19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 14:08

 

 

  Pour ceux qui se trouvent en Suisse cet été, il y a une exposition consacrée à J. Krishnamurti au musée du Gessenay à Saanen.

 

  Du 14 juillet au 22 septembre 2019, tous les jours sauf le lundi, de 14 h à 17 h. Exposition de livres et vidéos.

 

  Il y aura également des projections de vidéos suivis de dialogues les (se renseigner auprès du musée sur la langue pratiquée, probablement l'Allemand avec possibilité de traduction en Anglais et Français) :

  - 20 juillet, de 16 h 30 à 18 h.

  - 21 juillet, de 15 h à 16 h 30.

  - 10 août, de 16 h 30 à 18 h.

  - 25 août, de 15 h à 16 h 30.

  - 8 septembre, de 15 h à 16 h 30.

 

Prix d'entrée:
  Adult: CHF 8.--
  Enfants à partir de 6 ans: CHF 6.--

Une exposition dédiée à J.Krishnamurti à Saanen.

Adresse:

Museum der Landschaft Saanen 
Dorfstrasse 62
3792 Saanen
Tel.: +41 33 744 79 88

http://www.museum-saanen.ch
info@museum-saanen.ch

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Paul Pujol - dans J. Krishnamurti
25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 11:31

 

 

    Une plongée dans une Chine oubliée, faite de calligraphie et d'approche de la vie Taoïste, avec une touche de Bouddhisme Chan (libertaire et irrévérencieux).

    Dix ans d’immersion avec Fabienne Verdier, un long voyage intérieur et extérieur.

 

    Pour tous ceux qui pensent que l'art rime avec liberté.

 

 

    Présentation de l'éditeur:

 

    Tout quitter du jour au lendemain pour aller chercher, seule, au fin fond de la Chine communiste, les secrets oubliés de l'art antique chinois, était-ce bien raisonnable ? Fabienne Verdier ne s'est pas posé la question : en ce début des années 80, la jeune et brillante étudiante des Beaux-Arts est comme aimantée par le désir d'apprendre cet art pictural et calligraphique dévasté par la Révolution culturelle. Et lorsque, étrangère et perdue dans la province du Sichuan, elle se retrouve dans une école artistique régie par le Parti, elle est déterminée à affronter tous les obstacles : la langue et la méfiance des Chinois, mais aussi l'insupportable promiscuité, la misère et la saleté ambiantes, la maladie et le système inquisitorial de l'administration... Dans un oubli total de l'Occident, elle devient l'élève de très grands artistes méprisés et marginalisés qui l'initient aux secrets et aux codes d'un enseigne- ment millénaire.
    De cette expérience unique sont nés un vrai récit d'aventures et une oeuvre personnelle fascinante, qui marie l'inspiration orientale à l'art contemporain, et dont témoigne son extraordinaire livre d'art L'unique trait de pinceau (Albin Michel).

 

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Paul Pujol - dans Sciences et Cultures
5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 15:29

 

Du 14 au 20 août 2021.

Rencontre d’été en Savoie.

 

Séminaire d’étude de

l’enseignement de J. Krishnamurti.

 

A Le Pré, Les Avanchers Valmorel (73).

Un séminaire d’étude, basé sur des DVD de Jiddu Krishnamurti. Il y aura des dialogues, des échanges, du silence, et des promenades dans la montagne.

 

 

Le thème général sera:

 

 « L’esprit libre de la peur et

de la souffrance. »

 

Dans ce séminaire, il s’agit d’étudier en profondeur l’enseignement de J. Krishnamurti, de le questionner, de l’explorer. Pendant cette semaine, nous essayerons de mettre en œuvre une compréhension au-delà du mental, une vision subtile et pénétrante de l’esprit.

Pourquoi étudier cet enseignement ?

 

Nous sommes tous confrontés à la souffrance dans nos vies, et pourtant personne ne désire vivre cela. Nous abordons évidemment la vie avec notre esprit et le mouvement de la pensée. Se pourrait-il qu’il existe des dysfonctionnements dans notre esprit qui favorisent la souffrance ? Krishnamurti nous parle de cela, de l’esprit et de son fonctionnement, de la création et de la fin de la souffrance. Son enseignement est un immense voyage au sein même de l’esprit, qui englobe et dépasse le mouvement de la pensée. Etudier cet enseignement, c’est aborder les confins de la pensée, et découvrir une manière totalement neuve de vivre.

