8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 11:46
L'esprit religieux.

  

 

 Il s’agit d’avoir un esprit profondément religieux, c'est-à-dire profondément libre.

   A l’origine de bien des religions se trouvait ce souffle de liberté, mais les hommes, avec le temps, ont crée des systèmes, des organisations qui on détruit cette liberté. Ces structures sont devenues des groupes qui recherchent le pouvoir, et qui dans les fait, veulent dominer les hommes, les modeler et les diriger. Les religions organisées embrigadent les personnes, les conditionnent, elles dictent aux hommes ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire.

   L’humanité a subi depuis bien longtemps un véritable lavage de cerveau, et nous croyons sincèrement que les religions sont indispensables, qu’un homme qui se dit religieux ne peut qu’appartenir à telle ou telle religion. 

  

  Mais l'existence des différentes traditions religieuses crée aujourd'hui une grande fracture dans l’humanité, une grande tension et de multiples violences partout dans le monde. De plus, elles sont basées sur des textes très anciens et viennent d’époques très différentes de la vie contemporaine. Elles sont donc inadaptées, et en décalage complet avec notre temps. De tout cela naît la division entre les hommes, l’animosité, la méfiance et bien souvent la haine de l’autre. Comment un être religieux peut-il haïr un autre être humain ? Est-ce encore de la religion, vraiment ?

 

   Il s’agit de faire naître un véritable esprit religieux, non soumis à aucune religion, si belle soit-elle. Mais il faut avoir une grande rigueur et une discipline personnelle stricte, pour ne pas tomber dans la création d’une nouvelle chimère religieuse. Il faut veiller à ne pas créer un nouveau groupe et ne pas formuler de nouveaux dogmes, et ainsi ne pas recommencer tout le délire de la religion organisée.

  

   Un esprit religieux explore et découvre les mécanismes de la pensée et de la mémoire, l’esprit s’observe lui-même en profondeur, et il observe le monde de la même manière.

   Un tel homme explore ce qu’est le conditionnement, la liberté et la vérité, mais jamais il ne fige ce voyage, jamais il ne s’arrête à des conclusions ou à des idées. Il reste libre, en mouvement, et dans les faits il engendre un tout nouveau mouvement dans le monde, une véritable culture de l’esprit, profonde et vaste.

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 16:32

 

 


  Nous tenons à préciser tout de suite que c'est bien l'origine étymologique de ce mot qui nous importe, et non la croyance religieuse.
  Nous tenons a rappeler que les croyances sont des créations de l'esprit; donc nous ne croyons évidemment pas au diable, au bon dieu , ni à tous les saints ou aux différentes divinités inventées par l'homme...


  Diable: n.m. du latin chrétien diabolus " diable",  pris au grec diabolos de même sens , adjectif signifiant en grec classique "qui désunit, qui sème la haine".
 


  Il est à noter que c'est bien la désunion qui est mise en avant, et nous voyons que l'humanité est divisé par les nationalités, les religions, la politique et toutes les différentes chapelles de pensées ou de spécialistes.
  La désunion c'est évidemment la séparation, avec la création de camps, de parties. Une fois ces parties établies, elles s'observent, se comparent, se distinguent et se renforcent; en fait elles se différencient.
Une fois cette différence établie, cette définition de soi, on regarde l'autre comme un étranger, comme un barbare.
Et nous voyons malheureusement que ce qui suit la désunion, c'est inévitablement l'apparition de la méfiance, de la défiance, et au final, c'est la peur et la haine de celui qui est différent, le rejet de l'autre.

  La désunion, c'est la semence de la haine, et immanquablement cela conduit à la violence et à la barbarie. 

 

  Nous en avons malheureusement la confirmation par l'actualité sordide qui monte en Europe à propos des migrants...

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Paul Pujol - dans Ethymologie
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 09:23

 

lac et montagne

 

       

Trévoux le 18 mai 2013

 

 

    Nous passions la journée avec une amie proche, après avoir pris le déjeuner ensemble, nous proposâmes de visiter une abbaye voisine que nous ne connaissions pas. Notre amie, habitant dans la région, connaissait déjà ce lieu, mais elle accepta volontiers de nous servir de guide dans cette découverte.    

