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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 09:12

 

 

   Je voudrais vous recommander deux ouvrages et une revue concernant le Bouddhisme des origines, basés sur les textes les pus anciens et probablement assez proches du intentions du Bouddha lui-même.

    Avant toute chose, il est certain que le but premier n’était pas du tout de créer une religion, avec ses rites, sa hiérarchie, ses divinités et toutes les autres fadaises des religions organisées. Pas question non plus de sans remettre à un maître, «Soyez votre propre flambeau, votre propre refuge» (à ce sujet voir sur notre site le texte du"kamala sutra".)

 

    A l’origine, le Bouddha à enseigné « une voie », celle de la souffrance et de la fin de la souffrance. Celle-ci est due à l’ignorance et à l’avidité de l’esprit, c’est cette « soif » qui engendre des confections mentales. La souffrance vient du fait que l’homme confond ses confections mentales (idées, croyances, théories) avec le réel, avec le monde tel qu’il est.

  La fin de la souffrance est basée sur la compréhension et sur l’investigation personnelle, dans cette enquête l’esprit « voit » qu’il est créateur et acteur des confections mentales. Il perçoit aussi que la croyance en l’atman, dans le soi ou dans l’âme est aussi une production du mental. Rien n’est réel dans tout cela.

    Alors cette vison « est » la fin de la soif, de l’ignorance ; l’illumination est là, c’est la fin de la souffrance, de cela naît le « nirvana », le « non-né ».

   

 

 

    Donc voici tout d'abord deux livres sur le Bouddhisme des origines, un écrit par Walpola Rahula, et le second écrit par Alexandra David-Neel.

 

 

 

 

 

 

L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens.

 

   Voici donc le premier livre écrit par Walpola Rhula, moine bouddhiste de Ceylan. Celui-ci nous éclair sur la simplicité des premier temps du Bouddhisme et sur la personne du Bouddha, moine mendiant itinérant.

   On y découvre que l’homme seul peut se libérer, atteindre l’illumination. Il ne faut dépendre de personne, « on est son propre refuge, qui d’autre pourrait être le refuge ? »

   On voit aussi que le Bouddha disait qu’il n’y avait pas de doctrine ésotérique dans son enseignement, « qui rien n’était caché dans le poing de l’instructeur », donc rien en réserve pour certains adeptes.

   La méditation est définie comme une culture mentale, où on examine, on test et on entraine son esprit. Point de croyances dans ce Bouddhisme des premier temps, il fait tout examiner par sa propre vision, sa propre étude intérieure.

   Même à propos de son enseignement, le bouddha exhorter les disciples à le remettre en cause, à le questionner.

 

Présentation de l’éditeur.

 

  "Le révérend Rahula a reçu selon toutes les règles la formation traditionnelle d'un moine bouddhiste à Ceylan et revêtu d'éminentes fonctions dans un des principaux instituts conventuels (Pirivena) de cette île où la Bonne Loi fleurit depuis le temps d'Asoka et a conservé jusqu'à nos jours toute sa vitalité. [...] Le livre qu'il a bien voulu me demander de présenter au public occidental est un exposé, lumineux et accessible à tous, des principes fondamentaux de la doctrine bouddhique, tels qu'on les trouve dans les textes les plus anciens, ceux qu'on appelle en sanscrit "la Tradition" (Agama) et en pali "le Corpus canonique" (Nikdya), et auxquels le révérend Rahula, qui en possède une connaissance incomparable, se réfère constamment et à peu près exclusivement. " Paul Demiéville.

 

L’enseignement du Bouddha, d’après les textes les plus anciens.

Walpola RAHULA.

Editions du Seuil, collection Point Sagesse.

 

 

 

 

 

 

Le bouddhisme du Bouddha.

 

 Un autre livre sur la Bouddhisme premier, écrit par Alexandra David-Neel intitulé « Le bouddhisme du Bouddha », très belle étude riche et profonde sur l’origine de Bouddha et sur son message.