 

Activités :

 

Comme support d’étude, nous regarderons une série de DVD de

causeries de Krishnamurti, réalisée à San Diégo en 1970.

Vous pouvez visualiser ces causeries sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=ojjZut2-fu0&list=PL1n30s-LKus5Gonnrq2Ul2u2AfpwQC8Hn&index=161&t=5s

 

 

Nous aurons ensuite des dialogues entre nous, ces échanges ne sont pas des débats d’opinions, ou des séances de psychothérapie collectives. 

Nous n’acceptons rien par avance et nous examinons ce que dit Krishnamurti, avec doute et hésitation. Dans cette étude il s’agit de bien faire corps avec son enseignement. Ces dialogues sont des explorations des mécanismes de la conscience, ils doivent être menés sérieusement, avec une réelle affection entre les participants. Nous entreprenons un voyage de l’esprit et dans l’esprit, nous faisons cela en direct et surtout,

nous « apprenons ensemble ». 

Une petite bibliothéque des livres de Krishnamurti, serra

également mise à votre disposition.

Le lieu du séminaire :

 

"La Vigogne"

Notre séminaire se déroulera dans un ancien hôtel transformé en maison familiale de vacances. La Vigogne est à 1200 m d'altitude. C'est un grand chalet de trois étages entouré de balcons, nous partagerons le lieu avec des vacanciers venus profiter de la montagne et du grand air. Particulièrement bien ensoleillé, le chalet se situe dans le village du Pré, à 2 km de Valmorel et aux portes du Parc national de la Vanoise. La Vigogne est placée dans une magnifique vallée très dégagée. Vous trouverez tous les services et commerces à proximité dans Valmorel.

La Vigogne: Le Pré 73260 - Les Avanchers Valmorel

Tél : 04 79 09 81 89 / www.la-vigogne.com

Horaires de la rencontre

 

Début du séminaire : Samedi 14 août

- 17h : Arrivée et accueil des participants.

- 19 h : Présentation du séminaire et des participants.

- 20 h : Dîner.

Fin du séminaire : Vendredi 20 août.

- 7h30 à 9h : Petit déjeuner.

- 9h à 10h : Nettoyage des chambres, clôture du séminaire et départ. Les chambres doivent être libres à 10 h.

 

Programme journée type (susceptible d’aménagements…).

- 8 h à 9 h : Petit déjeuner

- 9 h 30 à 11 h 30 : DVD Krishnamurti (suivie d’une courte pause) et dialogue entre les participants.

- 13 h : Déjeuner (possibilité de pique nique tous les jours, pour

ceux qui veulent faire une promenade en début d’après-midi).

Temps libre jusqu'à 16 h.

- 15 h 30 à 18 h 30 : Reprise du dialogue et approfondissement.

- 20 h : Dîner.

 

Dans la semaine, il y aura une journée entière, et une demi-journée de balade dans la montagne environnante. Prévoir des chaussures de marche, un sac à dos et une gourde (voir un chapeau pour le soleil…).

Organisation et animation :

 

La rencontre est organisée par Paul Pujol (en tant que membre du Réseau ACK), il en sera également l’animateur, mais il est évident que tous les participants sont en quelque sorte également coresponsables. Chacun apporte avec lui une ambiance, une couleur, et c’est la somme de ce que nous amenons qui crée la couleur de ce séminaire. Donc chaque personne est responsable de la qualité des échanges, et chacun participe à la création d’une atmosphère favorable à l‘écoute de soi et de l’autre.

 

  Paul Pujol explore et étudie les enseignements de Krishnamurti depuis près de quarante ans. Il anime des rencontres et séminaires autour de la connaissance de soi depuis 2005. Il est également l'auteur de deux livres.

 

Pour les activités quotidiennes (mettre la table, vaisselle, nettoyage des chambres), nous demandons une action participative de chacun. Ces actions font parties intégrantes du séminaire. Elles nous permettent de faire le lien avec les autres personnes présentes à la Vigogne (vacanciers, personnels), et avec la vie de tous les jours, dans ces gestes du quotidien. Cela nous permet aussi de réduire certains frais et de proposer des tarifs les plus bas possibles. Nous vous remercions de

votre compréhension bienveillante.