    Le temps était très couvert et le ciel gris sombre, le soleil était bien caché derrière cette masse de nuages compacte et obscure. Quelques heures auparavant il avait plu et toute la nature, les arbres, les buissons, les chemins et les routes étaient détrempés et luisaient dans la lumière ambiante. Après quelques kilomètres, nous traversâmes un village et dans cette atmosphère un peu lugubre due à la météo, nous arrivâmes sur le parking de cette abbaye. Le site comprenait une église où se déroulaient régulièrement des messes, juste à côté il y avait un cloître et d'autres bâtiments, dont un très imposant et très haut. On apprit qu'à part l'église, toutes les autres bâtisses étaient dédiées à des activités artistiques tournant autour de la musique. Chaque année il y avait un festival de musique classique, elle était alors mise à contribution et de nombreux concerts étaient donnés dans ses murs.

 

    Nous pénétrâmes dans l'édifice, nous constations que les murs étaient assez tristes, il n'y avait point ici la beauté que l'on trouve souvent dans les endroits "religieux". Le lieu était assez quelconque et même insipide, en fait c'était surprenant, car presque toujours les édifices forgés par la foi des hommes avaient une atmosphère particulière, faite de silence et d'un certain recueillement. Mais là, il n'y avait rien de tout cela, même l'architecture du lieu était très banale, si l'esprit avait été un jour dans ces lieux aujourd'hui il s'était enfui.    

    Nous sortions à présent et par un couloir extérieur, nous arrivions dans le cloître attenant, on voyait posé au sol contre les murs, du matériel de chantier de bâtiment. Notre cœur se serrait un peu, il y avait trop de présence d'activité humaine dans ces lieux, il était inconvenant et gênant, presque irrespectueux de laisser trainer par terre ce matériel. Le lieu était trop investi par les hommes et leurs occupations, sentir le sacré ici devenait presque impossible. On regardait les découpes des fenêtres en ogive, toujours très belles, celles-ci originales avaient plusieurs formes entremêlées en haut des structures. Au centre de ce cloître, il n'y avait pas de jardin, la nature avait rendu l'âme elle aussi. Nous visitions les différents endroits sans trop parler avec notre amie. On regardait surtout et on essayait de sentir les choses.

 

    Le ciel s'était un peu éclairci maintenant, et quelques faibles rayons de soleil réchauffaient doucement l'air ambiant. On vit un escalier qui permettait de monter d'un étage dans le cloître, toujours assez silencieux, nous montâmes alors tous les deux ces marches blanches un peu sales. En haut on arrivait à un déambulatoire qui reproduisait la configuration de la cour de cloître, avec toutefois des colonnes très simples. La lumière et la clarté était plus présentes, et là, soudainement le silence se présenta de manière tellement forte, tellement intense... A voix haute on se demandait pourquoi le silence était présent à certains endroits et pas à d'autres, mais les paroles s'arrêtèrent et moururent d'elles même, car il était devenu sacrilège de parler devant cette immensité. Notre amie ressentit vivement ce qui se passait, nous étions totalement transfigurés, nous ne pouvions plus sourire, ni rire, ni avoir aucune expression sur le visage. Ce sentiment d'être en présence d'un silence infini était indescriptible, on était le silence, et la terre entière avait cessé tous ses bruits, le monde entier était devenu entièrement silencieux, comme en attente de quelque chose. Comme si la vie même allait mettre au monde un jour nouveau et sacré, en fait si on était très attentif on sentait que le sacré était descendu sur la terre. On marchait totalement immobile intérieurement, sans pensées, sans aucun mot, on faisait lentement le tour de ces murs, de cette ouverture sur la lumière. Juste en face de nous un petit oiseau, un rouge queue, chanta sa joie à la vie. Son chant était si discret, de toutes petites vrilles sortaient de son corps, et pourtant en l'entendant on entendait le chant de la terre, l'appel de la vie et la voix de l'univers entier. Vous étiez cet oiseau, car vous n'existiez plus à présent. La pluie avait laissé des perles de lumière qui brillaient, elles étaient accrochées au bout des plantes grasses qui sortaient des tuiles du toit. Partout la beauté nous entourait, le monde était devenu totalement différent, l'esprit était présent.

 

    Puis nous sortîmes et commençâmes à redescendre les escaliers, notre amie assez troublée s'assit un petit moment en bas. Nous ne parlâmes pas de ce qui venait de se passer, car cela aurait détruit le mystère de ce contact. Nous sortîmes à présent du bâtiment, et l'air frais de l'extérieur nous fit grand bien. Nous marchâmes tranquillement dehors, on se détendait en ramassant quelques fraises sauvages dans le parc.    