  Nous retrouvons des thèmes présentés dans le livre de Walpola, mais présentés ici par une occidentale férue de culture bouddhiste.

   Un complément d’approche qui apporte parfois un éclairage différent sur des thèmes identiques. Il est bon de n’avoir pas qu’un seul point de vue.

 

 

Présentation de l’éditeur.

 

   Né prince, fils d’un souverain de la puissante tribu des Sakya, au VIe siècle avant Jésus-Christ, il vécut dans le luxe et l’opulence avant de tout quitter pour partir sur les routes, seul, à la recherche de la sagesse. Il avait vingt-neuf ans, il s’appelait Siddharta Gautama, il allait devenir le Bouddha.

   Alexandra David-Néel a été l’une des premières Occidentales à pénétrer au Tibet et à comprendre la spiritualité orientale. Nul mieux qu’elle ne pouvait écrire cette présentation du « bouddhisme du Bouddha » en étant totalement fidèle au message et parfaitement accessible aux lecteurs occidentaux.

 

Le bouddhisme du Bouddha.

Alexandra DAVID-NEEL.

Editions du Rocher, collection Pocket.

 

 

 

 

 

Religions et Histoire, N° 8 : Le bouddhisme ancien.

 

Un autre document concernant les premiers temps du Bouddhisme, la Revue Religions et Histoire. Le numéro 8 de mai-juin 2006 avait été consacré au Bouddhisme ancien.

 Très beau travail avant tout basé sur des faits et des traces historiques, il ne s’agit pas ici de décrire la « foi » des religions, mais de voir le point de vue au travers de l’histoire.

 

 

Présentation de l’éditeur :

 

 

   À la fois philosophie et religion, le bouddhisme prend naissance vers le milieu du premier millénaire avant notre ère, au nord-est du sous-continent indien. Dans tout le pays, les débats philosophiques, les spéculations sur l'Absolu aussi bien que sur le sacrifice octroyé aux dieux sont anciens et vifs, en particulier dans les cours princières. C'est précisément chez un roitelet, dans le clan des Shâkya, à la frontière indo-népalaise, que naît Siddhârtha Gautama, qui allait devenir le Bouddha. Tôt, il s'est "éveillé" - tel est le sens de Buddha en sanskrit et dans les langues de l'Inde - aux vérités fondamentales de la condition humaine : c'est à son observation et sa réflexion personnelles qu'il doit de les avoir découvertes. Elles portent sur la douleur, l'origine de la douleur, la cessation de la douleur, le chemin qui mène à l'arrêt de la douleur.

   Il l'enseigne d'abord à une poignée d'anciens condisciples, réunis au Parc des Gazelles, près de Bénarès, impulsant ainsi la "Roue de la Loi". Son enseignement va bientôt conquérir l'Inde, puis l'Asie, pour susciter aujourd'hui un intérêt universel. C'est le début de cette aventure grandiose que le lecteur trouvera esquissé dans ces pages.

 

   Auteur : Caillat Colette - Balbir Nalini - Bautze-Picron Claudine - Gethin Rupert - von Hinüber Oskar - Masset Danièle - Osier Jean-Pierre - Pinault Georges-Jean - Skilling Peter

 

Magazine : Religions & Histoire n° 8 Page : 12-75 (mai-juin 2006).

 

 

 

 

  Suite à ces lectures vous découvrirez donc que le Bouddhisme à l’origine était évidemment très différent de ce qui existe aujourd’hui. Les changements sont inévitables, certes, mais certains sont plus ou mois heureux, et certaines évolutions laissent vraiment songeur. Toutes ces divinités, tous ces maîtres, on découvre par exemple, que l’on ne parlait pas de mantras en ces temps là. (L’introduction des mantras est due à une influence du Tantrisme Shivaïque d’Inde du nord). De nombreuses descriptions de méditations sont faites dans ce deux ouvrages, il n’est jamais question de maîtres, de divinités ou de croyances, ce sont en quelques sortent « des exercices laïque » d’observation de l’esprit.