Vigilance sanitaire :

Nous attirons votre attention sur une certaine vigilance au niveau sanitaire, nous devons prendre soin de la santé de tous. La Vigogne est assimilée au domaine de l'hôtellerie, le pass sanitaire est donc obligatoire pour cette rencontre.

L'hébergement :

 

En pension complète. Chambres deux ou trois lits,

toutes avec un balcon. Douches et toilettes à chaque étage.

Commodités :

 

Les draps sont fournis, mais vous devez amener vos serviettes de bains. La vigogne n'est pas un hôtel, c'est une maison familiale, aussi une aide est demandée pour mettre et débarrasser les tables, pour essuyer la vaisselle. Il est également demandé, de nettoyer et laisser les

chambres propres au départ.

 

Tarifications et réservations :

 

Séminaire d’étude J. Krishnamurti du 14 au 20 août 2021.

Pension complète (avec option repas végétariens) : 360 €.

Ajouter le coût du séminaire : 200 €.

Réservations :

Effective à réception d'arrhes de 200 €

 Voir le document PDF de réservation à remplir.

En cas de décisions gouvernementales liées à la crise sanitaire (reconfinement stricte, fermeture administrative des lieux d’ébergement…), entraînant l’obligation d’annuler du séminaire.

Les arrhes vous seront intégralement remboursées.

Inscriptions et renseignements :

 

Le nombre de places étant limité pour des raisons sanitaires, il est fortement recommandé de s'inscrire au plus tôt. A noter que les inscriptions se font par ordre chronologique.

La date butoir pour les inscriptions est fixée au 7 août.

 

Pour tous renseignements  :

Paul Pujol 

06 82 33 09 05 / pujolpaul@msn.com

37 route de Reyrieux 01600 Trévoux

Relations et Connaissance de soi : www.paul-pujol.net

SIRET : 38296700800063

Accès à la Vigogne :

Voir le document PDF joint.

 

Relations et Connaissance de soi: www.paul-pujol.net

Paul Pujol, 37 route de Reyrieux

01600 Trévoux / France

SIRET: 38296700800063

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Paul Pujol - dans Activités 2021
4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 11:38

   

 

  Voici un des extraits du texte qui a servi de support à un séminaire d'étude Krishnamurti au centre culturelle de Beaumont (la Maison), qui a eu lieu du 28 février eu 3 mars 2019.

 

 

 

Voir et écouter, l'art, la beauté, l'austérité,

les images, les problèmes, l'espace.

 

 

Extrait 1.

 

 

  Nous nous sommes interrogés sur la nature de l'amour et nous sommes parvenus à un point qui, me semble-t-il, nécessite une plus grande pénétration, car il nous faut prendre davantage conscience de ses prolongements.

    Nous avons découvert que, pour la plupart des personnes, l'amour est le réconfort que procure une existence assurée, la garantie d'une satisfaction émotionnelle capable de durer toute une vie. Je me suis avancé alors et j'ai posé la question: « Est-ce cela, l'amour? » Je vous ai incités à regarder en vous-mêmes et peut-être cherchez-vous à ne pas voir la réponse à cette question car elle est de nature à vous troubler. Peut-être préféreriez-vous que nous nous entretenions de ce qu'est l'âme ou de la situation économique? Mais en supposant que je vous aie mis le dos au mur, vous avez pu vous rendre compte que ce que vous avez jusqu'ici appelé amour n'est que satisfaction mutuelle et exploitation réciproque.

    Lorsque je dis: « L'amour n'a pas d'hier et pas de demain », ou bien: « Où il n'y a pas de centre est l'amour », cela a une réalité pour moi, mais pas pour vous. Vous pouvez citer ces phrases et en faire des formules, mais cela n'aurait aucune validité. Il vous faut voir clair en vous-mêmes, mais pour cela, vous devez avoir la liberté de regarder sans juger: sans condamner ou absoudre, rejeter ou acquiescer.

