15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 08:42

 

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  L'ésotérisme et l'occultisme ne mènent pas l'homme vers la liberté.

 

   Dans ces domaines obscurs, car ils sont obscurs, règnent des notions tournant toujours autour du pouvoir. On vous parle de danger, de protection, d'énergie et d'initiation, et naturellement il y a les maîtres, sans lesquels vous ne pouvez rien faire.

   Ils disent avoir le pouvoir de vous protéger, mais leur protection n'existe que si vous adhérez à leur foi, avec eux vous êtes à l'abri, sans eux vous êtes perdu. Donc tout ceux qui ne pensent pas comme eux sont en danger, leur aide est-elle vraie et surtout pourquoi n'est-elle pas naturelle, spontanée, sans conditions ? Un médecin, ou un pompier ne vous demande pas quelles sont vos croyances et vos idées, il intervient, soigne le malade ou éteint l'incendie sans autre condition préalable que de sauver celui qui est en danger.

 

   On vous parle de degré avec de multiples initiations, et il y a toujours quelqu'un au-dessus de vous, toujours ces hiérarchies. Et évidemment dés que vous progressez un peu, il y a alors quelqu'un au-dessous de vous, c'est assez gratifiant et cela aide à supporter ceux du dessus. Bref il y a toujours soumission et obéissance, avec le doute éradiqué et banni.

 

    Toute relation de domination et de dépendance entraîne l'homme dans une prison et ne lui font pas découvrir la vérité. L'ésotérisme et l'occultisme naviguent dans les eaux noires du pouvoir, et cette fascination pour le pouvoir ne libère pas l'homme, elle nourrit le moi, l'ego, et l'homme se perd alors dans l'enchantement de son propre esprit.

   La recherche de pouvoir, et les relations basées sur le pouvoir perdent l'homme et nuisent à la recherche de la vérité. On ne parle pas du tout, ou très rarement de la Vérité, pour tous ces gens cela semble être devenu un concept démodé, faux.

   Évidement, car la vérité démonterait peut-être tout leur stratagème en un seul regard, un regard clair et finit l'illusion des croyances et des superstitions.

 

   C'est la vérité qui libère l'homme, tout le reste n'est qu'amusement de l'esprit.

 

 

   Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 08:32

 

Brume sur la Saône

 

 

    Un jour après avoir discuté longtemps avec un ami, celui-ci nous posa une question en forme de reproche, question que nous trouvions très étonnante : "Pourquoi ne parlez-vous jamais de votre éveil ? Cela pourrait intéresser de nombreuses personnes, je ne comprends pas votre discrétion que je trouve d'ailleurs excessive."

    Tout d'abord comment savoir qui est éveillé ? Et pourquoi parler de l'éveil, qu'est-ce que les personnes attendent d'une telle description, veulent-elles un stimulant ? Désirent-elles partager un peu de "cela" à travers le témoignage de quelqu'un ? Découvre-t-on quelque chose par une description, vraiment ? Ou bien ressentons-nous du plaisir, frissonnons-nous devant ces témoignages exaltants ?

 

    Il me semble que c'est bien cela en fait, l'être humain ressent du plaisir en entendant ces témoignages. Ayant ressenti un grand plaisir dans ses lectures ou ses enregistrements, il germe dans l'esprit le désir de renouveler, de revivre et de prolonger ce plaisir. Donc on veut toujours plus de descriptions, toujours plus d'histoires si possibles fantastiques. Bref on devient dépendant de ce stimulant, comme d'autres ont un verre de Whisky pour se sentir bien.

    Pourquoi trouve-t-on la description si importante ? N'est-ce pas parce que nous ne connaissons rien de cet état ? Naturellement, nous n'avons pas vécu "cela", alors nous y pensons sans cesse, cela devient même assez lancinant d'essayer de concevoir, de réfléchir sur une chose qui n''est pas là, qui n'existe pas pour nous. C'est même totalement étrange comme attitude, passer son temps et son énergie à concevoir une chose qui n'existe pas et que nous ne connaissons pas du tout. Comme on se rend compte assez vite d'une telle ineptie, on en vient à se dire qu'il faut écouter les paroles de ceux qui disent avoir vécu l'éveil, au moins là cela sera du concret et pas de la rêverie.

