25 février 2025 2 25 /02 /février /2025 09:19

 

 

 

Voici un nouveau livre de J. Krishnamurti paru

le 12 septembre 2024.

 

 

 

La présentation de l'éditeur:

 

Dans cet essai inédit, Krishnamurti, l'un des plus grands penseurs du XX e siècle, analyse le phénomène de la peur qui entrave notre esprit et donne des clés pour tenter de la dominer.

" La peur n'est jamais une réalité : elle intervient avant ou après l'instant présent. La peur dans l'instant présent, est-ce de la peur ?
Dans un moment de danger physique ou psychologique, l'attention est totale. Quand l'attention est totale, on n'a pas peur. La peur surgit quand on évite le fait, quand on le fuit. "
La peur peut affecter notre vie. Seule une prise de conscience de ses sources profondes nous permet d'en libérer notre esprit.
Dans cet ouvrage, réunissant causeries, dialogues privés et extraits de ses célèbres " Carnets ", Jiddu Krishnamurti, l'un des plus grands penseurs indiens du XXe siècle, montre comment la peur et la dépendance qui en découle nous empêchent d'accéder à la liberté.

 

Une réflexion puissante et d'une grande actualité.

 

De: Jiddu Krishnamurti.

Traduit par : Claire Dufour

 

Voir le lien vers l'éditeur:

 Pourquoi avons-nous peur ? de Jiddu Krishnamurti - | Lisez.com

 

 

 

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 10:39

 

Ecole-de-Brockwood, le-Grove-et-les-environs

 

 

   Quel est l'état de l'esprit qui dit : » Je ne sais pas si Dieu existe, si l'amour existe », c'est-à-dire lorsqu'il n'y a pas de réponse de la mémoire ?      
   Je vous en prie, ne vous trouvez pas immédiatement de réponse à la question, parce que, dans ce cas, votre réponse ne consistera qu'à connaître ce que, d'après vous, la réponse devrait être ou ne pas être.

 
   Si vous dites : « C'est un état de négation », vous êtes en train de comparer à quelque chose que vous connaissez déjà ; par conséquent, cet état dans lequel vous dites : « je ne sais pas » n'existe pas.....

 
   Donc l'esprit qui est capable de dire : « je ne sais pas » est l'unique état où il nous soit possible de découvrir quoi que ce soit. Mais celui qui dit : «  je sais », celui qui a infiniment bien étudié toutes les diversités de l'expérience humaine et dont l'esprit est encombré d'informations, de connaissances encyclopédiques, peut-il jamais faire l'expérience de cette chose qui ne peut pas être thésaurisée ?

 
   Il s'apercevra que l'entreprise est extrêmement ardue. Lorsque l'esprit s'écarte complètement de tout le savoir qu'il a accumulé, que pour lui il n'y a plus ni Bouddha, ni Christ, ni Maîtres, ni dispensateurs de savoir, ni religions, ni citations ; quand l'esprit est complètement seul, exempt de toute contamination, ce qui signifie que le mouvement du connu a cessé - alors seulement devient possible une formidable révolution, un changement fondamental.....

 
   L'homme religieux, c'est celui qui n'appartient à aucune religion, à aucune nation, à aucune race, qui est, à l'intérieur de lui-même, complètement seul, dans un état de non-savoir, et c'est pour lui qu'advient la bénédiction du sacré.

 

 

Krishnamurti, "Le Livre de la Méditation et de la Vie".

L'homme  religieux, pages 383 et 384.

 

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 18:15
Texte de Krishnamurti: Une révolution psychologique.

 

 

    Est-il possible que le penseur et la pensée, l'observateur et l'objet observé ne fassent qu'un ? Vous ne le découvrirez jamais si vous ne jetez qu'un regard succinct au problème et me demandez quelques explications sommaires sur tel ou tel point. Le problème est évidemment le vôtre, et pas seulement le mien ; vous n'êtes pas venu ici pour savoir comment moi je considère ce problème ou les problèmes universels.

    Ce conflit intérieur permanent, tellement destructeur et tellement nuisible - c'est à vous de le résoudre, ne croyez-vous pas ? Et c'est aussi à vous qu'il appartient de découvrir comment susciter en vous-même un changement radical, au lieu de vous contenter de révolutions superficielles d'ordres divers - politique, économique, administratif.