 

   Voir est une des choses les plus difficiles au monde: voir ou entendre, ces deux perceptions sont semblables. Si vos yeux sont aveuglés par vos soucis, vous ne pouvez pas voir la beauté d'un coucher de soleil. Nous avons, pour la plupart, perdu le contact avec la nature. La civilisation nous concentre de plus en plus autour de grandes villes ; nous devenons de plus en plus des citadins, vivant dans des appartements encombrés, disposant de moins en moins de place, ne serait-ce que pour voir le ciel un matin ou un soir. Nous perdons ainsi beaucoup de beauté. Je ne sais pas si vous avez remarqué combien peu nombreuses sont les personnes qui regardent le soleil se lever ou se coucher, ou des clairs de lune, ou des reflets dans l'eau.

    N'ayant plus ces contacts, nous avons une tendance naturelle à développer nos capacités cérébrales. Nous lisons beaucoup, nous assistons à de nombreux concerts, nous allons dans des musées, nous regardons la télévision, nous avons toutes sortes de distractions. Nous citons sans fin les idées d'autrui, nous pensons beaucoup à l'art et en parlons souvent. A quoi correspond cet attachement à l'art? Est-ce une évasion? Un stimulant. Lorsqu'on est directement en contact avec la nature ; lorsqu'on observe le mouvement de l'oiseau sur son aile ; lorsqu'on voit la beauté de chaque mouvement du ciel ; lorsqu'on regarde le jeu des ombres sur les collines ou la beauté d'un visage, pensez-vous que l'on trouve le besoin d'aller voir des peintures dans un musée ? Peut-être est-ce parce que vous ne savez pas voir tout ce qui est autour de vous que vous avez recours à quelque drogue pour stimuler votre vision.

 

    Il y a l'histoire d'un maître religieux qui parlait tous les jours à ses disciples. Un matin où il se trouvait sur son estrade, s'apprêtant à parler, un petit oiseau se posa sur le rebord de la fenêtre et se mit à chanter de tout cœur. Lorsqu'il se tut et qu'il s'envola, le maître dit : « Le sermon de ce matin est terminé. »

    Une de nos plus grandes difficultés est, à mon sens, celle qui consiste à voir par nous-mêmes, d'une façon réellement claire, non seulement le monde extérieur, mais notre vie intérieure. Lorsque nous pensons voir un arbre, une fleur, ou une personne, les voyons-nous réellement, ou voyons-nous l'image que le mot a créée ? Lorsque vous regardez un arbre, un nuage, par une soirée lumineuse et délicieuse, ne les voyez-vous qu'avec vos yeux et votre intellect, ou les voyez-vous totalement, complètement?

    Avez-vous jamais essayé de regarder un élément quelconque du monde objectif – un arbre, par exemple sans les associations et les connaissances que vous avez acquises à son sujet, sans préjugés, sans jugements, sans aucun des mots qui font écran entre vous et l'arbre et qui vous empêchent de le voir tel qu'il est dans sa réalité? Essayez donc, et voyez ce qui se produit lorsqu'on observe de tout son être, avec la totalité de son énergie. Vous verrez que dans cette intensité il n'y a pas du tout d'observateur: il n'y a que de l'attention. Ce n'est que l'inattention qui sépare l'observateur de la chose observée. Dans l'attention totale il n'y a pas de place pour des concepts, des formules ou des souvenirs. Il est important de comprendre ce point, car nous allons entrer dans un domaine qui exigera une très soigneuse investigation.

 

    

    Seuls ceux qui savent regarder un arbre, les étoiles, les eaux scintillantes d'un torrent, dans un état de complet abandon, savent ce qu'est la beauté. Cet état de vision « réelle » est l'amour. En général c'est par des comparaisons, ou à travers ce que l'homme a assemblé que nous apprécions la beauté, ce qui veut dire que nous l'attribuons à quelque objet. Je vois ce que je considère être un bel édifice, et j'apprécie sa beauté à cause de mes connaissances en architecture qui me permettent de le comparer à d'autres édifices que j'ai vus. Mais je me demande maintenant: « Existe-t-il une beauté sans objet? » Lorsque l'observateur, qui est le penseur, le censeur, celui qui vit l'expérience vécue, est présent, la beauté est un attribut extérieur que l'observateur voit et juge. Mais lorsque cet observateur n'est pas là – ce qui demande des recherches et de longues méditations – alors apparaît une beauté sans objet.

