22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 14:35

 

DSC01994(1W)

 

 

 

    La compréhension véritable d'un problème, n'est possible que par l'approche réaliste et lucide de ce même problème. L'homme ne peut jamais résoudre ses dilemmes intérieurs, car il ne sait pas les regarder en face, de manière véritable, sans préjugés, ni a priori. L'homme ne peut s'atteler directement à la tâche, il ne peut faire face à la vie, car il ne voit qu'à travers ses idéaux et assertions personnelles.

 

    - Pour quelles raisons, l'homme est-il lié ainsi à toutes ses idées, à toutes ses pensées ? Toutes ses idées, ses commentaires, sont l'opinion personnelle de l'individu, elles sont le résultat de ses déductions propres, par là, l'homme cultive son savoir, sa connaissance. En fait, les pensées forgent une connaissance, non pas du monde extérieur, mais de soi, de son intelligence, de ses performances mémorielles, de son propre être. Les pensées forment la connaissance de l'être envers lui-même, de son parcours de la prétendue ignorance vers le prétentieux savoir. Elles font exister le "moi", et engendrent un mouvement perpétuel en lui, une constante recherche de progression intérieure. En fait, par sa préoccupation permanente de soi, l'homme ne sait plus regarder simplement les choses de la vie.

 

    Voyons également que le mouvement de la pensée, engendre une lutte constante entre "ce que je suis" et "ce que je voudrais, ou ce que je devrais être". Ce conflit crée une séparation à l'intérieur même de l'homme. Si je dois changer, en premier lieu, il y a donc un moi présent, pas un moi glorieux ou resplendissant, mais un moi triste, envieux et plein d'ambitions. Ce moi projette en permanence des buts à atteindre, afin de devenir meilleur, plus fort, ou plus aimant. Cette projection vers l'avenir fait partie du mouvement de la pensée, car la pensée ne peut être statique ; sans cesse elle change, se perpétue dans la chaîne du temps. Donc l'œuvre de la pensée crée le moi, puis projette une image d'un moi plus performant. Alors l'homme court après l'image du progrès intérieur, et cette course entraîne douleurs et violences ; - car lorsqu'un but est atteint, insatiable la pensée en crée d'autres, plus beaux, plus attirants, et l’homme reprend sa course éperdue. Il passe sa vie ainsi, jusqu'à la lassitude devant toutes ses recherches, et la mort l'emporte. Et l'homme crée encore une image sur la mort, ignorant tout de sa beauté créatrice.  

    L'homme ne peut-il jamais faire face à la vie ? Ne peut-il affronter la réalité totale du monde, ne rien rejeter, ne rien repousser, et refuser de s'abîmer dans les abstractions religieuses, philosophiques, politiques, ou autres aberrations humaines ? Tant que le moi est le centre de l'action de l'homme, la souffrance règne et l'homme ne peut "voir", pour alors découvrir et être véritablement libre. Voyons le processus de la pensée ! Lorsque l'homme essaie de résoudre un problème, que fait-il réellement ? Cherche-t-il à comprendre vraiment l'objet de sa recherche, ou cherche-t-il à vanter son savoir, à renforcer sa connaissance ? Lorsque le moi observe, il observe à partir de lui-même, de toutes les informations dont il dispose ; il regarde l’objet en le comparant à ce qu'il sait déjà, c'est-à-dire, son propre contenu. Le moi cherche dans l’observation, la confirmation de sa connaissance, il prend l'objet de sa quête comme validité de son existence propre. Le moi, à travers les expériences, cherche la confirmation de son savoir, de son habileté à agir dans la vie. L'homme n'est que faiblement conscient d'un tel processus, pourtant il ressent profondément l'état de perdition intérieure où il se trouve ; mais son action, pour y remédier, fait appel à la pensée, et donc continue et prolonge la douleur.  

   

    Le moi et son action destructrice, sont-ils inéluctables, inhérents à la vie de l'homme ? L'égocentrisme et le sentiment d'être, découlent d'un conditionnement dû à la société, à l'histoire de l'humanité, depuis bien des temps reculés. Mais la base même de ce conditionnement est, en premier lieu, le fonctionnement de la pensée dans le cadre de la psyché humaine. La pensée a créé l'illusion d'une entité propre à l'homme, elle a façonné la connaissance de soi, puis elle a engendré le temps, par l'action du devenir psychologique. Voyons que l'observation véritable, réelle, d'une chose, d'un problème, relève d'une attention essentiellement tournée vers le présent, vers l'objet lui-même. Cette attention est "absence" de savoir, de connaissance, elle est absence du moi. Cette observation autre ne peut être expérimentée par l'homme, il ne peut l'acquérir dans sa mémoire, ne peut la cultiver.