    N'essayez pas de me comprendre ou de comprendre la façon dont j'envisage la vie. C'est vous-même qu'il faut essayer de comprendre, car ce sont vos problèmes auxquels vous devez faire face. En les considérant ensemble, ce qui est précisément ce que nous faisons au cours de ces causeries, nous pouvons peut-être nous aider mutuellement à en avoir une vision plus claire, plus distincte. Mais voir les choses  lucidement, si l'on reste au stade des mots, ne suffit pas, et cela n'entraîne pas le moindre changement psychologique créateur. Nous devons aller au-delà des mots, au-delà de tous les symboles et des sensations qui s'y associent....

 

    Ces choses là, nous devons les écarter et en venir au problème essentiel : comment dissoudre le « moi », qui nous lie au temps, et dans lequel il n'est ni amour ni compassion ? Il n'est possible d'en transcender les limites que lorsque l'esprit ne se scinde pas sous la double forme de penseur et de pensée. Ce n'est que lorsque le penseur et la pensée ne font qu'un, que vient le silence, ce silence dans lequel plus aucune image ne se forme, et où toute expectation de nouvelles expériences a disparu. Dans ce silence, le sujet et l'objet de l'expérience se confondent ; et alors il est enfin une révolution psychologique - qui est créatrice.

 

 

 

Krishnamurti

Le Livre de la Méditation et de la Vie.

Une révolution psychologique, pages 328 et 329.

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 09:47

 

 

Vers la fin janvier 2021, les Presses du Châtelet auront une nouvelle publication d'un livre de J. Krishnamurti.

 

 

 

Voici la présentation de l'éditeur:

 

Que faites-vous de votre vie ?

Krishnamurti Jiddu

QUI ÊTES-VOUS ? QUE FAITES-VOUS ?
QU’ATTENDEZ-VOUS DE LA VIE ?

 

Krishnamurti, l’un des grands philosophes de notre temps, livre ici sa vision inspirante sur les nombreux obstacles qui se dressent sur notre chemin, de l’amour à l’anxiété, des relations avec les autres à la solitude.

Il répond à des questions telles que « Quelle est la signification de la vie?» ou « Comment vivre pleinement sa vie en étant fidèle à soi-même?».

Lu par des millions de personnes de tous horizons, Krishnamurti montre qu’il n’y a pas de chemin, pas d’autorité supérieure, pas de gourou à suivre, et qu’en fin de compte la façon dont nous vivons nos vies relève de notre propre responsabilité.

 

« L’un des cinq saints du xxe siècle » Time Magazine

« Krishnamurti m’a profondément influencé.» Deepak Chopra

 

________________________________________________

 

 

 

A noter sur la couverture du livre la citation: 

"Un des plus grands penseurs de notre temps" (avec en lettres majuscules) Le Dalaï-Lama.

Il est à peu près certain que Krishnamurti n'aurait pas du tout apprécié cette référence à une autorité religieuse.

 

Krishnamurti était un révolutionnaire spirituel, n'ayant rien contre aucune personne, il était par contre tout à fait opposé à l'organisation de la vie religieuse, sous quelque forme que ce soit.

 

Cette présentation du livre étant, on le comprend aisément, une action

purement marketing.

 

 

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 08:36

   
   


   

    Krishnamurti : Je pense que ce serait une bonne chose qu'ensemble, ce matin, nous nous demandions si, ici même, dans cette communauté, chacun de nous s'épanouit, grandit intérieurement. Ou si nous avançons, chacun dans une étroite ornière, de sorte que, abordant la fin de notre vie, nous nous rendrons compte que nous n'avons jamais saisi l'occasion de nous épanouir totalement et nous passe­rons les jours qui nous resteront à le regretter. Voulez-vous que nous parlions de cela ?

   Nous devrions tous, je pense, non seulement en tant qu'élèves à Brockwood, mais aussi en qualité d'éducateurs, nous demander si intérieurement, et peut-être aussi exté­rieurement - l'un et l'autre étant en fait liés - nous nous développons, non pas si nous gagnons en taille et en vi­gueur, mais si intérieurement, psychologiquement, nous fleurissons.

    Par fleurir, je veux-dire que rien ne nous entrave, ne nous bloque ni ne nous empêche de vraiment croître profon­dément, intérieurement. La plupart d'entre nous ne fleuris­sons, ne croissons, ne nous épanouissons pour ainsi dire jamais. Il se produit quelque chose au cours de notre vie qui nous rabougrit, nous insensibilise, de sorte qu'il n'y a pas de nourriture intérieure profonde.