    C'était une journée magnifique, radieuse, avec un beau ciel gris, la pluie nous donne la vie et l'on méprise trop souvent les nuages obscurs qui nous la délivrent...

 

 

 

    Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 13:59

 

 

 

  Qu'est-ce que le temps psychologique?

 

   Quelle est la différence avec le temps extérieur?

 

   L’esprit crée une dimension imaginaire dans laquelle l’homme va réaliser des ambitions d’ordre mental, devenir PDG d’une entreprise et devenir alors un être important et heureux… Mais si l’objectif n’est pas atteint on reste triste et découragé, on se sent dévalorisé ; et si l’objectif est atteint, on se rend compte que l’on peut perdre ce bel emploi, l'entreprise peut faite faillite, alors la peur entre en œuvre dans le cœur de l'homme…

 

   La réussite est la compagne de l’échec, ils se tiennent par la main tous les deux, l’un ne va pas sans l’autre. Le temps psychologique est-il un facteur de souffrance, de peine?

 

   Assurément, alors la question qui vient est celle-ci : L’esprit peut-il être libre de cette dimension psychologique, peut-il être libre du temps intérieur?

 

   Qu’est-ce qu’un esprit libre du temps, n’est-ce pas un esprit qui a fini la peur? Alors cet esprit va au-delà de la pensée, au-delà de la mémoire, il découvre ce qu’est véritablement la méditation. Méditation qui n’est absolument pas un exercice ou une technique apprise (choses purement mécaniques), mais méditation qui est un mouvement intemporel qui n’a ni commencement, ni fin.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 09:34
 
 Voiçi deux nouveaux livres de J.Krishnamurti parues en octobre 2016, et en mai 2017.
 
   
   Publié en octobre 2016 aux Editions Shychronique :
  
   "Découvrir l'illimité."
 
 

   

    Présentation de l'éditeur:  

   

   Découvrir l´illimité propose une série de six entretiens, inédits en français, donnés par J. Krishnamurti en 1956.

   

    Ces entretiens sont basés, comme l´ensemble du travail du grand philosophe, sur le besoin d´un changement radical de perspective dans la compréhension de notre propre esprit. Ils s´ouvrent avec la question « Pouvons-nous, vous et moi découvrir quelque chose qui soit illimité ?»

   

    Avec le terme « illimité », Krishnamurti nous incite à explorer « ce qui est au-delà des croyances et des théories, au-delà des espérances sentimentales et des assertions  intellectuelles, simples projections de l´esprit », qui conditionnent nos existences. Au lieu d´être séduits par de telles illusions, ils nous convie avec ferveur à agir passionnément et à faire directement l´expérience de la vie.

   

    Les questions, les problématiques et les réponses abordées dans ces entretiens sont aussi pertinentes aujourd´hui qu´elles l´étaient il y a 60 ans.



Reliure : Broché
Pages : 120
Format : 20,5 x 14 cm
ISBN : 978-2-917738-30-6

Paru en octobre 2016

 

Voir le lien vers Synchroniques Editions.

 

 

 

   Voici un autre livre récemment publié, en mai 2017 aux Editions Les Presses du Châtelet:

 

 

  "La beauté de l'amour".

 

    Présentation de l'éditeur:

 

   Durant ces enseignements, donnés à Paris et à Saanen (Suisse) en 1967, Krishnamurti aborde la question de la communication. Il y a une façon d’écouter. De même qu’il y a une façon d’aimer.
 

    « Communiquer veut dire que non seulement les mots utilisés soient compris, mais aussi que l’orateur et l’auditeur soient capables de se rejoindre avec la même intensité, au même niveau et au même moment. Cela, c’est la communication, la communion. »


    Si l’auditeur pense à autre chose, s’il prépare la question à poser à son tour, s’il poursuit son propre entretien interne fait d’arrière-pensées, elles-mêmes fruit de son éducation, de ses conditionnements divers et variés, alors il y a peu de chances qu’une communication réelle puisse, selon Krishnamurti, s’établir.


    Dans cette insistance à réveiller chez son auditeur l’écoute véritable, entière, intense, tout l’enseignement de Krishnamurti n’est-il pas contenu en germe ? Et quand il privilégie la communion, n’est-ce pas déjà d’amour dont il parle ?

 

258 Pages
ISBN: 9782845927100
Paru en mai 2017
 
 
 
 
 

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Paul Pujol - dans Articles J.Krishnamurti