    Comme nous l’avons vu dans notre présentation, il n’y a pas d’ésotérisme non plus, rien de cacher ou de secret. On ne parle pad des maîtres, de guides, car « il faut être son propre flambeau, sa propre lumière ». Autre information complémentaire, au tout début le Bouddhisme était aniconique, c’est à dire sans « icônes », sans images.

    Peut-on dire qu’il y avait un système figé, rigide, en parcourant les deux livres vous découvrirez qu’il y avait surtout une richesse d’arguments, une grande diversité, parfois même certaines contradictions ; mais surtout il y a débats, discussions, recherches, et pas acceptation ni soumission à une autorité.

 

    En est-il ainsi aujourd’hui ? Il me semble que l’on confond bien souvent respect et soumission, étude et embrigadement…

    Mais tout dépend non pas de la religion, mais des personnes, des individus. Au final ce n’est pas l’organisation, la religion établie qui compte, mais c’est l’être humain qui importe, sa propre recherche.

    C’est aussi la relation qu’il noue avec les autres, s’il est dans une démarche honnête, intègre, il aura des rapports sain avec les autres, non pas basé sur l’autorité, mais basé sur la recherche de ce qui est juste et vrai. Il faut voir les choses telles qu’elles sont, par soi-même, et ne pas accepter ce que les autres nous disent, fut-ce même le Bouddha.

    Si cela n’est pas une école de liberté et d’intelligence, cela n’a plus aucun sens, et cela ne sert qu’à conditionner et asservir les gens.

 

    Tel n’était certainement pas le message du Bouddha, « seul l’homme est capable de rompre la chaîne du temps et de la souffrance », et il doit le faire seul par sa propre intelligence, par sa propre vision, il doit explorer par lui-même. L’être humain peut sortir de son état conditionné, acquérir la liberté et découvrir la paix intérieure. Mais toujours il doit faire attention à la création de confections mentales (d’idées), il peut se croire être libre et éveillé et ne pas l’être du tout…

  L’observation de l’esprit pour déjouer les créations mentales reste la discipline de toute une vie.

 

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 09:34
 
 Voiçi deux nouveaux livres de J.Krishnamurti parues en octobre 2016, et en mai 2017.
 
   
   Publié en octobre 2016 aux Editions Shychronique :
  
   "Découvrir l'illimité."
 
 

   

    Présentation de l'éditeur:  

   

   Découvrir l´illimité propose une série de six entretiens, inédits en français, donnés par J. Krishnamurti en 1956.

   

    Ces entretiens sont basés, comme l´ensemble du travail du grand philosophe, sur le besoin d´un changement radical de perspective dans la compréhension de notre propre esprit. Ils s´ouvrent avec la question « Pouvons-nous, vous et moi découvrir quelque chose qui soit illimité ?»

   

    Avec le terme « illimité », Krishnamurti nous incite à explorer « ce qui est au-delà des croyances et des théories, au-delà des espérances sentimentales et des assertions  intellectuelles, simples projections de l´esprit », qui conditionnent nos existences. Au lieu d´être séduits par de telles illusions, ils nous convie avec ferveur à agir passionnément et à faire directement l´expérience de la vie.

   

    Les questions, les problématiques et les réponses abordées dans ces entretiens sont aussi pertinentes aujourd´hui qu´elles l´étaient il y a 60 ans.



Reliure : Broché
Pages : 120
Format : 20,5 x 14 cm
ISBN : 978-2-917738-30-6

Paru en octobre 2016

 

Voir le lien vers Synchroniques Editions.

 

 

 

   Voici un autre livre récemment publié, en mai 2017 aux Editions Les Presses du Châtelet:

 

 

  "La beauté de l'amour".

 

    Présentation de l'éditeur:

 

   Durant ces enseignements, donnés à Paris et à Saanen (Suisse) en 1967, Krishnamurti aborde la question de la communication. Il y a une façon d’écouter. De même qu’il y a une façon d’aimer.
 

