cette histoire engendre un sentiment de durée, et ça c’est très important pour le moi. Car une fois qu’il « existe », le moi veux perdurer, vivre et se prolonger dans le temps.

   Mais maintenant ce mouvement n’est plus là, alors on découvre qu’une partie de l’esprit n’est pas du tout concerné par cette histoire. Et voyons quand même que cette histoire c’est aussi notre conditionnement…

   Ce peut-il alors qu’il existe une partie de l’esprit qui ne soit pas conditionné. Qui soit au-delà de l’histoire, des conditionnements et des blessures de la vie, qui soit en quelque sorte libre et incorruptible. Ici voyons bien que la mémoire et la pensée ont leur raison d’être, ce sont des outils magnifiques et d’une telle complexité. Ces outils existent dans l’esprit, ils y ont leurs places évidemment, mais apparemment l’esprit est bien plus vaste. Le limité vit logiquement dans l’illimité, dans l’espace tout peut vivre, mais ce qui vit dans l’espace, n’est pas l’espace lui-même.

   Donc quand la pensée s’absente, c’est l’esprit au-delà de l’homme qui entre en existence. Mais si ne n’est plus l’esprit de l’homme, qu’est-ce alors ?

 

   - J’ai du mal à vous suivre là, si ce n’est plus l’esprit de l’homme, qu’est-ce que c’est ? Mais si on regarde l’extérieur, encore une fois excusez-moi, on voit que l’homme n’est plus séparé de l’univers, en quelque sorte il est l’univers.

 

   - Oui, extérieurement l’homme est l’univers, et intérieurement ?

 

   - L’esprit de l’homme devient l’univers, non ce n’est pas ça, cela ne va pas… Comment voir, sentir ou toucher cet aspect des choses ? Je sens que l’on arrive à quelque chose de très subtile et les mots me manquent…

 

   - Extérieurement l’univers et l’homme ne font qu’un, donc l’homme est l’univers, et intérieurement l’esprit de l’homme n’est plus.

   Alors, excusez-moi pour ce qui va être dit, mais je sens que c’est ainsi : Extérieurement il y a l’univers, et intérieurement ce qui existe, c’est l’esprit de l’univers…

 

   Paul PUJOL

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 10:44

 

 

  En septembre dernier Les Presses du Châtelet on sorti une réédition du livre de dialogue entre Krishnamurti et David Bohm. 

 

   Cette édition bénéficie d'une nouvelle traduction faite par Claire Dufour, augmentée de deux textes et d'un DVD. 

 

Actualité J. Krishnamurti: Nouvelle édition du livre " Le temps aboli".

  Voici la description de l'éditeur:

 

Le temps aboli

Où science et philosophie se rencontrent

Traduction : Claire Dufour
Un dialogue essentiel

 

Ces entretiens entre Jiddu Krishnamurti et le physicien David Bohm auteur de La Théorie des quanta, deux hommes aux parcours philosophiques et scientifiques très différents, ont pour point de départ la question suivante : "L'humanité fait-elle fausse route, ce qui entraîne division, conflit et destruction perpétuels ?". Leurs propos éclairent la nature fondamentale de l'existence, explorant les concepts de perception, d'illusion, d'éveil, de transcendance, de renouveau, de spiritualité… Au fil du cheminement de leur pensée, Krishnamurti et Bohm sondent la relation de la personne avec la société qui l'entoure, et offrent une nouvelle approche de l'être humain : la réalisation de sa personne, son éveil, sa mort et le problème d'un esprit fragmenté.
Le Temps aboli est aussi l'occasion d'analyser le mauvais chemin emprunté par l'humanité… Mais tout n'est pas perdu : l'homme doit apprendre à élargir son horizon, en partant de ses intérêts particuliers pour accéder au bien global, en retrouvant les racines de la compassion, de l'amour et de l'intelligence.
Cette nouvelle traduction augmentée qui permet d'appréhender de nouveaux aspects de la pensée de Krishnamurti, inclut un DVD de 55'. Krishnamurti et Bohm y dialoguent sur "la fin du savoir psychologique".

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Paul Pujol - dans Articles J.Krishnamurti
30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 16:59


 

 

 

    La vérité n'est pas une chose que l'on puisse apprendre, avec méthode ou assiduité ; on ne peut utiliser de système pour y parvenir. Car un système se réfère à des données établies, à des données fixes. Donc l'instruction de la vérité consiste à se faire correspondre progressivement à ces points de base. Lorsque l'homme entre dans un système, son apprentissage consiste à avoir des expériences qui correspondent à certaines références. L'homme expérimente par le concret des états, lesquels sont prévus par des définitions bien précises.

 

    Voyons que la pensée, dans un système donné, se sent en sécurité, car dans un système préétabli l'homme part d'un connu théorique, et expérimente par la suite le concret de ce connu. Des faits qui correspondent à ce qui doit être. Voyons que la pensée prend les points de base, les capte et se persuade qu'elle doit expérimenter de tels états pour parvenir à la vérité. La pensée façonne une idée de la vérité, et forme le chemin qui y mène. La pensée prépare tout le processus, et dans ce processus se trouve la réalisation de la "dite vérité". Donc l'homme va dans une direction, fait les choses prescrites, et expérimente la vérité ; observons bien que dans ce circuit il n'y a aucune découverte, tout y est préparé, aplani pour que la pensée, une fois sécurisée, puisse créer son propre enchantement. Tout ceci renforce la pensée, car à présent elle s'affirme libre de toute entrave. Voyons profondément que tout système évolue à l'intérieur de lui-même et qu'il n'a pas de contact avec ce qui lui est extérieur. Dans un système, la liberté est détruite, et la pensée étant sans cesse ambitieuse, s'y sent à l'aise. Ce système crée alors la prétention, qui n'est qu'un renforcement de la peur des autres et du monde. Tout système a pour but de se valider soi-même, et non de découvrir quelque chose. Tout système est à l'opposé de la découverte.

 

    Donc la vérité ne peut être atteinte par la petitesse des systèmes de pensée, qu’ils soient religieux, philosophiques ou même politiques. La vérité ne peut s'apprendre, mais on la découvre d'un seul coup, sans une seule raison. La vérité ne parvient à l'homme que lorsque celui-ci s'est délesté de toutes ses contradictions, de tous ses mensonges, de toutes ses illusions engendrés par la pensée. Et la plus grande des illusions est de croire qu’il y a un chemin qui mène à la vérité. Il n'y a pas de chemin qui aille vers la vérité. Le seul sentier est celui des peines et des douleurs quotidiennes, et il ne mène nulle part. Ce sentier rempli de misère doit être compris profondément ; on doit voir toute la folie créée par l’homme ; on doit regarder en face le monde et son abomination. Tel est le sentier.   

    Et lorsqu'on perçoit l'état du monde et la laideur qui y siège, on prend conscience de son rôle dans cet état des choses. Alors l'homme rejette toute cette laideur et toute cette folie, d'une manière totalement libre.

    Alors, et alors seulement le mensonge n'est plus, et c'est la vérité qui est.
 

  

  Paul Pujol, Senteur d'éternité.

  Editions Relations et Connaissance de soi

  "La vérité ne peut-être apprise", pages  59 à 60.    

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Paul Pujol - dans textes paul pujol