    Alors on se met en quête de témoignages et on découvre qu'il n'y a pas mal de personnes, connues ou inconnues, qui disent avoir vécu cette expérience. On découvre même qu'il existe des listes d'éveillés, c'est tellement pratique, et on a le sentiment que c'est tout à fait formidable d'avoir autant de gens "éveillés". Là, notre avidité de témoignages commence à être abreuvée, pas étanchée du tout, mais abreuvée, alimentée. Toutes ces descriptions nourrissent ma soif, ma curiosité, et voyons bien ce qui est, nous devenons des voyeurs, des gens qui vivent par l'entremise d'autres personnes. Nous vivons par les paroles des autres, nous buvons leurs paroles, mais nous n'allons jamais au-delà de l'amour de l'image, nous vénérons le plan du pays, mais jamais nous ne nous mettons en marche et voyageons réellement dans ce pays. La carte d'un menu de restaurant ne vous nourrira jamais ; c'est comme si vous étiez perdu dans un désert depuis pas mal de temps, la soif vous tenaille naturellement, vous n'avez vu personne depuis des jours et des jours, et voilà quelqu'un qui arrive, allez-vous lui demander de vous décrire l'acte de boire ? Boire des descriptions ou des paroles n'étanche pas la soif de l'esprit, au contraire cela crée une dépendance, comme une drogue. Si on n'a pas de nouvelles descriptions, de nouveaux témoignages, l'excitation retombe et on se retrouve tel que l'on est, c'est à dire ignorant et pauvre, sans expériences personnelles.

       

   Qui plus est voyons également bien ceci, quand on ne vit pas une chose, et qu'on lit quantité de choses sur ce sujet, que se passe-t-il dans l'esprit ? On ne connait pas l'Amérique, mais on a vu de nombreux films, on a lu de nombreux livres, romans et autres, on connait des amis qui ont fait le voyage, mais soi-même on ne s'est pas rendu dans ce pays. Donc j'ai amassé des informations, des données sur le sujet, qu'est-ce que cela crée dans l'esprit ? Évidemment cela crée en moi une conception, une idée de ce pays, cela crée tout un imaginaire sur cela que je ne connais pas. Concernant l'éveil l'imaginaire fonctionne encore plus à fond, car ce terme est tellement chargé de symbolique religieuse ou autre, le mot n'est pas du tout neutre déjà en lui-même. Donc on l'aborde déjà avec toute une panoplie d'idées, d'a priori. On ne va pas vers ce sujet sans bagages, sans idéologies, et notre soif de curiosité, notre avidité renforce toutes ces idéologies, qu'elles soient miennes ou qu'elles soient de la société (les deux se nourrissant sans cesse l'une et l'autre). Voyons bien ce qui se passe, ne connaissant pas l'Everest, je m'informe et je lis tout ce qui me tombe sur la main, je vois tous les films, tous les interviews d'alpinistes, tout ce travail fait naître en moi une conception, une idéologie sur l'Everest.  

    Une fois cette idéologie créée, elle a besoin de confirmation extérieure, je suis sûr de moi, mais je voudrais bien savoir si d'autres sont d'accord avec moi. Cela me conforterait dans ma direction, dans mon approche. Alors je me mets en quête, mais à présent de manière différente, je cherche maintenant des témoignages qui viennent en quelque sorte valider ce que je crois. Je ne prends en compte et ne m'intéresse qu'à ce qui va dans une certaine direction. Sans me rendre compte, je sélectionne déjà les témoignages et je ne retiens que ceux qui vont dans mon sens, celui auquel j'accorde ma foi et mon espérance...

    La création d'une idéologie demande toujours confirmation, mais cette recherche de confirmation n'est pas la recherche de la vérité, c'est essentiellement l'expression de la peur qui désire se calmer. Car dés qu'une idéologie (quelle qu'elle soit) existe, elle peut être contredite, discréditée, déclarée comme nulle et non valable, voir dénoncée comme étant totalement sotte...Toute affirmation engendre sa négation, réelle ou possible, patente ou future, toute affirmation s'attend donc à être attaquée à un moment ou à un autre. Le consensus général n'existe pas, donc quand quelque chose est affirmé, l'esprit sait qu'il va y avoir opposition, contestation. La peur est présente dés le début de l'idéologie, car l'esprit sait qu'il a recours aux idéaux parce qu'il ne voit pas les choses directement, il sait que toute sa démarche n'est qu'une suite de mots, mais l'esprit n'a que cela, une suite de mots sans fin, juste des sons symboliques mis bout à bout.

