25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 16:10

 

   En ces temps de confinement chez soi, il peut-être utile de se retrouver et de retrouver l'univers...

 

   A ce titre, voici la strophe XLVII du Tao-tö King:

 

 

 

Sans franchir sa porte
on connaît l'univers.
Sans regarder par sa fenêtre
on aperçoit la voie du ciel.

 

Plus on va loin,
moins on connaît.

 

Le saint connaît sans voyager,
comprend sans regarder;
accomplit sans agir.

 

 

 

Lao-tseu, Tao-tö King.

Traduit du chinois par Liou Kia-Hway.

Gallimard, folio, page 69.

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Paul Pujol - dans Religion - textes premiers
1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 09:10

 

 Début novembre 2019  est paru à Synchroniques Editions, un nouveau livre de J. Krishnamurti, "Dépasser la violence" (la couverture du livre est, comment dire...,surprenante).

 

 

   Voici la présentation de l'éditeur:

 

   La violence "est comme une pierre jetée dans un lac : les vagues se propagent en cercles concentriques ; au centre desquels se trouve le "moi". Tant que le "moi" survit sous quelque forme que ce soit, grossière ou très subtile, il ne peut y avoir que violence", nous dit Krishnamurti. Dans les entretiens réunis dans cet ouvrage, le philosophe nous invite à remonter aux racines de la violence individuelle et collective pour s’en affranchir. Outre le problème de la violence, le philosophe y aborde également la question de la liberté et de la spiritualité authentique.

 

Le DVD sous-titré en français retranscrit une causerie enregistrée en 1980 à Ojai en Californie.

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Paul Pujol - dans Articles J.Krishnamurti
27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 09:34

   

    La vérité ne peut être lénifiante, faisant dormir

tranquillement l'esprit des hommes.

    La vérité c'est un coup de tonnerre dans la monotonie

atone des hommes, elle brise le confort

et l'habitude de penser.

    Aussi elle ne peut accepter aucun comportement obséquieux,

actions basses et obscènes des divers disciples serviles.

    La vérité brise les conventions et l'enlaidissement des cœurs.

- En voyant ce qui est, elle met fin à ce qui est.

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Paul Pujol
1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 14:33

 

 

   Je voudrais vous recommander deux ouvrages et une revue concernant le Bouddhisme des origines, basés sur les textes les plus anciens et probablement assez proches des intentions du Bouddha lui-même.

    Avant toute chose, il est certain que le but premier n’était pas du tout de créer une religion, avec ses rites, sa hiérarchie, ses divinités et toutes les autres fadaises des religions organisées. Pas question non plus de sans remettre à un maître, «Soyez votre propre flambeau, votre propre refuge» (à ce sujet voir sur notre site le texte du"kamala sutra".)

 

    A l’origine, le Bouddha à enseigné « une voie », celle de la souffrance et de la fin de la souffrance. Celle-ci est due à l’ignorance et à l’avidité de l’esprit, c’est cette « soif » qui engendre des confections mentales. La souffrance vient du fait que l’homme confond ses confections mentales (idées, croyances, théories) avec le réel, avec le monde tel qu’il est.

  La fin de la souffrance est basée sur la compréhension et sur l’investigation personnelle, dans cette enquête l’esprit « voit » qu’il est créateur et acteur des confections mentales. Il perçoit aussi que la croyance en l’atman, dans le soi ou dans l’âme est aussi une production du mental. Rien n’est réel dans tout cela.

    Alors cette vison « est » la fin de la soif, de l’ignorance ; l’illumination est là, c’est la fin de la souffrance, de cela naît le « nirvana », le « non-né ».

   

 

 

    Donc voici tout d'abord deux livres sur le Bouddhisme des origines, un écrit par Walpola Rahula, et le second écrit par Alexandra David-Neel.

 

 

 

 

 

 

L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens.

 

   Voici donc le premier livre écrit par Walpola Rhula, moine bouddhiste de Ceylan. Celui-ci nous éclair sur la simplicité des premier temps du Bouddhisme et sur la personne du Bouddha, moine mendiant itinérant.

   On y découvre que l’homme seul peut se libérer, atteindre l’illumination. Il ne faut dépendre de personne, « on est son propre refuge, qui d’autre pourrait être le refuge ? »

   On voit aussi que le Bouddha disait qu’il n’y avait pas de doctrine ésotérique dans son enseignement, « qui rien n’était caché dans le poing de l’instructeur », donc rien en réserve pour certains adeptes.

