30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 10:49

 

 

 

 

 

Ce matin air frais, 

 

mille gouttes de rosée.

 

 

Le soleil se lève, 

 

la terre se soulève.

 

 

C’est l’éternelle Eve.

 

 

 

 

 

Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 10:14

 

 

 

 

Le corps est assis, immobile,

 

posé dans le silence.

 

 

Le chat noir et blanc est là,

 

posé sur les genoux.

 

 

On n'ose bouger, de peur de déranger.

 

 

Longtemps nous sommes restés ainsi.

 

 

L'éternité nous a presque saisis.

 

 

 

 

 

 

Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 10:56

 

 

 

  Je voulais partager avec vous, cette réflexion sur l'événement de la crise sanitaire, et sur notre relation face à cet état de fait.

   Beaucoup de personnes ont eu une appréhension et une angoisse forte, en raison du virus lui-même bien évidemment, mais également en raison de l’avalanche d’informations et d’avis « d’experts » dûment mandatés par les différents médias.

 

   Nous avons découverts que d’éminents professeurs pouvaient avoir des avis différents sur la situation, avis pouvant parfois même être opposés. Devant tous ces renseignements nombreux et contradictoires, bon nombre de personnes se sont sentis sans doute « perdus », et ont eu une angoisse, non plus lié uniquement au virus, mais lié à l’incertitude du savoir de l’homme face à cette maladie.     

   Pourrait-on dire que tout cela nous a ramené à notre état d’ignorance ? Ou bien nous pouvons voir,  que la vie est en grande partie faite d’imprévus et d’inattendus. Mais cela n’est pas une nouveauté, nous le savons consciemment ou bien inconsciemment, nous le devinons et nous l’avons toujours su…

   Mais que révèle donc cette actualité, il y a le fait, la maladie qui court sur le monde ; et il y a les commentaires sur le fait, fort nombreux et contradictoires (parfois farfelus, parfois sérieux). Il y a la beauté de la terre, la belle lumière du printemps et de l’été à venir, et il y a aussi du danger, le prédateur qui rôde dans la savane ou le virus invisible que nous côtoyons.

 

   Nous savons tout cela, pour les choses agréables, pas de soucis, nous pouvons nous y perdre avec délectation, et la plupart en use avec excès jusqu’à l’enivrement des sens. Par contre pour ce qui est « désagréable », évidemment nous le fuyons, le refusons et désirons l’oublier. Mais désirer « oublier » quelque chose, en somme, c’est encore y penser, et donc ce désir d’oubli est absurde et totalement inefficace.

   Les choses dites « désagréables », en fait nous ne les oublions jamais, mais nous ne voulons pas en parler, nous ne voulons pas en discuter, ni disserter sur elles. Nous faisons semblent d’avoir oublié, on connaît l’existence de la mort, mais on feint de l’oublier, et cela nous fait croire alors qu’elle n’existe peut-être pas…

   L’oubli volontaire n’en est pas un, il parle de que l’on dit avoir oublié. C’est un silence qui n’en est pas un, il y a toujours un murmure en lui.

 

   Et donc voilà cette crise sanitaire qui arrive, l’oubli volontaire ne peut résister face à l’afflux d’informations alarmantes. La maladie, la mort et la crainte viennent nous rendre visite, notre quotidien est rempli de leurs sombres présences. Puis, les paroles des uns et des autres, sensés rassurer, expliquer et « rationaliser » la situation, toutes ces paroles, ces mots et ses phrases, tous ces bruits ne viennent que renforcer l’incertitude et le doute, voir crée même le désarroi.

 

   Avoir quelques informations semble normal et certainement justifié. Mais en avoir énormément, presque en permanence, semblent cependant fort néfastes.

   Nous ne pouvons plus faire semblant d’oublier, comme nous l’avons vu plus haut, mais l’opposé, c'est-à-dire y penser constamment est un autre écueil. L’actualisation permanente du danger par les mots, ne nous rends-t-il au final plus craintif, et par là plus vulnérable ? Cela cultive la peur dans l’esprit, nous pouvons être touché par ce virus cela est probable, mais pas certain. Ce virus fait partie de notre vie, mais il n’est pas notre vie, il n’est qu’une partie, une portion congrue d’une chose bien plus immense.

 

   Notre action, notre vie peuvent-être parasitée par une médiatisation et une préoccupation constante. Au-delà même de ce virus, nous pouvons être remplis d’angoisse, et celle-ci peut alors nous rendre vulnérable et nous affaiblir, et parfois cette angoisse, cette peur peut aussi nous rendre malades.