    « Communiquer veut dire que non seulement les mots utilisés soient compris, mais aussi que l’orateur et l’auditeur soient capables de se rejoindre avec la même intensité, au même niveau et au même moment. Cela, c’est la communication, la communion. »


    Si l’auditeur pense à autre chose, s’il prépare la question à poser à son tour, s’il poursuit son propre entretien interne fait d’arrière-pensées, elles-mêmes fruit de son éducation, de ses conditionnements divers et variés, alors il y a peu de chances qu’une communication réelle puisse, selon Krishnamurti, s’établir.


    Dans cette insistance à réveiller chez son auditeur l’écoute véritable, entière, intense, tout l’enseignement de Krishnamurti n’est-il pas contenu en germe ? Et quand il privilégie la communion, n’est-ce pas déjà d’amour dont il parle ?

 

258 Pages
ISBN: 9782845927100
Paru en mai 2017
 
 
 
 
 
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Paul Pujol - dans Articles J.Krishnamurti
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 19:26

   

 

   Quel est le lien entre l’image et la recherche spirituelle ? Pourquoi de nombreuses religions étaient-elles au départ sans images ? Quelle est la raison de cette non utilisation des représentations (qui c’est par la suite malheureusement réduit à un strict interdit absurde, ce qui a entraîné tant des violences et des déviances)?
   De même que le mot n’est pas la chose nommée, de même l’image n’est pas la chose représentée. Cela est vrai pour toutes les choses et les êtres de notre monde, néanmoins nous pouvons sentir et percevoir notre environnement, et par la suite se remémorer notre expérience. Mais tout le monde fait bien la différence entre un sourire que quelqu’un nous adresse et la mémoire d’un sourire, l’un est vivant, l’autre est un souvenir. 
   Mais la recherche spirituelle tend à dépasser ce monde, et à essayer de découvrir s’il existe un au-delà du monde ! Un au-delà de monde des hommes et de la société. Une question qui se pose rapidement est celle de la création du monde, de l’univers. Y aurait-il la création et un principe créateur ?
   Si cela existe, s’il y a un principe créateur et une création, les deux plans ne sont pas au même niveau, ils sont différenciés. L’un n’est pas l’autre et inversement …
   Maintenant, voyons notre outil d’investigation principal qui est la pensée, la récognition. Comme nous l’avons vu plus haut, la pensée vient de l’expérience, la vie n’est qu’expériences. Nous vivons un événement, le mémorisons, puis la pensée utilise cette mémoire pour agir dans la vie. Donc la pensée est basée sur nos expériences de ce monde, elles parlent toujours de notre monde, elle ne peut pas faire autrement. 
   Nous découvrons alors que la pensée, la mémoire ne peuvent pas aborder l’au-delà du monde, car elles sont enfantées par le monde….

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 09:36
Promenade d'été.

                                                                                                                30 Août 1997

  

 

      Cétait il y a quelques années, nous faisions une promenade dans l’après-midi torride d’un été du sud. Le village et la campagne environnante semblaient assommés par la chaleur, en attente de la fraîcheur de fin de journée.

   Nous avions traversé quelques champs et un ou deux vergers, un chien nous accompagnait. Il courait, sautait partout, flairait toutes les pistes possibles, partait parfois au galop après un lapin distrait, ou essayait d’attraper un oiseau au sol. Malgré l’énergie qu’il mettait dans cette chasse, jamais il n’avait capturé quoi que ce soit. Et pourtant à chaque promenade le chien recommençait avec la même ardeur, avec un entrain et une joie totale. Sans aucun doute, tous ses "échecs" relatifs, ne s’étaient pas transformés en tristes souvenirs. Il ne savait pas s’apitoyer sur lui-même, car pour lui "hier" n’a aucune importance, en fait réellement le passé, "hier" n’existe pas. Seul compte la lumière du soleil, l’odeur de la terre, les talus et les fourrés remplis de caches et de terriers. Seul existe le présent, et dans ce réel, tout est inclus, l’oiseau, le lézard et le lapin gris, l’homme qui l’accompagne, les rangées d’arbres et les belles touffes d’herbes vertes. Et surtout, lui-même n’est pas séparé de cette immensité, de cette diversité qui engendre la beauté du monde.