 

    Voyons que lorsque l'homme observe véritablement, son esprit devient calme et silencieux, les pensées s'apaisent, les sens sont éveillés, vifs ; et si l'homme voit directement la chose, s'il rentre totalement en elle, alors à cet instant même, l'esprit est autre, car il agit en dehors du temps. Quand l'homme regarde un problème quelconque avec un regard attentif, sans discours, ni choix, sans but, lorsqu'il voit le problème dans toute sa réalité, alors le problème n'existe plus. L'homme découvre à l'instant précis l'acte de "voir ce qui est", l'esprit d'un seul coup déchire l'entrave du temps, des millénaires mémoriels.     

    - Le "moi" se dissout, il n'existe plus.

    Le temps, le devenir sont abolis. L'homme découvre un monde nouveau, où la souffrance et la violence ne sont pas ; dans ce monde autre, différent, son cœur fleurit et l'esprit est plénitude.   

    -  Alors immuable, c'est l'infini qui "est".
 

  

  Paul Pujol, "Senteur d'éternité"

  Editions Relations et Connaissance de soi

  "Du moi", pages 97 à 101.  

Partager cet article

Repost0
Paul Pujol - dans textes paul pujol
21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 10:58

 

 

Week-end résidentiel du

 

4 au 6 avril 2014

 

 

Rencontre d’étude J.Krishnamurti

avec Paul Pujol

à Beaumont La Ferrière (58)

 

Maison3 

 

Organisé par l'Association Champ de la Fontaine 

Au centre de l'Association Culturelle Krishnamurti

 

 

Un week-end résidentiel de dialogues et d'échanges basés sur l’étude d’un texte de Krishnamurti : « Les expériences vécues, la satisfaction,

la dualité, la méditation »

 

Voir le texte ici :

  Les expériences et la méditation 1/2.

Les expériences et la méditation 2/2.

 

Les thèmes abordés seront :

 

Qu'est-ce que l'expérience ? Peut-on avoir une expérience du réel ? Expérience et avidité de l'esprit.

La méditation au-delà de l'expérience.

 

   Chacun de nous veut vivre certaines catégories d'expériences, qu'elles soient mystiques, religieuses, sexuelles, ou celles de posséder beaucoup d'argent, d'exercer le pouvoir, d'avoir une situation, de dominer. En vieillissant, nous pouvons ne plus avoir d'appétits physiques, mais nous avons le désir de vivre des expériences plus vastes, plus profondes, de plus grande portée, et nous cherchons à les obtenir par toutes sortes de moyens tels que l'élargissement de notre conscience par exemple - qui est tout un art - ou l'intensification des sensations par des drogues.

  J.Krishnamurti : Se libérer du connu

 

Horaires de la rencontre :

 

Vendredi 4 avril 2014 

 

     - 17 h            Arrivée et accueil des participants

                                    - 19 h         Dîner (les repas sont végétariens)

                                    - 20 h 30    Présentation de Week-end et des participants

  

Samedi 5 avril 2014 


                                    - 8 h 30        Petit déjeuner

                                    - 10-12 h    Dialogues et échanges

                                    - 13 h          Déjeuner

                                    - 15-17 h     Reprise du dialogue

                                    - 19 h          Dîner / Soirée libre

 

Dimanche 6 avril 2014

 

                                      - 8 h 30      Petit déjeuner

                                - 10-12 h   Dialogue

                                      - 13 h        Déjeuner et clôture de la rencontre

 

 

    La rencontre serra animée par Paul Pujol, mais il est évident que tous les participants sont en quelques sortent également animateurs. Nous portons tous, et chacun la responsabilité de nos paroles et de nos actions. Donc chaque personne est responsable de la qualité des échanges, et chacun participe à la création d’une atmosphère favorable à l‘écoute de soi et de l’autre.