   La méditation est définie comme une culture mentale, où on examine, on test et on entraîne son esprit. Point de croyances dans ce Bouddhisme des premier temps, il faut tout examiner par sa propre vision, sa propre étude intérieure.

   Même à propos de son enseignement, le bouddha exhorter les disciples à le remettre en cause, à le questionner.

 

Présentation de l’éditeur.

 

  "Le révérend Rahula a reçu selon toutes les règles la formation traditionnelle d'un moine bouddhiste à Ceylan et revêtu d'éminentes fonctions dans un des principaux instituts conventuels (Pirivena) de cette île où la Bonne Loi fleurit depuis le temps d'Asoka et a conservé jusqu'à nos jours toute sa vitalité. [...] Le livre qu'il a bien voulu me demander de présenter au public occidental est un exposé, lumineux et accessible à tous, des principes fondamentaux de la doctrine bouddhique, tels qu'on les trouve dans les textes les plus anciens, ceux qu'on appelle en sanscrit "la Tradition" (Agama) et en pali "le Corpus canonique" (Nikdya), et auxquels le révérend Rahula, qui en possède une connaissance incomparable, se réfère constamment et à peu près exclusivement. " Paul Demiéville.

 

L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens.

Walpola RAHULA.

Editions du Seuil, collection Point Sagesse.

 

 

 

 

 

 

Le bouddhisme du Bouddha.

 

 Un autre livre sur la Bouddhisme premier, écrit par Alexandra David-Neel intitulé « Le bouddhisme du Bouddha », très belle étude riche et profonde sur l’origine de Bouddha et sur son message.

  Nous retrouvons des thèmes présentés dans le livre de Walpola, mais présentés ici par une occidentale férue de culture bouddhiste.

   Un complément d’approche qui apporte parfois un éclairage différent sur des thèmes identiques. Il est bon de ne pas avoir qu’un seul point de vue.

 

 

Présentation de l’éditeur.

 

   Né prince, fils d’un souverain de la puissante tribu des Sakya, au VIe siècle avant Jésus-Christ, il vécut dans le luxe et l’opulence avant de tout quitter pour partir sur les routes, seul, à la recherche de la sagesse. Il avait vingt-neuf ans, il s’appelait Siddharta Gautama, il allait devenir le Bouddha.

   Alexandra David-Néel a été l’une des premières Occidentales à pénétrer au Tibet et à comprendre la spiritualité orientale. Nul mieux qu’elle ne pouvait écrire cette présentation du « bouddhisme du Bouddha » en étant totalement fidèle au message et parfaitement accessible aux lecteurs occidentaux.

 

Le bouddhisme du Bouddha.

Alexandra DAVID-NEEL.

Editions du Rocher, collection Pocket.

 

 

 

 

 

Religions et Histoire, N° 8 : Le bouddhisme ancien.

 

Un autre document concernant les premiers temps du Bouddhisme, la Revue Religions et Histoire. Le numéro 8 de mai-juin 2006 avait été consacré au Bouddhisme ancien.

 Très beau travail avant tout basé sur des faits et des traces historiques, il ne s’agit pas ici de décrire la « foi » des religions, mais de voir le point de vue au travers de l’histoire.

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

 

   À la fois philosophie et religion, le bouddhisme prend naissance vers le milieu du premier millénaire avant notre ère, au nord-est du sous-continent indien. Dans tout le pays, les débats philosophiques, les spéculations sur l'Absolu aussi bien que sur le sacrifice octroyé aux dieux sont anciens et vifs, en particulier dans les cours princières. C'est précisément chez un roitelet, dans le clan des Shâkya, à la frontière indo-népalaise, que naît Siddhârtha Gautama, qui allait devenir le Bouddha. Tôt, il s'est "éveillé" - tel est le sens de Buddha en sanskrit et dans les langues de l'Inde - aux vérités fondamentales de la condition humaine : c'est à son observation et sa réflexion personnelles qu'il doit de les avoir découvertes. Elles portent sur la douleur, l'origine de la douleur, la cessation de la douleur, le chemin qui mène à l'arrêt de la douleur.