   Peut-on ne pas désirer oublier, ne pas nier « ce qui est », avoir quelques informations, puis rester tranquille et goûter au silence ? Pas un silence qui se fait parce que nous avons peur de quelque chose, mais ce silence qui vient quand la peur n’est pas là.

 

   « Oui c’est vrai, la maladie, la mort peut m’emporter aujourd’hui. Mais tôt ce matin, dans le jardin, il y avait plusieurs mésanges noirs qui volaient en tout sens. Des fleurs s’ouvraient pour recevoir la chaleur du jour, il y avait une belle lumière, la beauté de la terre était si intense. L’amour était là et il se répandait sur le monde entier, sans fin… »

 

 

   

 

   Paul Pujol.

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 14:45

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Juin 1990

 

     

 

    La vie de l'homme n'a aucune signification profonde, n'a aucun sens réel, qui soit au-delà de la simple réaction, qui soit autre chose qu'une action due à un conditionnement. L'homme, tout au fond de son être, sait cela, il sait l'illusion des apparences. Le visage peut se voiler de satisfaction, mais l'esprit, lui, ne le peut pas, seuls les sentiments profonds le modèlent et le transforment. L'esprit de l'homme n'est pas touché par les agencements extérieurs, sa crainte et son non-accomplissement sont ses seules bases.

    C'est sur ces bases que l'esprit crée l'illusion du moi, car le moi qui perdure après la mort donne un espoir, puisque tout ne s'achève pas. Le non-accomplissement de l'esprit est moins pesant, car il y a de nombreux futurs pour s'accomplir. Tout ceci apaise l'esprit, car on lui donne une échappatoire, son état présent n'est pas irrémédiable, demain la solution sera trouvée. Et l'esprit se satisfait, l'inertie et la somnolence s'installent, ce qui aide encore à mieux oublier ce qui est présent, là, tout au fond, c'est à dire le centre même de l'esprit. Voyons que ce mécanisme ne résout aucune chose, il permet à l'esprit de s'assoupir et de ne pas affronter la réalité ; cela entraîne une satisfaction des limites. L'esprit s'émousse, car il accepte la laideur en lui, il ne veut pas la détruire, il la gère de son mieux afin de subir le moins de dérangement possible.

 

    Quels sont les fondements de la crainte, et du sentiment de non-accomplissement de l'esprit ?  La crainte de l'esprit humain est essentiellement basée sur le refus viscéral de la mort. L'esprit de l'homme tout au long de son existence à façonné l'image d'un moi, c'est-à-dire une partie de l'esprit qui soit autre que la matière, que le physique. Cette croyance est créée par le mouvement permanent de la pensée, celle-ci cherche toujours à se prolonger dans le temps, à exister sur une base statique, figée. Cette croyance est étroitement liée au sentiment de non-accomplissement, chaque homme possède cela en lui, mais très peu arrivent à définir exactement cet état intérieur.  

    Qu'est-ce donc que le non-accomplissement ? Une chose qui n'arrive pas à s'accomplir pleinement, c'est une chose qui n'arrive pas à utiliser la totalité de ses possibilités. C'est un état, où un être humain doué de vie et de sensibilité extrême, ne peut exprimer pleinement toutes ses facultés. Donc au tréfonds de l'homme siège son esprit, cet esprit ne peut vivre pleinement, ne peut s'exprimer entièrement. Quel rapport existe-t-il, entre cet esprit individuel non-accompli, et la croyance profonde du moi ? Le moi est considéré comme étant "la partie divine" de l'esprit, cela est son essence même. Donc l'esprit n'est pas essentiellement crainte, violence, jalousie et ambition ; étant d'essence divine, il n'est plus uniquement un produit conditionné. Aucun être humain ne peut s'accomplir pleinement si son action est limitée par des démarcations, si belles soient-elles. Le moi est la partie privilégiée de l'esprit, mais l'esprit de l’homme dans sa totalité n’est-il pas un produit entièrement conditionné. Les sensations, la mémoire, le cerveau, les pensées et les sentiments, tout cela forme l'esprit humain. Il ne peut agir autrement que par référence aux conditions de toute vie ; cela n'est ni triste, ni gai, ni plaisant ou déplaisant, "cela est".

 

    L'esprit peut créer l'illusion d'un moi différent, ce moi est engendré par l'esprit, par la pensée. Par cela nous voyons que le moi est également violent, haineux et ambitieux, car il ne vit que pour ses existences futures, il méprise le présent et les actes simples de la vie quotidienne. Le moi désire seulement se préoccuper de vie mystérieuse et spirituelle, mais cette action entraîne un mouvement égocentrique très important.  