    Peut-être est-ce parce que le monde tel qu'il est exige de nous que nous devenions des spécialistes - médecins, savants, archéologues, philosophes, etc. ; c'est peut-être là une des raisons pour lesquelles psychologiquement nous semblons ne pas croître... immensément.

 

    Voilà donc à mon avis une des questions dont nous devrions parler. Petite communauté d'enseignants et d'élè­ves, vivant ici ensemble, qu'est-ce qui nous empêche de fleurir. Est-ce la profondeur du conditionnement que nous font subir notre société, nos parents, notre religion, et même notre savoir ? Toutes ces forces du milieu dans lequel nous vivons agissent-elles en fait pour prévenir, bloquer, entraver l'épanouissement ? Comprenez-vous ma question ? Vous ne comprenez pas ?

    Regardez. Si je suis catholique, mon esprit, mon cer­veau, toute ma structure psychologique sont, de ce fait même, conditionnés, n'est-ce-pas ? Mes parents me disent que je suis catholique, je vais à l'église chaque dimanche ; il y a la messe, avec toute sa beauté, les effluves, les parfums, les fidèles chapeautés et habillés de neuf, qui s'observent, il y a les psalmodies du prêtre - tout cela conditionne l'esprit et exclut toute floraison. Comprenez-vous? Je me déplace dans une certaine ornière, dans un chemin déterminé, au sein d'un système donné, et cette voie-là, ce système, cette activité même à une action res­trictive - en conséquence, l'épanouissement ne survient jamais.

   Comprenez-vous maintenant ma question '? Est-ce cela ce qui se passe ici ?

   Sommes-nous si lourdement conditionnés par les in­nombrables événements et incidents, par les nombreuses pressions et affirmations - des parents, de la société et tout ce qui s'ensuit - que nous n'arrivons pas à suivre le cours qui est le nôtre aisément, avec bonheur, à croître ? Si nous le sommes, alors est-ce que Brockwood, où nous nous trouvons actuellement, nous aide à démanteler notre condi­tionnement ? Saisissez-vous maintenant ma question ? Et si Brockwood ne nous aide pas de cette façon, quelle est son utilité ? Pourquoi avoir un Brockwood, si en définitive vous allez vous retrouver comme les millions de gens qui n'ont jamais perçu, interrogé, vécu, en ce sens qu'ils ont toujours ignoré cet approfondissement immense, ce vaste mouve­ment, cette floraison ? Vous comprenez ma question ?

 

    Elève :A l'extérieur, vous savez, il y a trop de pres­sions.

 

   

    Krishnamurti : Vous dites qu'il y a trop de pres­sions. Approfondissez cela, lentement, explorez. Si vous ne subissiez aucune pression, feriez-vous quoi que ce soit ? Seriez-vous attentif maintenant ? J'exerce une pression sur vous, vous comprenez. C'est vrai que je ne vous poursuis pas physiquement, mais j'appelle votre attention sur quelque chose - et cela, pour vous, revient à subir une pression, parce que vous ne voulez pas regarder. Vous voulez vous amuser dans la vie. Vous vous voyez comme un être à part, vous voulez faire quelque chose d'extraordinaire, et par conséquent vous négligez tout le reste. Si aucune pression ne vous atteignait, seriez-vous actif ? Ou au contraire de­viendriez-vous de plus en plus paresseux, indifférent et fini­riez-vous par vous étioler ? Bien que vous ayez peut-être un mari ou une femme, des enfants, une maison, un emploi et tout ce qui s'ensuit - avez-vous jamais, intérieurement, connu l'épanouissement ?

    Donc, la pression qui s'exerce ici, est-elle la bonne ? Comprenez-vous ? Est-elle de par sa nature celle qui convient" Par cette pression, j'entends non pas la contrainte, ni l'incitation à imiter, ni le plaisir de réussir, de grimper les échelons, de devenir quelqu'un, mais la pression qui aide à grandir intérieurement. Suivez-vous ? Car sans épanouissement, on mène une vie banale, matérielle, et on meurt, à 60 ans, ou à 80 ans. Tel est le lot habituel de tout un chacun - vous en êtes-vous rendu compte ? Et lorsque vous observez tout cela, quelle est votre réaction, qu'en dites-vous ?