   Le texte proposé servira de fil conducteur au dialogue, nous allons le lire et l’étudier ligne par ligne. A chaque paragraphe (ou quand nous le désirerons), nous stopperons la lecture et nous dialoguerons que ce qui nous interpelle ou pose question dans ce texte, et nous essayerons naturellement de faire le lien avec notre vie quotidienne et notre vie de tous les jours. Nous n’acceptons rien par avance et nous examinons ce que dit Krishnamurti, avec doute et hésitation.

   "Par un regard commun nous essayerons de percevoir le faut pour le faut, et peut-être par cela percevrons nous aussi le vrai pour le vrai".

 

  Photo 47 KO 

       

    Paul Pujol est un auteur conférencier qui explore et étudie les mécanismes de l'esprit depuis plus de trente ans. Il est l'auteur des deux livres : "Senteur d'éternité" sélection de textes 1980 à 2010, et "Correspondances" à propos des enseignements de J.Krishnamurti.

 

 

 

 

 

Le nombre de places est limité.

Coût du stage et du séjour (hébergement, repas et collations) 140 €

Suplément de 10 € pour aller et retour à la gare de La Charité sur Loire


Pour les inscriptions et les réservations, veuillez vous adresser à :

  

Association Champ de la fontaine

La Maison, 58700 Beaumont la Ferrière

http://la-maison-beaumont.blogspot.fr/

la-maison@hotmail.fr / champdelafontaine@yahoo.fr

Tél : 03 86 38 21 78 / 06 77 17 18 36

Christianne : 03 86 60 15 07 / 06 84 11 32 62

 

Voir le document PDF de la rencontre    PDF Week-end du 4 au 6 Avril 2014

 

Partager cet article

Repost0
Paul Pujol - dans Activités 2014
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 12:18

 

neptune

 

   La planète Neptune découverte en 1846 (le 23 septembre) par Urbain Le Verrier, va effectuer depuis cette date sa première révolution autour du soleil. C'est à dire que cette planète fait un tour complet (révolution) autour du soleil en 165 ans, et donc elle va fêter sa première année neptunienne depuis la découverte de Le Verrier.

    L'unité de référence est l'année terrestre, en effet la terre fait une révolution autour de notre étoile en 365/366 jours. Mais Neptune est beaucoup plus éloignée, a environ 4,5 milliards de km du soleil, c'est à dire trente fois la distance Terre/soleil. Cette distance énorme entraîne que son année correspond à 165 de nos années terrestres.

    Rappelons que Neptune est la huitième planète du système solaire.

     Photo: http://www.astronomes.com/c8_solaire/p832_neptune.html

 

Partager cet article

Repost0
Paul Pujol - dans Sciences et Cultures
25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 08:48

 


   Je tenais à partager avec vous cette découverte récente, au niveau de l'origine étymologique de certains mots.
  Récemment je me suis demandé s'il y avait un lien entre "  l'offense ", " être offensé " et le mot " offensif ". Et de manière inattendue pour le lecteur que je suis, le dictionnaire m'a amené au mot " défendre ".
  Quel lien subtil et très intéressant...


 
OFFENSE:
  - vers 1225; 
estre en offence de " être coupable de ",fin XIIème; latin offensa de " défendre ".
   
Parole ou action qui offense, qui blesse quelqu'un dans son honneur, dans sa dignité.

 
OFFENSER:
 
- Vers 1450 de offense; à remplacer l'ancien français offrendreXIIème; latin offendere " défendre".
    Blesser quelqu'un dans sa dignité ou dans son honneur, par la parole ou par l'action.

 

  OFFENSIF(IVE):
   
- 1538; " Offensant " 1417; de l'ancien Français offendre; latin offendere: d'après défensif " défendre ".
  Qui attaque, sert à attaquer.

 
  DEFENDRE:
 
Ce verbe  issu du latin defendere " écarter, repousser ( l'ennemi ) ", d'où " protéger ", d'un ofendere " frapper, heurter ".
Offense reprend l'idée de choc, de blessure et a servi à former offenser, en remplacement de l'ancien Français offendre " attaquer ".


   Les lettres en italiques sont, soient du latin, soient de l'ancien Français.
  Référence: Le Petit Robert de la langue française, édition 2006.
 

 
Cela est assez clair, n'est-ce pas?