    Voyons l'ensemble du processus : l'esprit humain est incomplet, il sent qu'il ne vit pas pleinement, il se sent limité. Ce sentiment d'insatisfaction, de non-réalisation, entraîne la recherche, la croyance, et l'existence d'un "moi divin", partie qui transcende la mort et les conditions de vie humaine. Nous voyons que dans la réalité, le moi qui est une partie de l'esprit, est identique à l'esprit. Il vit par le désir, la mesquinerie et la tromperie, ses "qualités" sont identiques à celles de l'esprit. Alors l'esprit au travers de sa croyance, perçoit confusément que même comme cela, il demeure limité, il ne peut s'épanouir totalement. L'esprit humain peut-il s'accomplir véritablement ? L'esprit humain est un ensemble qui comporte le cerveau, la mémoire et les pensées, sur cela se greffe tout le reste : sensations, émotions, sentiments. Regardons avec lucidité ce qui est, usons de la vision profonde : l'esprit tel qu'il est, n'arrive pas à vivre une totale plénitude. Donc nous voyons que les sensations, les émotions et les sentiments ne suffisent pas pour amener la plénitude dans l'être. Nous avons mis de côté la croyance dans une entité "immortelle et divine", nous avons vu son illusion ; car cela était simplement une partie de l'esprit, et donc était de même essence. Regardons maintenant ce que nous appelons l'esprit humain, nous pensons tous avoir un esprit propre, un esprit différent d'autrui. Nous sommes persuadés que notre cerveau est unique, que nos pensées sont personnelles, c'est-à-dire qu'elles sont forcément différentes des pensées de notre voisin.  

 

    Mais cela est-il réel ? Suis-je véritablement différent de l'autre ? Lui aussi a l'impression d'être brimé, il connaît aussi cette même solitude, il recherche désespérément l'amour, comme moi et comme tout un chacun. Le mouvement de la pensée est identique dans tous les hommes, c'est à dire que cela est un mouvement, une quête incessante de réalisation, de perfectionnement de soi. Une amélioration constante qui donne naissance au concept de temps psychologique. Nous avons rejeté le moi, mais à l'intérieur de nous, l'esprit poursuit son œuvre. La pensée crée des images de lendemains meilleurs, et l'homme court après ces paradis futurs ; mais jamais l'homme n'atteint le futur, il demeure toujours dans le présent. Notre esprit n'a pas de caractéristiques qui le mettent hors de l'humanité. Le fonctionnement du cerveau, des pensées, est le même pour tous les êtres humains. Cela entraîne que la liberté ne se trouve pas dans l'illusion d'un esprit séparé, autonome, indépendant du monde qui l'entoure.

    Sommes-nous donc voués à être des clones amorphes, tous moulés sur un même schéma ? Nous voyons, que plus l'homme utilise son esprit pour devenir libre, plus il s'enchaîne à des actions mécaniques. L'esprit humain peut-il avoir d’autres moyens d’investigation que la pensée et la mémoire? Voyons d'abord que l'homme n'est que mémoires. Ses pensées, ses déductions, ses actions sont basées sur la mémoire. Donc si on va au-delà de la mémoire, on va au-delà de l'homme. L'esprit humain peut-il être simplement "esprit" ? Existe-t-il autre chose que la mémoire ? Nous touchons quelque chose d'essentiel. L'esprit de l'homme, son cerveau, peuvent-ils exister au-delà de toute mémoire, de toute référence ?

 

    Il est dit à travers le monde, que le cerveau n'utilise réellement que très peu de ses possibilités. Le cerveau peut-il avoir d’autres fonctions que celle de mémoriser ? Cette action mécanique, si elle seule existe, ne fait-elle pas partie de ce qui sclérose l'esprit ? L'homme est en permanence submergé par ses pensées, il ressasse constamment ses malheurs et ses peines, ou bien il s'enlise dans les souvenirs de délices passés. Cela détériore l'esprit, le cerveau se réduit à cela. Mais regardons l'oiseau qui s'envole en criant, voyons le regard clair et vif du chien prêt pour le jeu ; n'y a-t-il pas là un message, une indication ? Lorsque l'on se trouve face à une chaîne de montagnes enneigées, ou face à un crépuscule finissant, irradiant de rouge le ciel entier, pendant quelques instants la crainte et la souffrance se sont dissipées. L'esprit pendant quelques instants s'est trouvé soulagé de son fardeau. Devant le spectacle grandiose de la nature, les pensées se sont tues momentanément. Pendant le ravissement, la mémoire et les souvenirs, tout cela n'existait plus, seul comptait la beauté offerte au monde par la montagne ou le ciel.