  

    Après avoir longé un verger d’abricotiers, nous nous étions assis au bord d’un petit cours d’eau, celui-ci sillonnait de part en part, à travers le dédale des champs et parcelles qui s’étendaient à perte de vue. Le chien tout à son bonheur avait sauté dans l’eau, il pataugeait avec grand bruit et ignorait tout de la discrétion. Il avait sûrement flairé une nouvelle piste sur la berge voisine, et il fouillait avec obstination les roseaux et la maigre végétation présente. Il plongeait en créant des gerbes d’eau, ressortait en fonçant dans les feuillages, puis ressautait dans le cours d’eau. Tout ce remue-ménage fracassait le silence de l’après-midi, et toute la nature entendait le vacarme assourdissant. Le chien tout en continuant s’était à présent éloigné, nous étions calmes et très silencieux, sans pensées et immobile, assis sur les cailloux mis en place par la main de l’homme. Les yeux mi-clos, on appréciait pleinement cette lumière d’été, ou chaque chose resplendissait. La vision ne s’attardait sur aucune chose en particulier, quand un mouvement très lent se fit à notre gauche, juste à l’orée d’un bouquet de roseaux.  

    A un mètre à peine, un caneton venait de sortir du bosquet. Il posait une patte au sol, s’immobilisait, puis posait l’autre patte et s’immobilisait à nouveau. Il se déplaçait très prudemment, avec une lenteur surprenante. Toute son attention était portée sur l’homme assis, sur le danger potentiel qu’il représentait. Le caneton fuyait évidemment le chien, qui avec tout son bruit envoyait ses "proies" à l’opposées de son poste de chasse. L’oisillon avait dû traverser une bonne partie du bosquet, et il avait vu l’homme. Il avait observer un bon moment cet être immobile, danger ou pas danger ? Tous les hommes qu’il avait vu bougeaient tous, faisaient du bruit, et il le savait, étaient un danger mortel pour sa famille et lui. Puis celui-ci avait tranché, il n’y avait apparemment pas de danger, l’être semblait très calme, détendu, l’opposé d’un prédateur aux aguets. Cette tranquillité totale donna confiance au caneton, et chose contre nature, il se mit à découvert devant un homme, devant un de ces êtres qui depuis toujours chassent, tuent et mangent ceux de son espèce.

  

   Quand l’homme vit l’oisillon, aucun mouvement ne fut fait, si ce n’est les paupières qui se soulevèrent et les yeux qui suivirent le passage de l’animal. Cette beauté fragile, cette confiance et cette innocence offerte était une preuve que l’amour est perçu. Et que dans cette relation, dans cette unité, il ne peut y avoir de séparation, donc pas de prédation naturellement ; - pourquoi vouloir s’attraper et se détruire soi-même ? Dans cette relation, évidemment la peur et la crainte s’évanouissent, même si l’on reste prudent et attentif. D’ailleurs sans attention, on ne peut rien voir, rien comprendre, rien démonter, et quand l’esprit est rempli de mille illusions, comment pourrait-il s’ouvrir à la réalité ? L’oisillon disparut plus bas parmi les gros cailloux blancs et roux, le chien au loin continuait sa course folle. Nous nous levâmes doucement, c’était une journée magnifique, le ciel était d’un bleu les plus pur, il faisait chaud, et nous vîmes que nous étions véritablement en plein Eden. Nous commencions alors à marcher tranquillement, on imaginait que peut être le caneton nous regardait partir. Cette rencontre nous bouleversait, la vie est fragile et l’être humain est tellement brutal et violent. En s’offrant à notre vue, totalement démunit, sans aucune protection, l’oisillon avait dit "regarde comme je suis beau, mais aussi comme je suis fragile, tu peux me détruire, me réduire à néant. Pourtant je te fais confiance, je m’offre à toi sans armure, je n’ai aucune défense.  J’oublie toute la violence des tiens, je leur pardonne tout, " hier " n’existe pas. Je sais que maintenant il peut y avoir autre chose, quelque chose de rare, peut être pas unique, mais rare. J’ai vu qu’il y avait autre chose que la peur et la crainte, je sais que tu le vois aussi. Je t’ai donné cela, je l’ai découvert, jamais je ne l’oublierai et jamais je ne l’ai connu".