    La beauté réside dans le total abandon de l'observateur et de l'observé, et cet abandon de soi n'est possible qu'en un état d'austérité absolue. Ce n'est pas l'austérité du prêtre avec sa dureté, ses sanctions, ses règles, son obédience ; ce n'est pas l'austérité des vêtements, des idées, du régime alimentaire, du comportement ; c'est celle de la simplicité totale, qui est une complète humilité. Il n'y a, alors, rien à accomplir, aucune échelle à grimper, mais un premier pas à faire, et le premier pas est celui de toujours.

    Supposez que vous vous promeniez seul, ou en compagnie, que vous ayez cessé de parler, et que vous soyez plongé dans la nature. Aucun aboiement ne se fait entendre, pas un bruit de voiture, pas un battement d'ailes. Vous êtes complètement silencieux et la nature autour de vous est totalement silencieuse aussi. Cet état de silence, à la fois de l'observateur et de l'observé, lorsque le témoin ne traduit pas en pensées ce qu'il observe, ce silence dégage une beauté d'une qualité particulière où ni la nature ni l'observateur ne sont là, mais un état d'esprit entièrement, complètement seul: seul, non isolé, seul en une immobilité qui est la beauté.

 

    Lorsque vous aimez, l'observateur est-il là? Il n'est là que lorsque l'amour est désir et plaisir. Mais lorsque le plaisir et le désir ne lui sont pas associés, l'amour est intense ; il est, telle la beauté, quelque chose de totalement neuf tous les jours. Ainsi que je l'ai dit, il n'a pas d'hier et pas de demain.

 

 

J. Krishnamurti.

Se libérer du connu.

Chapitre 11. Voir et écouter; L'art ; La beauté ; L'austérité ; Les images ; Les problèmes ; L'espace.

Extrait 1, pages 89 à 92.

 

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Paul Pujol - dans Textes de K
10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 14:45

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Juin 1990

 

     

 

    La vie de l'homme n'a aucune signification profonde, n'a aucun sens réel, qui soit au-delà de la simple réaction, qui soit autre chose qu'une action due à un conditionnement. L'homme, tout au fond de son être, sait cela, il sait l'illusion des apparences. Le visage peut se voiler de satisfaction, mais l'esprit, lui, ne le peut pas, seuls les sentiments profonds le modèlent et le transforment. L'esprit de l'homme n'est pas touché par les agencements extérieurs, sa crainte et son non-accomplissement sont ses seules bases.

    C'est sur ces bases que l'esprit crée l'illusion du moi, car le moi qui perdure après la mort donne un espoir, puisque tout ne s'achève pas. Le non-accomplissement de l'esprit est moins pesant, car il y a de nombreux futurs pour s'accomplir. Tout ceci apaise l'esprit, car on lui donne une échappatoire, son état présent n'est pas irrémédiable, demain la solution sera trouvée. Et l'esprit se satisfait, l'inertie et la somnolence s'installent, ce qui aide encore à mieux oublier ce qui est présent, là, tout au fond, c'est à dire le centre même de l'esprit. Voyons que ce mécanisme ne résout aucune chose, il permet à l'esprit de s'assoupir et de ne pas affronter la réalité ; cela entraîne une satisfaction des limites. L'esprit s'émousse, car il accepte la laideur en lui, il ne veut pas la détruire, il la gère de son mieux afin de subir le moins de dérangement possible.

 

    Quels sont les fondements de la crainte, et du sentiment de non-accomplissement de l'esprit ?  La crainte de l'esprit humain est essentiellement basée sur le refus viscéral de la mort. L'esprit de l'homme tout au long de son existence à façonné l'image d'un moi, c'est-à-dire une partie de l'esprit qui soit autre que la matière, que le physique. Cette croyance est créée par le mouvement permanent de la pensée, celle-ci cherche toujours à se prolonger dans le temps, à exister sur une base statique, figée. Cette croyance est étroitement liée au sentiment de non-accomplissement, chaque homme possède cela en lui, mais très peu arrivent à définir exactement cet état intérieur.  