    Dans cet instant, voyons quelle était l'action de l'esprit, du cerveau : pas de mots, pas de pensées, aucune mémoire, seul comptez ce qui était présent. Dans l'esprit il n'y avait qu'une seule chose, c'était de l'attention, un regard attentif à ce qui est. Dans cette action, le cerveau également est attentif, c'est à dire qu'il demeure silencieux, sans message aucun, mais il n'est pas endormi, en fait il palpite et vibre, tellement l'attention le tient en éveil. Dans l'attention, le cerveau est au repos, inactif. Celui-ci est immobile, alors c'est l'esprit qui perçoit directement, sans commentaire, sans analyse. Le cerveau, par son silence, permet à l'esprit de "voir". Cette vision n'a aucun lien avec la mémoire et l'éducation, n'a aucune relation avec le conditionnement humain ; c'est seulement dans cette action que l'esprit "est" autre. Cette vision directe de l'esprit discerne véritablement les choses telles qu'elles sont. Cette action a pour effet de se clarifier elle-même, lorsque la lumière touche la pénombre, la clarté va en grandissant sans cesse. 

 

    La vision directe, profonde, libère des chaînes du moi et de la mémoire ; et c'est seulement quand toutes les chaînes sont rompues, que l'esprit peut croître et se développer totalement, pleinement. Sans la vision profonde, qui est clarté et lumière, aucun être ne peut briser la crainte et l'appréhension, aucun être ne peut s'accomplir totalement.

    La vision profonde dénoue tout problème sur lequel elle se pose ; - son regard efface toute blessure, toute peine, ainsi que toute violence et toute haine.

    Alors, lorsque toutes les frontières sont tombées, alors l'esprit peut croître démesurément, il peut remplir les cieux et l'univers ; - il peut devenir l'étoile et l'abeille, car alors c'est l'esprit qui "est", et cela n'est autre que l'infini.

 

      

       

    Paul Pujol, "Senteur d'éternité"

    Editions Relations et Connaissance de soi

    "Le non accomplissement, ou la crainte de l'esprit", pages 123 à 129. 

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 09:04
Texte d'une conférence: Krishnamurti esprit insoumis, esprit libre.

 Voici le compte rendu écrit de la conférence qui a eu lieu le 24 janvier 2010 à Trévoux.
Ce travail de retranscription n'aurait pas été possible, sans l'initiative d'une amie, qui a pris de nombreuses notes lors de l'intervention. Je tiens aussi à signaler qu'une autre personne a bien voulu relire et corriger les fautes d'orthographe et de ponctuation.
Ces deux amis ont voulu garder l'anonymat, mais je tenais à vivement les remercier.


Vous excuserez j'espère la longueur du texte, mais je n'ai pas voulu couper le développement de l'intervention, en vous remerciant par avance de votre indulgence.
     

   Thèmes de la conférence: Krishnamurti "Esprit insoumis, esprit libre". 

  
   La connaissance de soi, profonde et authentique, ne peut-être que si l’homme demeure libre de toutes idéologies, qu’elles soient traditionnelles ou contemporaines.

   Krishnamurti nous invite à voir que toute soumission à un modèle, un exemple ou un maître à penser, entraîne inévitablement confusion et douleur.

    ____________________________________________________________

  

 

      Avant toute chose, il est important de préciser que l’orateur ne représente pas Krishnamurti, personne ne peut parler en son nom. Krishnamurti n’a pas d’interprètes, et il n’y a aucune autorité dans ce domaine. Ce qui est exprimé lors de cette intervention n’engage que l’orateur lui-même, cela est très important.
 

   Pouvons nous voir que dans la société, il y a de très nombreuses idéologies, religieuses, philosophiques, politiques, psychologiques ?  Quand l’homme adhère à une idéologie, il se sépare des autres ; et chaque groupe a naturellement son idéologie propre. Voyons bien que ces différents groupes divisent la société, ils s’observent et se scrutent derrière leurs certitudes.

  Et après la séparation, nous voyons venir la volonté de convaincre l’autre, de le convertir. Donc la division mène inévitablement aux tensions, aux conflits de toutes sortes.

  Mais qu’est-ce qu’une idéologie ? Essayons de définir ce terme, voulez-vous ?