  

    Dans un autre temps, on aurait vénéré l’oiseau comme une divinité et on aurait réduit cette vérité en symboles creux. C’était il y a plus de dix ans, mais "cela", qui est au-delà de la peur et de la crainte, "cela" existe toujours. Cette qualité est indépendante du caneton, ou de tout autre être ou animal, simplement cela peut s’exprimer dans une relation au monde. Dans une relation au monde entier, pas à une partie congrue, réduite par la famille, la nation ou la religion. Mais par une relation entière, ou rien n’est retranché ou rejeté. C’est dans cette totalité, dans cette plénitude qu’alors peut s’exprimer l’amour. C’était il y a plus de dix ans, c’est maintenant, c’est intemporel et très sensible, avec de l’intelligence et de la beauté.

    Et parfois les yeux se brouillent, les larmes viennent, et l'extase s'empare de tout, de l'écrivain, des souvenirs, du monde entier.

  - La béatitude est là, et véritablement, sans aucun intellect, un autre monde s’offre alors.
 

 

    Paul Pujol," Senteur d'éternité  "

  Editions Relations et Connaissance de soi

  "Promenade d'été", pages 173 à 176.   

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 14:20

   

 

Gottfried Schatz

 

 

 

   Gottfried Schatz, naît en 1936  à Strem en Autriche, et passe sa jeunesse à Graz, où il obtient un doctorat en chimie et biochimie à l’Université en 1961. Après un travail de post doctorant à Vienne et à New York, il émigre aux Etats-Unis en 1968 et accepte un poste de professeur à l’Université de Cornell à Ithaca, dans l’Etat de New York. Six ans plus tard, il est appelé en Suisse au tout nouveau Biozentrum de l’Université de Bâle, qu’il préside entre 1985 et 1987.

 

   Gottfried Schatz a joué un rôle déterminant dans l’élucidation de la biogénèse des mitochondries, on lui doit, ainsi qu’à ses collègues, la découverte de l’ADN mitochondrial.

   De nombreux prix et récompenses nationaux et internationaux lui ont été décernés pour ses travaux, qui lui ont notamment valu d’être membre de plusieurs académies scientifiques.

 

   Après sa retraite en 2000, Gottfried Schatz préside le Conseil suisse de la science et de la technologie jusqu’en 2004. Depuis lors, ses chroniques dans la Neue Zürcher Zeitung, ses essais et ses ouvrages l’ont fait connaître d’un plus large public. Violoniste accompli, Gottfried Schatz a fait partie de nombreux orchestres professionnels en Autriche.

 

 

Publication:

 

Au-delà des gènes.

Ce que la biologie révèle sur nous, notre monde et nos rêves

 

Presses polytechniques et universitaires romandes.

Voir le lien vers l'éditeur.

 

   

   Présentation de l'éditeur:

   D’où venons-nous ? Notre destinée est-elle dictée par les gènes dont nous héritons ? Voyons-nous tous le ciel du même ton de bleu ?

   Gottfried Schatz, biochimiste mondialement reconnu, donne dans cet ouvrage des réponses surprenantes aux questions que nous nous sommes tous posées un jour. Le voyage auquel il convie le lecteur nous emmène au cœur du mystère de la vie. Un continent invisible, merveilleux et étourdissant de beauté, révélé par les subtiles réflexions de leur auteur entre science, philosophie et histoire de l’art et des cultures. Une immersion humaniste, au terme de laquelle on ressort avec une autre idée de la biologie : à la discipline aride réservée aux spécialistes se substitue l’image d’un trousseau de clés, ouvrant d’innombrables portes vers une meilleure compréhension du vivant. Un ouvrage déjà traduit dans de nombreuses langues, et destiné à ceux désireux de mieux comprendre le monde qui nous entoure.