    Ne pouvant pas affronter lui-même cette réalité, on ne voudrait pas que cela vienne d'autrui et que l'autre, l'interlocuteur mette à nu tout notre stratagème. Alors la peur remplit toute cette démarche, on ne veut pas être dévoilé, pas être découvert tel que l'on est, simple et ignorant tout de ce qu'est l'éveil.

       

   Donc nous avons la stimulation qui devient une drogue, la création d'une idéologie qui engendre alors la peur, et toute une stratégie d'évitement du dévoilement de mon ignorance. Si on regarde tout cela, d'un seul coup on se rend compte que l'éveil n'intéresse pas du tout les gens, ils veulent juste être stimulés, prendre du plaisir, cela est assez semblable à du voyeurisme spirituel. Mais le drame de tout cela, c'est que cela ne change absolument pas l'être humain, il passe sa vie en allant sans cesse du plaisir vers la peur, et de la peur vers le plaisir. Quand la vie se résume seulement au plaisir, la peur devient inévitablement sa compagne de route, alors on voit que ce couple plaisir/peur engendre cette souffrance infinie qui broie le cœur des humains depuis la nuit des temps.

       

   Mais revenons à cette question : " Pourquoi ne parlez-vous pas de votre éveil ? Si je n'avais pas discuté de cela avec vous, je n'aurais jamais appris que Krishnamurti n'était pour rien dans ce qui vous est arrivé. C'est après que vous avez saisi toute l'importance de ce qu'il disait..."

    "Oui il n'y est pour rien. Par la suite c'est juste devenu un compagnon de route, de voyage, mais un compagnon exigeant qui vous incite à ne pas vous endormir, à ne pas vous arrêter." Pourquoi serait-ce important d'en parler ? Untel dira ceci, untel dira autre chose, la plupart diront que c'est grâce à ma rencontre avec tel ou tel maître ou Guru. Quelle blague tout cela, si la liberté a une cause, elle est donc conditionnée et ce n'est plus la liberté. Voyez-vous cela mon ami ? Il n'y a pas de cause, sommes-nous d'accord ? En cherchant des témoignages de l'éveil, qu'espèrent donc les lecteurs ? Ils pensent qu'ils vont peut-être trouver des clefs pour comprendre, qu'ils vont trouver des indices, des pistes. Bref pour le dire simplement ils cherchent les causes qui produisent "l'effet éveil". Toute cette démarche est fausse dés le début, il n'y a pas de causes ; et même s'il y en avait, prenons cet option, il n'y a pas une cause ou deux ou trois, il y en a des milliers et des milliers, causes dues au passé, causes venant du présent immédiat, causes étant elles mêmes des effets venant d'autres causes. On pourrait remonter sans fin dans le temps vers le passé, et dans l'espace avec l'interdépendance de toutes choses. Qui décrète que telle cause est déterminante par rapport à telle autre, naturellement elles ont des influences différentes, plus ou moins fortes ou faibles selon les circonstances.

    La chaîne de cause à effet existe évidemment, qui le nierait, mais ce qui se trouve dans ce champ d'action/réaction n'est pas libre, il est déterminé par son environnement. L'éveil est-il déterminé par l'environnement ? A cela certains répondent oui très rapidement et sans grande hésitation, il faut être né en Inde, être Brahmane ou Sâdhu, pour d'autres il faut avoir fait retraite dans des grottes himalayennes...

    Mais on peut se poser la question évidemment, alors qu'est-ce que l''éveil ? Comment le savoir, comment être sûr que ce qu'on vous raconte est vrai ? Comment savoir si cela remplit toute la vie de celui qui en parle, ou si c'est juste une personne habile en propagande et en mots, qui vous dit juste ce que vous voulez entendre ? Comme nous l'avons vu précédemment, il faut être clair sur le mobile de notre recherche. Si c'est une manière d'oublier ma triste vie, sans relief et si superficielle, j'adhérerais aux explications les plus simplistes et les plus agréables, mais cela ne m'avancera à rien. A part cette excitation momentanée, ma vie sera toujours aussi creuse et vide de sens.