  Une idéologie, c’est un ensemble d’idées, un ensemble de points de vue, politiques, religieux, culturels, sociaux ou autres…... Par exemple, le communisme vient de l’observation de l’exploitation des masses populaires par le monde patronal, ou par les classes dirigeantes. La perception d’un fait sert de base à l’idéologie, celle-ci part toujours d’un constat, d’une observation, suivis de conclusions, et enfin se crée un point de vue global concernant le sujet.   Il y a ensuite une cohérence de développée, puis l’homme met en place une force de persuasion, ayant pour conséquences un rapport de force avec autrui, avec celui qui n’est pas du même bord.

  Plus on est habile à manipuler autrui, plus on soumet autrui à notre idée.

 

  Donc les idéologies ne servent pas uniquement à expliquer le monde, elles désirent aussi le changer, agir sur lui. Elles créent un savoir, une connaissance ; en fait, tout ceci est non seulement une stratégie de compréhension, mais également une volonté de transformer les conditions extérieures de la vie. Mais dans la réalité, cela sert surtout de propagande afin de rallier des personnes à une cause, et avec l’argumentaire crée, on obtient alors leurs soumissions et leurs obéissances.

  L’idée suit l’observation d’un fait, ou plutôt c’est l’expérience qui est mémorisée, et à partir cette mémoire, la pensée va entrer en jeu.

  Mais pouvons-nous poser une question : est-on obligé de faire un commentaire suite à l’observation d’un fait ? Ne pouvons-nous pas rester simplement avec le fait ?

 La mémoire d’un sourire n’est pas un sourire, n’est-ce pas ? Je connais ma femme, mon voisin, je connais surtout l’idée que je me fais de cette personne. Dès que l’esprit a une idée, une croyance, il cherche à les confirmer par l’expérience. Voyons bien que l’autre a aussi ses propres idées, naturellement différentes des miennes. En fait, les images intérieures de chacun entrent en rapport, mais on est rarement en relation directe les uns avec les autres.

  Chaque croyance, chaque idéologie divise la société, la fractionne, voyez ce que fait le nationalisme à travers le monde….

  Dès qu’il y a séparation, division, il y a création de camps, de parties ; et ces fragments se confrontent mutuellement, et cherchent à imposer leurs points de vue aux autres fragments. Il s’en suit un grand désordre, une grande violence, et en fait nous semons les graines de la barbarie humaine entre-nous, n’est-ce pas ?

 

  Ce qui accompagne les croyances ou les idéologies, c’est la constitution d’un groupe ; plus ou moins important, plus ou moins habile. Mais une fois qu’il y a une construction mentale stable, vient toujours la création d’un groupe, d’une religion, d’une secte, d’un parti politique ou autres ……Peut-on dire que nous reconstruisons une nouvelle appartenance tribale ? Il semble bien que oui.

  Mais pourquoi adhère-t-on à un groupe ? Serait-ce pour fuir sa solitude, son isolement et aussi sa pauvreté intérieure ? On est perdu dans ce monde de chaos, on ne sait que faire. Alors le groupe, la religion, la nation, avec sa cohérence, sa propagande ses réponses toutes faites, ce groupe me rassure, et il me donne confiance et force. En son sein, je ne suis plus perdu.

  Il semble qu’il en soit partout ainsi de par le monde, les hommes seuls, véritablement face à eux même sont très, très rares. N’est-ce pas ?

  Nous voyons en fait que dans un groupe de personnes constitué, la cohésion se fait en parlant et en répétant, encore et encore, la propagande de base, cette répétition est  comme une maladie qui ronge les esprits.

  Mais ce processus est basé en premier sur notre envie viscérale de commenter, cela semble un besoin vital pour l’esprit ; il faut qu’il commente en permanence ce qu’il voit autour de lui.

 

  Pourquoi l’esprit humain a-t-il tellement besoin de commenter les choses qui lui arrivent ?

 

   Apparemment, il lui est nécessaire de traduire la vie en pensées. L’être humain a un attachement très fort aux commentaires ; serait-ce pour se sentir intelligent, instruit ? Cette connaissance donne un certain pouvoir, nous pouvons nous différencier des autres : «  Mon commentaire est bien plus intelligent que le vôtre! »    

  Nous voyons assez bien ce processus, qui vise à s’affirmer, mais aussi et surtout à s’isoler des autres. A ne fréquenter que ceux qui pensent comme moi, et même parmi mes amis, il y en a certains avec qui je suis plus proche. Donc même dans le clan, il y a des préférences et donc des divisions, la séparation est aussi présente dans ma famille, dans mon pays, et dans ma religion.   