    Qu'est-ce donc que le non-accomplissement ? Une chose qui n'arrive pas à s'accomplir pleinement, c'est une chose qui n'arrive pas à utiliser la totalité de ses possibilités. C'est un état, où un être humain doué de vie et de sensibilité extrême, ne peut exprimer pleinement toutes ses facultés. Donc au tréfonds de l'homme siège son esprit, cet esprit ne peut vivre pleinement, ne peut s'exprimer entièrement. Quel rapport existe-t-il, entre cet esprit individuel non-accompli, et la croyance profonde du moi ? Le moi est considéré comme étant "la partie divine" de l'esprit, cela est son essence même. Donc l'esprit n'est pas essentiellement crainte, violence, jalousie et ambition ; étant d'essence divine, il n'est plus uniquement un produit conditionné. Aucun être humain ne peut s'accomplir pleinement si son action est limitée par des démarcations, si belles soient-elles. Le moi est la partie privilégiée de l'esprit, mais l'esprit de l’homme dans sa totalité n’est-il pas un produit entièrement conditionné. Les sensations, la mémoire, le cerveau, les pensées et les sentiments, tout cela forme l'esprit humain. Il ne peut agir autrement que par référence aux conditions de toute vie ; cela n'est ni triste, ni gai, ni plaisant ou déplaisant, "cela est".

 

    L'esprit peut créer l'illusion d'un moi différent, ce moi est engendré par l'esprit, par la pensée. Par cela nous voyons que le moi est également violent, haineux et ambitieux, car il ne vit que pour ses existences futures, il méprise le présent et les actes simples de la vie quotidienne. Le moi désire seulement se préoccuper de vie mystérieuse et spirituelle, mais cette action entraîne un mouvement égocentrique très important.  

    Voyons l'ensemble du processus : l'esprit humain est incomplet, il sent qu'il ne vit pas pleinement, il se sent limité. Ce sentiment d'insatisfaction, de non-réalisation, entraîne la recherche, la croyance, et l'existence d'un "moi divin", partie qui transcende la mort et les conditions de vie humaine. Nous voyons que dans la réalité, le moi qui est une partie de l'esprit, est identique à l'esprit. Il vit par le désir, la mesquinerie et la tromperie, ses "qualités" sont identiques à celles de l'esprit. Alors l'esprit au travers de sa croyance, perçoit confusément que même comme cela, il demeure limité, il ne peut s'épanouir totalement. L'esprit humain peut-il s'accomplir véritablement ? L'esprit humain est un ensemble qui comporte le cerveau, la mémoire et les pensées, sur cela se greffe tout le reste : sensations, émotions, sentiments. Regardons avec lucidité ce qui est, usons de la vision profonde : l'esprit tel qu'il est, n'arrive pas à vivre une totale plénitude. Donc nous voyons que les sensations, les émotions et les sentiments ne suffisent pas pour amener la plénitude dans l'être. Nous avons mis de côté la croyance dans une entité "immortelle et divine", nous avons vu son illusion ; car cela était simplement une partie de l'esprit, et donc était de même essence. Regardons maintenant ce que nous appelons l'esprit humain, nous pensons tous avoir un esprit propre, un esprit différent d'autrui. Nous sommes persuadés que notre cerveau est unique, que nos pensées sont personnelles, c'est-à-dire qu'elles sont forcément différentes des pensées de notre voisin.  

 

    Mais cela est-il réel ? Suis-je véritablement différent de l'autre ? Lui aussi a l'impression d'être brimé, il connaît aussi cette même solitude, il recherche désespérément l'amour, comme moi et comme tout un chacun. Le mouvement de la pensée est identique dans tous les hommes, c'est à dire que cela est un mouvement, une quête incessante de réalisation, de perfectionnement de soi. Une amélioration constante qui donne naissance au concept de temps psychologique. Nous avons rejeté le moi, mais à l'intérieur de nous, l'esprit poursuit son œuvre. La pensée crée des images de lendemains meilleurs, et l'homme court après ces paradis futurs ; mais jamais l'homme n'atteint le futur, il demeure toujours dans le présent. Notre esprit n'a pas de caractéristiques qui le mettent hors de l'humanité. Le fonctionnement du cerveau, des pensées, est le même pour tous les êtres humains. Cela entraîne que la liberté ne se trouve pas dans l'illusion d'un esprit séparé, autonome, indépendant du monde qui l'entoure.