    Donc en mettant de côté cette fuite de la monotonie de ma vie, j'essaie de savoir ce qu'est l'éveil ? A présent je me méfie des descriptions trop belles, où tout est facile avec un chemin bien tracé par ceux qui savent, bref je doute des propositions des traditions, avec tous leurs systèmes et leurs hiérarchies. La plupart disent que l'éveil c'est la fin de la souffrance, et beaucoup disent aussi que cela a le parfum de la vrai liberté, immense et totale. Mais leur système crée des attitudes et des dispositions mentales mécaniques et répétitives, on le voit bien chez tous les disciples des différentes sectes ou religions, ils répètent tous le même type de crédo. Soit c'est la foi et la prière, soit c'est la dévotion envers le maître (le mot guru n'étant plus à la mode aujourd'hui) avec naturellement la méditation ou parfois même le yoga ; et on vous demande aussi d'étudier assidument les nombreux textes sacrés. Pour résumer on s'en remet à une autorité et on accepte un programme, programme qui va nous aider à avancer, à progresser dans le domaine complexe de la spiritualité ou du religieux. Cela parait tout à fait naturel à la plupart des hommes, comment faire autrement d'ailleurs, il nous faut l'aide des grands sages. Mais c'est toujours pareil, qui décide qui est sage ? La réputation, la rumeur publique, le nombre d'adeptes ou la quantité de livres écrits. On regarde s'il y a des personnes connues, des intellectuels, des notables.

    En fait nous voyons que par peur de se perdre, on accepte de se faire programmer comme des machines, comme des ordinateurs, cela nous rassure et on pense pour nous. On nous dit quoi faire du matin jusqu'au soir, de l'aube au crépuscule on vous prend la main et on vous dit faites ceci, faites cela, ne pensez pas trop ce n'est pas bon pour vous...

 

    Voyant toutes ces absurdités, on rejette tout cela, simplement et fermement une fois pour toute. Les traditions et les maitres charmeurs, les prières et les méditations, c'est terminé à tout jamais. Quand l'esprit est sorti de cela, alors la question demeure, qu'est-ce que l'éveil ? Certains disent aussi d'autres choses, mais cela est moins charmant et agréable, ils disent que l'éveil c'est la fin du moi, de l'illusion d'un esprit séparé et autonome...Qu'est-ce cela veut dire ? Cela n'a aucun sens pour l'homme ordinaire, pour celui qui est pris dans le mouvement de la vie, qui passe par des moments de joie, de peine et de souffrance. Ce qui parle à l'homme ordinaire c'est le plaisir naturellement, mais ce qui touche les entrailles de tout être humain, c'est la souffrance dans cette vie. La mort qui rôde, la disparition des proches, inéluctable, la vie humaine est remplie de ce sentiment d'injustice et de non sens total. On naît, on grandit, on vit et on meurt, en perdant progressivement la vraie joie de vivre, le cœur devient lourd de peine et de tourments. La joie existe mais elle est fugace, la souffrance existe et elle est tenace, elle dure tout le long de notre vie. C'est elle notre compagne de tous les jours, la joie ne fait que passer, mais la peine et la douleur restent...

    Ce n'est pas une lamentation que de dire cela, c'est un fait qui n'est ni triste, ni gai. Donc la disparition du moi ou bien la fin de l'illusion d'un esprit séparé, cela ne veut rien dire et cela n'intéresse pas cet homme ordinaire, celui ci est comme notre ami. Ce qui intéresse notre ami c'est le merveilleux, l'extraordinaire et le mystérieux, toutes choses qui font oublier la vie triste et morne que l'on mène ici bas. Alors pourquoi cette question : "Pourquoi ne parlez-vous jamais de votre éveil ?" et que peut-on répondre qui soit audible, qui soit au minimum entendu, même si cela n'est pas vraiment bien compris.

    Tout d'abord pourquoi cela serait-il important ? Chercherait-on un modèle, une source d'inspiration, voudrait-on en faire un exemple à suivre, une imitation possible ? Attendons-nous une histoire fantastique ? On sera bien évidemment déçu très vite, il n'y a rein d'extraordinaire ou de fantastique, pas de dieu trouant l'azur et désignant l'heureux élu. La fin du moi, qu'est-ce que cela veut dire ? C'est la fin de ce que nous pensons être, la fin de ce que nous imaginons être. C'est comprendre que toute définition de soi est fausse, et le sera toujours, et pourquoi donc ? Le moi existe-t-il vraiment ? Ou bien est-ce une création mentale, une œuvre imaginaire du mouvement des pensées ? Si c'est la fin, non pas du moi car il est illusoire, mais la fin de la croyance dans le moi, qu'est-ce qui finit ? Une illusion finit, un mirage s'éteint, rien de plus en fait, c'est la fin d'un rêve...