   

    Élève. On se demande si cela vaut la peine de vivre une vie comme celle-là.

   

    Krishnamurti: Regardez, mon ami. On voit, à mesure que l'on grandit, que très peu de gens sont heureux, qu'il y a trop de pressions, de concurrence - mille person­nes pour un seul poste - qu'il y a surpopulation. Tout au monde devient de plus en plus hasardeux. Vous compre­nez ? Et lorsque vous observez tout cela, comment réagis­sez-vous ?

   

    Élève. Je vois mes parents vieillir. Ils se démènent sans nécessité, mais par crainte de regarder tout cela.

   

    Krishnamurti: Ainsi, d'après vous, la plupart des gens sont en quête de sécurité physique, et, peut-être de sécurité psychologique. La sécurité, biologique ou psycho­logique, vous donnera-t-elle ce sentiment d'épanouisse­ment ? Vous comprenez ? J'emploie le mot épanouir dans le sens de prendre son entier développement, comme une fleur qui pousse sans entrave dans un champ. Maintenant, est-ce que vous cherchez la sécurité, extérieure aussi bien qu'inté­rieure ? Êtes-vous psychologiquement dépendant d'un tiers, tributaire d'une croyance, de l'identification à une nation, à un groupe ; ou vous lancez-vous dans l'étude d'une matière technique particulière, en y travaillant très dur, pour trou­ver, là aussi, un sentiment de sécurité intérieure ? Recher­chez-vous la sécurité psychologique dans un savoir quelcon­que ?

   Il faut se poser toutes ces questions pour découvrir, n'est-ce pas ? Il faut se demander si la sécurité psychologi­que existe ? Comprenez-vous ma question ? Voyez donc - je suis tributaire de mon mari ou de ma femme, pour beaucoup, beaucoup de raisons ; pour trouver du réconfort, des satisfactions sexuelles, un encouragement quand je me sens seul, déprimé, pour avoir quelqu'un qui me dise «  ne t'en fais pas, tu t'en sors très bien », qui me tape sur l'épaule et me répète quelle personne bien je suis, de sorte que petit à petit, j'en arrive à me sentir plus à l'aise, et, en définitive, je m'attache à cet être et me retrouve plus forte­ment sous son empire. De telles relations donnent une cer­taine assurance, mais, dans la réalité des faits, y trouve-t-on vraiment la moindre sécurité ?

   

    Élève. Ces relations sont très fragiles.

   

    Krishnamurti: Elles sont très fragiles, mais est-il des relations capables d'offrir une sécurité permanente ? Vous allez tomber amoureux, éprouver de l'amour l'un pour l'autre - pour ce que cela veut dire -, et pendant quel­ques années, vous serez attaché l'un à l'autre, vous dépen­drez l'un de l'autre sur tous les plans, biologiquement aussi bien que psychologiquement, et dans les relations qui s'éta­bliront entre vous, vous rechercherez tout le temps la per­pétuation de vos sentiments, n'est-ce-pas ? Non ? Tout au moins vous espérerez la trouver. Mais avant de vous enfon­cer tout à fait - de vous laisser aller à ce que vous appelez « vous aimer » - ne devez-vous pas chercher à savoir s'il y a la moindre sécurité dans les relations, quelles qu'elles soient, qui existent entre être humains ? - ce qui ne revient pas à se condamner à une solitude désolante, sans espoir.

    On se sent solitaire ; laissé à soi-même, on est mal à l'aise, on est incomplet par  soi-même ; on a peur de ne pas pouvoir vivre seul ; alors, progressivement, pris par la crainte, on commence à s'attacher à quelqu'un - ou à quelque chose. Et alors, que se passe-t-il ? S'étant attaché, on a tout aussi peur, parce qu'on risque de perdre l'objet de son attachement. N'est-ce pas vrai ? La personne en cause peut se détourner, peut tomber amoureuse de quelqu'un d'autre. Je pense donc qu'il est très important devoir avec une clarté extrême si oui ou non les relations ainsi nouées peuvent être source de sécurité.

 

       Dans les relations, qu'est-ce que l'amour ? Suivez­-vous ? L'amour, dans les relations, est-il un sentiment de haute satisfaction, de grande sécurité ? Si l'on a découvert qu'il n'y a point de sécurité dans les relations, force est de demander : y en a-t-il dans l'amour ? Suivez-vous ? Non, vous n'avez pas compris ? D'accord, regardons à nouveau.