   Il l'enseigne d'abord à une poignée d'anciens condisciples, réunis au Parc des Gazelles, près de Bénarès, impulsant ainsi la "Roue de la Loi". Son enseignement va bientôt conquérir l'Inde, puis l'Asie, pour susciter aujourd'hui un intérêt universel. C'est le début de cette aventure grandiose que le lecteur trouvera esquissé dans ces pages.

 

   Auteur : Caillat Colette - Balbir Nalini - Bautze-Picron Claudine - Gethin Rupert - von Hinüber Oskar - Masset Danièle - Osier Jean-Pierre - Pinault Georges-Jean - Skilling Peter

 

Magazine : Religions & Histoire n° 8 Page : 12-75 (mai-juin 2006).

 

 

 

 

  Suite à ces lectures vous découvrirez donc que le Bouddhisme à l’origine était évidemment très différent de ce qui existe aujourd’hui. Les changements sont inévitables, certes, mais certains sont plus ou mois heureux, et certaines évolutions laissent vraiment songeur. Toutes ces divinités, tous ces maîtres, on découvre par exemple, que l’on ne parlait pas de mantras en ces temps là. (L’introduction des mantras est due à une influence du Tantrisme Shivaïque d’Inde du nord). De nombreuses descriptions de méditations sont faites dans ce deux ouvrages, il n’est jamais question de maîtres, de divinités ou de croyances, ce sont en quelques sortent « des exercices laïque » d’observation de l’esprit.

    Comme nous l’avons vu dans notre présentation, il n’y a pas d’ésotérisme non plus, rien de cacher ou de secret. On ne parle pas de maîtres, de guides, car « il faut être son propre flambeau, sa propre lumière ». Autre information complémentaire, au tout début le Bouddhisme était aniconique, c’est à dire sans « icônes », sans images.

    Peut-on dire qu’il y avait un système figé, rigide, en parcourant les deux livres vous découvrirez qu’il y avait surtout une richesse d’arguments, une grande diversité, parfois même certaines contradictions ; mais surtout il y a débats, discussions, recherches, et pas acceptation ni soumission à une autorité.

 

    En est-il ainsi aujourd’hui ? Il me semble que l’on confond bien souvent respect et soumission, étude et embrigadement…

    Mais tout dépend non pas de la religion, mais des personnes, des individus. Au final ce n’est pas l’organisation, la religion établie qui compte, mais c’est l’être humain qui importe, sa propre recherche.

    C’est aussi la relation qu’il noue avec les autres, s’il est dans une démarche honnête, intègre, il aura des rapports sain avec les autres, non pas basé sur l’autorité, mais basé sur la recherche de ce qui est juste et vrai. Il faut voir les choses telles qu’elles sont, par soi-même, et ne pas accepter ce que les autres nous disent, fut-ce même le Bouddha.

    Si cela n’est pas une école de liberté et d’intelligence vraie, cela n’a plus aucun sens, et cela ne sert qu’à conditionner et asservir les gens.

 

    Tel n’était certainement pas le message du Bouddha, « seul l’homme est capable de rompre la chaîne du temps et de la souffrance », et il doit le faire seul par sa propre intelligence, par sa propre vision, il doit explorer par lui-même. L’être humain peut sortir de son état conditionné, acquérir la liberté et découvrir la paix intérieure. Mais toujours il doit faire attention à la création de confections mentales (d’idées), il peut se croire être libre et éveillé et ne pas l’être du tout…

  L’observation de l’esprit pour déjouer les créations mentales reste la discipline de toute une vie.

 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 09:34
Canulars, vrais faux gourous, et adhésions naïves nombreuses

     Dans le domaine du " religieux " ou de ce qu'on appelle " la spiritualité ", l'être humain est totalement puéril et immature; il demande simplement à être pris en charge par un système,par des gourous, afin d'oublier sa vie pleine de misère et de souffrance.
 Mais bien évidemment une telle démarche ne résout rien, et l'enfermement dans ces organisations en fait renforce la souffrance, et ne fait que souligner la peur de l'homme.

  Vous trouverez ci-dessous deux extraits d'un article paru dans un excellent dossier réalisé par la Canard enchaîné en juillet 1990, " Le grand bazar du bizarre".



    Sa Sainteté Keiko et le Rêve Sacré.