 

 

 

Un des apports de ce livre.

 

  Les gènes ne sont pas une chose rigide qui nous détermine en totalité.

 

   Un des apports intéressants du livre de Gotffried Schatz, c’est une explication claire du fonctionnement de nos gènes. Nous croyons communément que les gènes sont un système où tout notre comportement, nos tendances et nos capacités sont inscrites. En somme, nous  pensons être conditionnés par nos gènes.

   Quand il y a eu la découverte du génome (1953), la vulgarisation scientifique a entraîné une communication très imparfaite, voir partiellement fausse. Les médias, les intellectuels et également parfois les scientifiques ont eu un discours simpliste et réducteur.

   A la découverte du génome, on pensait tout pouvoir expliquer à partir des informations contenu dans nos gènes, il y avait à cette époque, une espèce d’euphorie qui n’avait plus vraiment à voir avec la rigueur scientifique (aujourd’hui on retrouve chez certains la même attitude vis-à-vis des neurosciences).

 

   Dans ce livre on découvre que l’être humain à quelques 25 000 gènes, chaque cellule de notre corps en contient deux copies, une  maternelle et une autre paternelle (venant de nos parents) de presque tous les gènes.  

   Les gènes constituent notre ADN (acide désoxyribonucléique) dans lequel est stockée  l’information génétique appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. Pour créer la matière biologique, l’utilisation des gènes se fait par « transcription », c’est un mécanisme biologique qui permet de « recopier » l’information des gènes, afin de crée des protéines. Ce mécanisme de lecture des gènes se fait à l’aide de l’ARN (acide ribonucléique), l’ADN à une certaine stabilité, l’ARN est lui temporaire.

 

   Nous avons 25 000 gènes dans chaque cellule de notre corps, présent en deux copies; donc potentiellement une cellule de notre corps peut produire 50 000 protéines différentes. Mais le réel est bien plus complexe, Gottfried Schatz nous indique qu’en fait nos cellules lisent de plusieurs manières notre génome.

   Tout d’abord un gène s’exprime ou pas, donc nous multiplions déjà par deux les possibilités. En plus les cellules du corps « lisent » les gènes de très nombreuses manières : soient en entiers, du début à la fin, ou bien la lecture commence à différents endroits,  ou encore elles ne lisent que des parties sélectionnées puis les combinent entrent elles. Nous apprenons que par ce jeu de lectures, nos cellules peuvent faire apparaître jusqu’à 70 000 protéines pour un seul gène….

   Mais ce n’est pas tout, après avoir construit une protéine, les cellules peuvent lui enlever ou ajouter différents groupes chimiques, modifiant ainsi sa structure et sa fonction.

   Nous apprenons dans ce livre que la science aujourd’hui ne sait pas vraiment quantifier le nombre exact de protéines que peut produire notre corps. Pour Gottfried Schatz il est probable que ce nombre soit plus de 100 000.

 

   Notre corps comporte quelques 10 000 milliards de cellules, toutes fortement liées entres elles, cela donne une très grande richesse d’action. Cette richesse en fait est un système inventé par la vie, pour échapper à l’éventuelle tyrannie des gènes.

   L’information inscrite dans les gènes est nécessaire, elle est le support de toute vie, de la transmission, de la continuité, de la construction et de la reproduction des êtres vivants.

   Cela peut paraître une limite, presque une prison, mais en réalité nous avons en nous une telle richesse d’interprétation de cette information, que nous voyons que chaque individu est en fait «unique».

 

   La biologie ne nous dit pas si nous sommes «libres», mais, et cela est important, elle nous indique que nous sommes unique et différent de tout autre. Nous avons en nous le potentiel d’être originaux, les clones n’existent pas.

 

   C’est la richesse, la diversité des possibles qui crée la singularité. Ce potentiel est là, à nous de jouer la partition de cette belle musique du vivant.

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Paul Pujol - dans Sciences et Cultures