    Voilà le vrai sens de l'éveil, c'est la fin d'un rêve, d'une inconscience totale dans laquelle on vivait ; le rêve prend fin, et le dormeur s'éveille...Mais cela est une image, ce n'est pas le moi qui se réveille, comprenons-nous cela ? Il n'y a plus de conscience séparée, cette croyance n'existe plus, alors qui s'éveille ? Creusons s'il vous plait, qui s'éveille ? Quand le rêve prend fin, le rêveur existe-t-il encore ou finit-t-il avec le rêve ? Le rêveur n'est pas séparé du rêve, c'est évident n'est-ce pas ? Donc quand le songe disparait, le rêveur n'existe plus également. La conscience rêveuse que nous étions n'est plus là, il existe alors autre chose qui était non perçue pendant ce rêve, la formule verbale le rêve prend fin et le dormeur s'éveille s'avère donc inadéquate, alors comment s'exprimer de manière plus juste ? C'est une vraie difficulté de parler de cela, les mots peuvent entrainer de nombreux quiproquos... Reprenons notre exploration : Le rêveur prend fin avec le rêve, nous sommes d'accord là-dessus, mais le couple rêve/rêveur a bien eu une existence (certes illusoire), cette fantasmagorie a bien eu lieu, s'est bien déroulée sur une scène, dans un théâtre quelconque. Cette rêverie s'est déroulée dans l'esprit, le théâtre où se joue le rêve, c'est l'esprit lui-même. Avant que ne se joue la pièce, le théâtre était déjà là naturellement, et le théâtre ne se limite pas à une seule pièce en particulier. Ce que nous voulons dire, c'est qu'il y a une réalité dans laquelle le rêve existe, que le rêve soit projeté ou pas sur l'écran, cette réalité est là, indépendamment de l'existence ou de la non existence du rêve et du rêveur.

 

    Quand la croyance du moi s'efface, la conscience devient totalement autre, la chambre noire dans laquelle le moi se débattait avec lui-même à été anéantie, et l'esprit vit au-delà de cette chimère. On devient juste conscient de ce qui est, mais rien ne commence, c'est juste la chambre noire qui n'existe plus. En fait c'est la disparition de toute cette impression des choses personnelles. C'est cela, il n'y a plus rien de personnel dans l'esprit, tous les adjectifs possessifs n'ont plus lieu d'être.

    Alors mon cher ami, on ne peut pas parler d'éveil personnel, mon éveil ou votre éveil cela ne veut rien dire du tout. Voilà pourquoi on ne peut pas parler de son éveil, tout simplement parce que réellement cela n'existe pas.

 

 

    Paul Pujol

 

 

    Pour voir la liste des textes de Paul Pujol, cliquez ici : Textes  

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 10:59

 

 

Nous vous présentons une conférence suivie de questions-réponses,

donnée à la Librairie Chemin Faisant à Aix les bains

en Savoie, en mars 2018.

 

Thème principal de cette intervention : L’esprit libre des pensées.

 

Notre esprit est dominé par la pensée, qui s’impose et s’invite en nous, cela que nous en ayons besoin ou pas. Nous constatons que la pensée domine l’esprit, qu’elle est devenue très importante, et que son utilisation permanente engendre de nombreux problèmes, égocentrisme, isolement, séparation, violence, impossibilité d’être au présent.

 

Devant ce constat, de très nombreuses personnes préconisent comme remède de faire taire la pensée, et de l’arrêter par toutes sortes de méthodes et d’exercices. Donc on propose la lutte, et comme une volonté de

détruire le mouvement des pensées.

Mais la pensée est une partie de nous-mêmes, vouloir la faire taire, c’est brimer une partie de soi. La pensée à sa vie dans l’esprit, c’est comme les nuages qui existent dans le ciel, ils y ont leurs places.

« Vouloir arrêter les pensées c’est comme arracher les nuages du ciel. »

 

Qu’existe-t-il au-delà de la pensée, qu’est-ce alors que l’esprit ?

L’esprit libre des pensées découvre un grand silence et une paix immuable. Dans cet immense silence, on devient sensible à la vie dans sa totalité,

alors l’amour fleurit dans le monde.

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 09:21

 

 

   Il existe un art du dialogue, un art de l’exploration et de l’enquête. Pour comprendre le monde et soi-même, il faut investiguer, se questionner, être curieux. Cet art du dialogue se fait avec des gens animés de la même passion de découvrir « ce qui est », mais il se réalise aussi avec soi-même. Si on ne sait pas vraiment dialoguer avec soi, on peut très difficilement dialoguer avec d’autres personnes.