      Un beau jour de l'été 1986, des journalistes du quotidien suisse " 24 h ", un peu désoeuvrés en cette période où l'actualité somnole, eu­rent l'idée d'inventer un gourou de toutes pièces. Une jeune mère de famille Japo­naise fit l'affaire. Vêtue d'un kimono constellé d'étoiles, elle fit son apparition dans un parc de Lausanne, entourée de quelques disciples-rabatteurs-journa­listes.

      Et voilà Sa Sainteté Keiko se mettant à tenir aux badauds un long discours sur sa Philosophie du Rêve Sacré, discours que traduit pieusement un de ses disciples. Une couverture est étendue à même le sol. Le gourou Keiko invite les auditeurs à s'y allonger, deux par deux, en se te­nant sagement la main : ils vont faire ainsi, leur promet-elle, l'Expérience du Rêve Sacré. Et ce Rêve, ils vont se le transmettre mutuellement par la pensée !

      Une fois le premier curieux alpagué et dûment étendu, les volontaires se bouscu­lent. Des passants qui ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam s'allongent côte à côte, ravis, tandis que Sa Sainteté ef­fectue au-dessus d'eux quelques passes magiques,

      Résultat ? Un homme se relève, ému : «  J'ai fait un rêve très curieux... »  Un autre déclare  «  avoir ressenti un effet bi­zarre et apaisant jamais vécu jusqu'ici » . La plupart des patients, interviewés par les journalistes de « 24 h », affirment «  avoir ressenti quelque chose ». L'un d'eux, enthousiaste, tente même de les convaincre : « Vous avez l'air sceptiques ! Allez-y, essayez ! Moi je l'ai fait il y a une demi-heure et je le sens encore. Je suis bien, relax, c'est extra ! »

      Épuisée après quelques heures de Rêve Sacré, Sa Sainteté Keiko fait signe à l'un de ses disciples.
« Mesdames et messieurs, lance-t-il, notre gourou est très fatiguée, car elle dépense beaucoup d'énergie. Elle va devoir se retirer. »

      Tollé général : " Encore moi ! ", insis­tent les badauds.

       Il fallut leur accorder une prolonga­tion...


          Une nouvelle religion: L'Apiakeltisme. 

 

      Dans le genre, on doit l'impos­ture la plus aboutie à des étudiants Da­nois qui menaient une recherche sur les religions. Cela se passe au début des an­nées 80, à Risskov. Les étudiants inven­tent une nouvelle religion, l'« apiakel­tisme ». Ils concoctent des slogans bien creux :

      « L'apiakeltisme contre l'égoïsme ! », « L'apiakeltisme crée le bon­heur ! »  Trouvaille de génie, ils y ajoutent une pseudo-découverte scientifique : le « taupsi », région du cerveau qui serait le siège de l'amour.

      Et en avant !

      Ils se mettent à arpenter les rues de Risskov en beuglant leurs slogans et en distribuant des tracts. Le soir même, à la conférence d'initiation, il y a foule. Sans se faire prier, les curieux acceptent de s'asseoir en demi-cercle devant des bou­gies, de l'encens et des rubans en papier alu.  
      Ils chantent, se plient aux exercices de méditation et écoutent religieusement l'enseignement du vénérable Lillith H. Atkinson, le fictif fondateur de l'apia­keltisme. On les initie aux symboles, à la liturgie, aux hymnes, à la hiérarchie (pro­phète, prêtre, pratiquant, élève) de cette nouvelle religion bidon. Ils se montrent très intéressés. Mieux : en ouailles appli­quées, beaucoup d'entre eux se portent volontaires pour tester le potentiel de leur « taupsi » sur un ordinateur maison (éhontément copié sur le fameux électro­mètre utilisé par les scientologues).

      A l'issue de la cérémonie, les étudiants dévoilèrent la supercherie. Un moment difficile: furieux (d'avoir été trahis), hon­teux (de s'être laissé avoir), les partici­pants se montrèrent aussi déçus...    
      C'était tellement chouette!

  Référence: Les dossiers de Canard N° 36 juillet 1990; " Le grand bazar du bizarre".
  Gourous de secours page 85.


 
       L'homme est un animal crédule, n'est-ce pas? Je vous invite à réfléchir sur ces deux exemples, mais je pense que nous pourrions en trouver des milliers à travers la planète.
  Notre recherche de Vérité est-elle réelle? Ou bien cherchons-nous juste le merveilleux, l'extraordinaire... 

        A chacun de s'interroger sur ses propres motivations.

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Paul Pujol - dans Reportages-Témoignages