  Il semble nécessaire maintenant de voir ce qu’est penser. Qu’est-ce que la pensée ? L’acte de commenter la vie, se fait par le mouvement des pensées, c’est un mécanisme qu’il est important de comprendre profondément.

 

  Donc qu’est-ce que la pensée ?

  Comme nous l’avons vu, il y a d’abord l’expérience, la sensation, puis la mémorisation de l’événement. Quand une nouvelle expérience se profile, l’esprit ressort la mémoire de l’événement, et la pensée prend vie et se forme.

  La pensée c’est l’expression de la mémoire ; voyons-nous bien cela, est-ce un fait ou une idéologie ? Il faut simplement voir les choses telles qu’elles sont, et voir aussi que sans la  mémoire il n’y aurait pas de vie, et comprendre que la pensée est aussi un outil merveilleux.

  Quand l’esprit enregistre, c’est donc tout à fait normal, c’est le fonctionnement du cerveau, sans mémoire et sans pensées, nous ne serions pas ici en train de parler ensemble. Mais voyons que la mémorisation devient une chose plutôt fixe, notre souvenir est relativement figé, alors que la vie n’est que mouvement. Tout change constamment dans le monde, et pour être tout à fait exact, le souvenir est mouvant également, mais il se meut dans l’esprit, alors que l’événement vit dans le monde.

    Lorsque l’homme pense au monde, il pense à « son monde », et le monde lui, est bien différent de ce que l’homme pense; par son action l’homme essaie de conformer le monde à l’image qu’il en a. De même que la société doit correspondre à ce que je pense d’elle, de même l’autre doit être conforme à mes plans intérieurs, à mes idées et à mes croyances. Nous voyons par là que nous agissons comme des petits « dictateurs », le monde doit être conforme à mes projets, je veux qu’il se soumette à mes idées….

 

  Donc ce qui est extérieur ne nous intéresse que pour confirmer nos points de vue, en fait le monde ne nous intéresse pas du tout ; nous l’utilisons pour nous glorifier nous-mêmes. Nous utilisons les expériences, les contacts avec la vie, uniquement pour valider nos conceptions.

Et puis-je vous demander de quoi parlent ces conceptions, toutes ces idées subtiles que cultive l’esprit ? Elles parlent bien évidemment de l’homme, du « moi », ou du « je », l’esprit se sanctifie lui-même constamment.

  Mais voyons bien ce qui se passe réellement, l’esprit à une idée assez figée de la vie et des autres, et pourtant la vie est sans cesse changeante, sans cesse mouvante. Et donc mes idées vont entrer en friction avec les événements de tous les jours ; l’idée de mon épouse va se heurter à mon épouse telle qu’elle est, et en permanence la vie va se confronter à mes croyances internes.

  A ce niveau, nous ne sommes pas conscients que l’esprit ne voit, et n’enregistre les faits que  teintés par ses croyances et ses a priori. Cela toujours dans le but de fortifier ses constructions internes mentales. Donc percevons-nous que nous ne voyons le monde qu’au travers de nos idéaux, est-ce réel, ou est-ce encore une autre idée ?

 

  Si cela est perçu, la question suivante est : L’esprit peut-il voir directement quelque chose, c’est à dire sans l’intervention de la pensée ou de la mémoire ?

Si l’on est attentif, ce qui compte c’est ce que l’on regarde, c’est l’objet de mon attention qui compte, et pas mes commentaires sur l’objet.

  Donc qu’est-ce que l’observation ? Si l’on observe profondément quelque chose, l’esprit est très attentif à ce qu’il regarde, seul compte ce que j’ai devant moi, cet arbre, cette rivière.

Si je suis vraiment dans l’attention, je ne commente pas ce que je vois, je l’observe pour lui-même, je le regarde intensément ; je vois la lumière sur l’écorce de l’arbre, la couleur de feuilles délicates, alors le mouvement des pensées s‘apaise tranquillement, le cerveau se fait plus silencieux. Voyons que si l’on est très, très attentif, profondément, alors se met en place un véritable silence intérieur, l’esprit alors est immobile, là, dans cet état nous ne faisons qu’un avec ce qui est observé.

  Nous voyons le monde tel qu’il est réellement, sans fard, ni détours.

  Et nous constatons aussi, que l’action de ne pas penser, est aussi naturelle que l’acte de penser lui-même. Il est important de laisser de l’espace dans l’esprit.

 

  Pourrions-nous revenir au monde dans lequel nous baignons, ce monde de misère et de violences qui nous entoure ?