    Sommes-nous donc voués à être des clones amorphes, tous moulés sur un même schéma ? Nous voyons, que plus l'homme utilise son esprit pour devenir libre, plus il s'enchaîne à des actions mécaniques. L'esprit humain peut-il avoir d’autres moyens d’investigation que la pensée et la mémoire? Voyons d'abord que l'homme n'est que mémoires. Ses pensées, ses déductions, ses actions sont basées sur la mémoire. Donc si on va au-delà de la mémoire, on va au-delà de l'homme. L'esprit humain peut-il être simplement "esprit" ? Existe-t-il autre chose que la mémoire ? Nous touchons quelque chose d'essentiel. L'esprit de l'homme, son cerveau, peuvent-ils exister au-delà de toute mémoire, de toute référence ?

 

    Il est dit à travers le monde, que le cerveau n'utilise réellement que très peu de ses possibilités. Le cerveau peut-il avoir d’autres fonctions que celle de mémoriser ? Cette action mécanique, si elle seule existe, ne fait-elle pas partie de ce qui sclérose l'esprit ? L'homme est en permanence submergé par ses pensées, il ressasse constamment ses malheurs et ses peines, ou bien il s'enlise dans les souvenirs de délices passés. Cela détériore l'esprit, le cerveau se réduit à cela. Mais regardons l'oiseau qui s'envole en criant, voyons le regard clair et vif du chien prêt pour le jeu ; n'y a-t-il pas là un message, une indication ? Lorsque l'on se trouve face à une chaîne de montagnes enneigées, ou face à un crépuscule finissant, irradiant de rouge le ciel entier, pendant quelques instants la crainte et la souffrance se sont dissipées. L'esprit pendant quelques instants s'est trouvé soulagé de son fardeau. Devant le spectacle grandiose de la nature, les pensées se sont tues momentanément. Pendant le ravissement, la mémoire et les souvenirs, tout cela n'existait plus, seul comptait la beauté offerte au monde par la montagne ou le ciel.

    Dans cet instant, voyons quelle était l'action de l'esprit, du cerveau : pas de mots, pas de pensées, aucune mémoire, seul comptez ce qui était présent. Dans l'esprit il n'y avait qu'une seule chose, c'était de l'attention, un regard attentif à ce qui est. Dans cette action, le cerveau également est attentif, c'est à dire qu'il demeure silencieux, sans message aucun, mais il n'est pas endormi, en fait il palpite et vibre, tellement l'attention le tient en éveil. Dans l'attention, le cerveau est au repos, inactif. Celui-ci est immobile, alors c'est l'esprit qui perçoit directement, sans commentaire, sans analyse. Le cerveau, par son silence, permet à l'esprit de "voir". Cette vision n'a aucun lien avec la mémoire et l'éducation, n'a aucune relation avec le conditionnement humain ; c'est seulement dans cette action que l'esprit "est" autre. Cette vision directe de l'esprit discerne véritablement les choses telles qu'elles sont. Cette action a pour effet de se clarifier elle-même, lorsque la lumière touche la pénombre, la clarté va en grandissant sans cesse. 

 

    La vision directe, profonde, libère des chaînes du moi et de la mémoire ; et c'est seulement quand toutes les chaînes sont rompues, que l'esprit peut croître et se développer totalement, pleinement. Sans la vision profonde, qui est clarté et lumière, aucun être ne peut briser la crainte et l'appréhension, aucun être ne peut s'accomplir totalement.

    La vision profonde dénoue tout problème sur lequel elle se pose ; - son regard efface toute blessure, toute peine, ainsi que toute violence et toute haine.

    Alors, lorsque toutes les frontières sont tombées, alors l'esprit peut croître démesurément, il peut remplir les cieux et l'univers ; - il peut devenir l'étoile et l'abeille, car alors c'est l'esprit qui "est", et cela n'est autre que l'infini.

 

      

       

    Paul Pujol, "Senteur d'éternité"

    Editions Relations et Connaissance de soi

    "Le non accomplissement, ou la crainte de l'esprit", pages 123 à 129. 

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