 

   Pour que cela soit vivant, une grande intensité est nécessaire, un grand sérieux doit être présent, ce qui n’exclu pas la joie et la beauté.

   Naturellement pour communiquer avec autrui, on utilise des mots et des phrases, mais les mots ne sont pas ce qu’ils décrivent, la carte d’un menu n’est pas le repas. Les phrases et les mots prononcés ont une puissance, une force, quand ils décrivent ce qui est perçu dans le présent, quand ils sont l’expression d’une vision immédiate. La beauté d’une telle perception, si les personnes sont attentives et écoutent vraiment, c’est que la perception d’une seule personne devient la perception des autres, c’est le groupe lui-même qui perçoit dans un même mouvement.

 

   Un tel échange est très rare, surtout dans notre monde où n’existe que des débats d’opinions, que des confrontations de points de vue particuliers.

Quand on découvre cet art du dialogue, on découvre la joie d’apprendre, de comprendre par soi-même, sans dépendre ni de la rumeur public, ni du lavage de cerveau imposé par les différentes structures de la société.

La plupart des gens disent communément « Il ne faut pas se compliquer la vie », ou même, « il ne faut pas se prendre la tête avec des paroles sans fin qui ne mènent à rien. » Mais alors qu’est-ce que vivre ? Juste consommer des sensations, être un avaleur des produits et d’informations concoctés par d’autres, avoir dans l’esprit les théories et les idées venant de l’extérieur. Une vie basée uniquement sur la satisfaction du plaisir, est une vie qui appel la souffrance.

 

   L’art du dialogue, du questionnement, nous évite le naufrage du conformisme et de la sécurité à tout prix, il attise notre curiosité et veille à ce que notre esprit  ne se réduise pas à quelques conclusions, bien figées et donc bien mortes.

   S’interroger, enquêter, découvrir sur soi et sur le monde, sans jamais crisper ce mouvement, sans jamais créer de nouveaux dogmes, cela est une fontaine de jouvence pour l’esprit et pour l’homme.

   En cela existe une grande paix, quelque chose d’indéfinissable et d’une immense beauté.

 

 

   Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 19:56

 

 

  Nous avons découvert récemment l'auteur Belinda Cannone.

Une belle personne avec un esprit vif avec de très bonnes réflexions.

   Dans son dernier livre "S'émerveiller" (qui n'est pas un roman mais un essai), elle parle de l'émerveillement, comme antidote à "l'enténèbrement" de notre époque. Elle évite également l'approche trop simpliste, tendance new age, qui n'est qu'une caricature de sagesse.

 

 

   Vous trouverez ci-dessous la présentation de l'éditeur.

 

 

« Parfois le silence règne, nous sommes paisibles et concentrés, la lumière est belle et notre regard vigilant : alors l’émerveillement nous saisit. D’où vient ce sentiment fugitif ? Il ne résulte pas forcément de la nature grandiose de la situation ou du spectacle. Souvent c’est un état intérieur favorable qui nous permet de percevoir une dimension secrète et poétique du monde. Soudain on vit pleinement, ici et maintenant, dans le pur présent. Cette disposition intime est une conséquence du désir de vivre et de la faculté de joie. 
Le risque de l’enténèbrement a frappé notre époque mais il faut d’autant plus persister à évoquer l’émerveillement. Car la construction du bonheur, le respect de chaque vie précaire, précieuse et susceptible d’accueillir les plaisirs en même temps que le labeur, sont la marque de notre conception de l’existence. Ici est notre séjour, y porter un regard attentif est le plus sûr remède contre le nihilisme. »

 

 

Voir le lien vers Les Editions Stock.

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Petite biographie de l'écrivain:

 

Belinda Cannone de nationalité Française est née en Tunisie en août 1958. Elle est romancière et essayiste. Docteur et maître de conférences en littérature comparée, elle a enseigné neuf ans à l'université de Corse-Pascale à Corte, et depuis 1998, à l' université Caen-Normandie. Elle a publié plusieurs ouvrages sur les liens entre la littérature et la musique, et des études littéraires, notamment sur le roman "l'Oeuvre" d’Émile Zola.

Elle a publié sept romans, dont notamment le dernier "Nu intérieur" aux éditions de l'Olivier, et plusieurs essais dont "L'écriture de désir" (prix de l'Académie Française 2001), "Le sentiment d'imposture" (Grand prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), "La bêtise s'améliore" éditions Stock 2007 et "La tentation de Pénélope" éditions Stock 2010.

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Paul Pujol - dans Sciences et Cultures