  Quel lien y a-t-il entre ce que nous venons de dire, et ce monde brutal et cruel ?  Il règne la violence en ce monde, mais suis-je véritablement différent de ce même monde ? Je suis formé par ce monde, par la société, la culture, par la religion de mon pays ; je suis le produit de ce monde, j’en suis le représentant, et par conséquence je porte et je suis cette même violence.

  De par le monde, chacun aspire à vivre en paix, mais personne n’arrive à vivre cela, la paix sur terre aux hommes de bonne volonté….. On cherche la paix, mais on crée le contraire, y aurait-il un dysfonctionnement dans l’esprit humain ?

  Peut-on créer cette paix, quand on porte la violence du monde en soi, n’est-ce pas là le dysfonctionnement de l’esprit humain ?

 

  D’où pour certains le désir de comprendre, et de remédier à ce dysfonctionnement. Nous n’avons pas de mal à voir que notre violence vient du monde dans lequel nous vivons, par contre nous n’acceptons pas que l’on nous dise que cette violence nous a conditionnés. La société nous a conditionnés, par des siècles de propagande, de pressions, de persuasions diverses. Nous sommes totalement formés par le monde, et notre mode d’action est lui aussi le résultat de ce processus.

 

  Donc vient la question suivante, y a-t-il une action qui puisse déconditionner l’esprit ? Mettre fin à ce disfonctionnement ?

 

    Il nous faut bien observer, ce qu’est par exemple la croyance, quels sont ses tours de passe passe, et comment elle se joue de l’esprit.

  Voyons bien que la croyance entraîne l’expérience. Comment se fait-il qu’un croyant voit partout la confirmation de sa croyance ? Est-il uniquement dans un simple délire, une hystérie religieuse ou bien expérimente-t-il vraiment ce qu’il dit ?

  Pouvons-nous bien regarder ce qui est, dans la grande diversité de la vie, tout est présent. Mais le croyant ou l’idéologue cherche et trouve partout des preuves extérieures de ses idées. Si vous idolâtrez les nuages, le ciel vous comblera, si vous choisissez certains mots particuliers, votre œil les verra et les trouvera partout et dans de nombreux livres. L’esprit considérera alors ces expériences comme des faits incontournables, comme des preuves indiscutables de la justesse de sa foi.

  Mais les nuages ont toujours été dans le ciel, et les mots découverts étaient là bien avant votre lecture extasiée ; votre perception est déformée par votre pensée et tout ceci n’est que mirages illusoires et vues de l’esprit.

 

  Pourquoi un malaise s’installe-t-il si l’on vous démontre votre erreur ?

  Pourquoi cette résistance devant cette explication simple de l’illusion de la croyance ? Quand on choisit une voie, on ne veut pas être dérangé, pas être remis en question ; en fait, on veut juste un système soporifique qui endorme l’esprit, afin d’oublier la souffrance et la peine de la vie.

  Avons-nous remarqué que l’idéologie est un choix qu’on nourrit ? Il faut lui donner corps avec des expériences, il faut l’alimenter en sensations ; sinon elle reste bien creuse et très, très superficielle. Quand l’esprit à fait un choix, en faisant partie d’une religion, d’un club sportif,  ou d’un mouvement politique, il faut entretenir ce choix.

  L’attention est-elle différente du choix ? Pouvons-nous voir cela ensemble ?   

  L’attention, quand elle est en place, regarde ce qui est ; pouvons-nous observer cela : elle regarde ce qui est, sans faire un choix, le choix étant l’acte de la volonté, qui décide de regarder quelque chose en particulier,  et rejette ce qui est autre car inintéressant.

Pouvons-nous voir que l’attention, même si elle regarde un arbre en particulier, elle le regarde toujours en relation avec l’ensemble de ce qui est. L’action se situe toujours en relation complète et totale, sans aucune exclusion.

  L’attention en fait, ne dépend jamais de ce qu’elle observe, ce n’est pas l’objet d’observation qui compte, c’est l’attention elle-même qui importe.

  Et voyons que dans ce non choix, la notion même d’effort disparaît naturellement, l’effort étant le mouvement ou l’expression de la pensée….

 

Pourrions-nous également parler, si cela est possible de la recherche du résultat?

 

  Quand on fait une action, en général on en attend, ou on recherche un résultat. C’est d’ailleurs le propre de la science, qui reproduit des expériences plusieurs fois pour valider des théories exprimées.

  Dans le domaine psychologique, l’homme fait de même ; on agit en espérant telle ou telle chose, j’adhère à une religion en espérant finir au paradis, j’entre dans une société, et j’ambitionne d’en devenir le directeur…Donc quand on agit, on escompte un résultat futur, intérieurement on se projette en s‘imaginant dans telle ou telle situation ; naturellement la plus agréable possible, on ne se projette pas en tant que mendiant misérable.