  Celui qui est blessé a reçu un choc, une attaque contre son amour propre. Cela découle directement de notre volonté de nous protéger du monde, de l'écarter et de le repousser.
  Dés que l'on se retranche en soi-même, que l'on pense être à l'abri du monde, celui-ci frappe à notre porte, c'est inévitable.
  On ne peut se retirer du monde, c'est une illusion. Alors le monde frappe à notre porte close, il se rappel à nous. Comme nous ne voulons pas être dérangé, cela nous gêne et au final nous prenons cela comme une agression, comme une attaque de l'extérieur. On peut résister quelque temps, mais immanquablement, viendra le moment de la riposte, de ma réaction et alors " le moi " passe à l'offensive, il attaque à son tour.

  Voyez-vous chers amis, ce qui est décrit là, c'est la peur du monde, la violence de l'homme envers l'homme, la barbarie...

  Celui qui se sent blessé, en fait résiste au monde tel qu'il est; il préfère son monde, sa définition. Mais tout son monde intérieur isole l'homme, le coupe des autres, il n'est plus avec un avec la vie. Et comme c'est un sortilège puissant, l'être humain malheureux pense qu'il doit trouver le bonheur en lui-même, que ce monde est trop cruel et insignifiant; alors il s'isole encore plus et la névrose remplie sa vie.
  Peut-on être sans protection? La protection est le résultat de la peur, n'est-ce pas ? La vie nous parait menaçante, terrible, sans aucun sens profond, le monde est tellement violent. Devant la cruauté de la société, l'homme a un mouvement de recul et d'effroi; il lui faut trouver un refuge, un lieu non souillé par tout cela.
  On peut naturellement se retirer du monde, mais cela change-t-il le monde? Il faut voir aussi que nous sommes le produit du monde, nous sommes totalement formé par celui-ci, donc quand je me retire, j'emmène le monde avec moi. Dans ma retraite, j'emporte toute la laideur et la violence de la société, cette action de se retirer fait partie intégrante de cette même société.
  L'homme peut partir à l'autre bout de la planète, dans le désert ou l'Himalaya, le monde des croyances le suit d'aussi près que son ombre, toutes les valeurs du monde voyage avec lui; ce qui fait que le monde ne peut se transformer, il ne peut y avoir aucun changement profond.

  A-t-on peur de ce que l'on aime?

  Il me semble que l'homme n'aime pas la vie, ni les cieux, ni la terre; la nature et ses animaux lui sont totalement indifférents. Il faut avoir des mots pour s'inquiéter de tout cela, écologie, développement durable, pénurie. Si on regarde bien ces paroles, on voit qu'elles sont l'expression de la peur, de l'angoisse, et non de l'amour de la terre. L'homme n'aime pas la terre, il n'aime pas la vie ,ni son prochain. Comment se fait-il que l'homme soit devenu si insensible?
  Est-ce parce que l'homme s'est tourné vers lui-même? Vers ses propres préoccupations, sa famille, son pays, sa religion, ses plaisirs particuliers? L'homme s'est tourné vers lui-même et il a rejeté le monde. C'est comme perdre l'Eden, messieurs et dames. Être sans protection, c'est ne pas avoir peur, ne pas être dans la crainte, car on sait que cette vie est de toute beauté. Ce monde est tellement immense, avec se forêts insondables, ses monts silencieux, toute cette nature si généreuse et mystérieuse.
  Nous faisons partie de cela, excusez-moi pour ce qui va être dit, mais ce monde est sacré...

  Ne vivons pas comme des êtres destructeurs, froids et insensibles; Nous vivons sur le plus beau des mondes, fragile et impénétrable dans son essence.
  Soyons un avec cette immensité, alors le peur sera hors de notre coeur, innocent et fragile nous vivrons libre et l'esprit du monde sera nôtre.


  Paul Pujol, le 13 septembre 2009. 

Partager cet article

Repost0
Paul Pujol - dans Ethymologie
20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 15:18

 

 

 

  Quand l'illusion du moi pend fin, que reste-t-il? Il existe un espace qui n'est plus divisé en "distance" entre moi et autrui. Dans cet espace sans fin  tout est compris, il n'y a pas de "bord du monde".

     Quand nous décidons d'explorer l'esprit, nous confondons les pensées, les idées avec le réel. Nous prenons le concept pour le réel et nous somme persuadés que c'est avec la pensée, le symbole que nous allons comprendre les choses. 

     Cet extrait n'est naturellement qu'une vue réduite d'un journée d'échanges...

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
Paul Pujol - dans Vidéos