      Je vous suis attaché ; j'ai de l'affection pour vous ; j'éprouve de l'amour pour vous, je veux me marier et avoir des enfants. Mais cet attachement est-il permanent ? Est-il durable ? Ou bien est-il très fragile, vulnérable, incertain ? Je veux le rendre sûr, mais dans la réalité, il est très aléatoire. D'accord ? Voilà clarifié un des points inhérents aux relations. Or nous disons que dans les relations, il y a amour. L'amour est-il donc source de sécurité ? Et qu'en­tendons-nous par amour ? Avançons-nous de concert ?

      Alors, retournons à notre toute première question : je veux découvrir s'il est possible de s'épanouir, de croître et de vivre totalement - vous savez, joyeux, le cœur plein d'allégresse. C'est cela que je veux découvrir dans la vie. Ou est-ce que la vie doit toujours être déprimante, solitaire, désespérée, violente, idiote ? Vous suivez ? C'est cela la première chose que l'on veut découvrir. Et est-ce que Brockwood vous aide à vous épanouir ?

      A Brockwood, des relations se nouent entre les uns et les autres, comme partout ailleurs. C'est inévitable. Vous vous voyez tous les jours. Et dans le cadre de ces rapports, il est possible que vous tombiez amoureux de quelqu'un. Oui ? Et vous vous attachez à cette personne. Lorsque vous lui êtes attaché, vous voulez que cet attachement se perpé­tue, n'est-ce-pas ? Vous voulez qu'il dure pour toujours - jusqu'à ce que, à la fin, vous vous effondrerez tous deux. Et il vous faut découvrir si, dans ces rapports, il y a quoi que ce soit de permanent. Est-ce que ces relations sont permanentes ? [Quelques signes de tête négatifs dans l'as­sistance] Vous dites qu'elles ne sont pas permanentes. Comment savez-vous qu'elles ne le sont pas ?

 

    Vous vous marierez peut-être, à l'église ou à la mairie, mais dans ces relations, y a-t-il une coulée continue de liberté réelle, dépourvue de conflits, de disputes, de senti­ment d'isolement, de dépendance - etc. ? Vous dites « non » ; mais pourquoi dites-vous non ? Je veux découvrir pourquoi vous le dites. Le direz-vous lorsque vous serez amoureux, et pendant la première année de votre mariage ? Direz-vous à ce moment-là qu'il n'y a en cela nulle sécu­rité ? Le direz-vous ? Ou faudra-t-il attendre quelques an­nées, cinq ans, ou une dizaine d'années, pour que vous vous exclamiez : « Oh mon Dieu ; il n'y a pas de sécurité du tout ! » ?

    Et aussi, vous devez découvrir si - dans ces relations d'insécurité, d'incertitude, tissées de peur, d'ennui, de mo­ments de joie, de répétitions - jour après jour, pendant dix, vingt, cinquante ans, on revoit le même visage - si dans ces relations, vous allez vous épanouir. Vous dévelop­perez-vous ? Serez-vous une entité extraordinairement belle, complète ? Et vous devez également découvrir si, lorsque vous « vous aimez » - ce qui est un mot bien souvent employé, galvaudé, déprécié - si, dans ce sentiment, vous allez fleurir.

   

    Élève. Il semble que quand nous nouons des relations avec quelqu'un, nous ne consacrons pas assez de temps à explorer, à découvrir si oui ou non ces relations sont source de sécurité ; il est bien possible, en effet, qu'elles se soient plutôt instaurées entre deux images.

 

    Krishnamurti: Voulez-vous dire que nous avons des images les uns des autres - en tant qu'homme et que femme - et que, inhérentes à ces images, des conclusions s'imposent ? Des conclusions que nous voulons voir se per­pétuer.

 

    Élève. Ces relations sont par trop superficielles et nous n'avons pas le temps de découvrir ce qui est le vrai, de démonter l'image.

 



J.Krishnamurti, L'Epanouissement intérrieur.

Discution avec les étudiants et le personnnel de Brockwood Parck School 

1982 Association Culturelle Krishnamurti France.

1977 Krishnamurti Foundation Trust Ltd, Londres.  

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