  La recherche de résultat existerait-elle sans idéologies ? L’expérience religieuse existerait-elle sans la croyance ? Ce sont les idéaux qui nourrissent cette recherche, non ?

 

  En s’échappant vers le futur, l’esprit une nouvelle fois, ne regarde pas ce qui est devant lui ; en fait il fuit le présent.

  Dans l’attention véritable, l’esprit n’a aucun mouvement de fuite, aucun mouvement vers un futur imaginaire, seul compte  ce qui est observé, ce qui regardé.

  Il y a cet exemple que tout le monde comprend parfaitement : quand des musiciens jouent ensemble s’ils sont totalement dans l’action, complètement dans la musique, à un moment donné il n’y a plus de musiciens, véritablement il n’y a plus que la musique qui existe.

  Et chacun « est » cette musique…..

  Là, on ne pense pas au résultat, ni à la confirmation d’une croyance, car on vit intensément et il n’y a plus de questionnement.

 

  Evidemment, quand la musique cesse, les musiciens reviennent, avec tout le reste. La vie reprend le dessus, et rien n’a en fait été changé. Il y a eu cette sensation d’unité, cette sensibilité, mais cela finit et la peine, les plaisirs et le chagrin de la vie sont toujours là.

  Ce sentiment, cette sensation ne déconditionne pas l’esprit ! N’est-ce pas ?

  Si l’on considère un événement comme très important, l’esprit va rechercher la répétition de cet événement, et alors l’homme va partir dans une recherche de plaisirs. Dans la reproduction d’événements passés, le désir va s’emparer de lui, et regardons bien : la joie qui était un instant liée au présent, cette quête va l’envoyer vers le futur imaginaire. Et donc la joie, le bonheur vont devenir «un projet », et ils ne sont plus dans le présent, ils nous échappent déjà…

  Il en va de même pour la liberté, elle ne peut être le résultat de causes ; premièrement car elle n’est pas une chose du futur, elle « est » ou bien elle « n’est pas ». Seul le présent peut la voir fleurir. Et deuxièmement, elle est par essence inconditionnelle, de tel sorte qu’il n’existe aucune condition qui puisse la faire naître, il n’existe pas de bonnes ou de moins bonnes conditions. La liberté n’a pas de causes.

  La liberté, la vérité n’est pas une quête de plaisir, cela ne peut être le fruit du désir. Qu’est-ce que le plaisir ? Est-ce qu’il libère ? Le plaisir ne remet rien en question n’est-ce pas ? C’est juste la continuité de ce qui est, son prolongement…..Et n’est-ce pas aussi, la continuité du dysfonctionnement de l’esprit ?

 

  Alors nous revenons à cette question, qu’est-ce qui va mettre fin au dysfonctionnement de l’esprit humain ?

 

  Krishnamurti nous propose une révolution intérieure totale, une mutation de l’esprit, c’est à dire un événement sans retour en arrière, c’est cela la mutation, un changement profond irréversible.

  Quel est le lien avec tout ce que nous venons d’explorer ? Une mutation, c’est une transformation radicale, mais, pour que cela ne soit pas la suite de ce qui est, « ce qui est » doit d’abord finir……..N’est-ce pas ?

  Donc comprendre profondément le dysfonctionnement de l’esprit, c’est mettre fin « pour toujours » à ce même disfonctionnement ; et si l’on regarde précisément, on voit en fait que c’est l’esprit rempli de confusion qui doit prendre fin, n’est-ce pas ?

  Comprendre quelque chose, c’est d‘abord y mettre fin, voir la prison de l’esprit, c’est dissoudre cette prison, totalement, entièrement.

  Qu’est-ce qui va mettre fin à la confusion ? Au désordre dans l’esprit ? Nous avons vu, que la simple sensation, si intense soit-elle, ne fait pas naître cette « intelligence autre » ; elle ne déconditionne pas l’esprit. Alors, que fait l’attention pure face au désordre et à la confusion ? Peut-on les regarder comme le coucher de soleil, comme la rivière, avec le même regard silencieux ? Peut-on observer tout le panorama, sans avoir recours à la pensée ?

  Quand on perçoit un danger, quand la perception est réelle, on s’écarte du danger, on ne court pas vers le précipice ou le serpent à sonnettes. Perçoit-on réellement le dysfonctionnement de l’esprit ? On en parle, on en discute, mais le perçoit-on véritablement ?

  Si celui-ci persiste, c’est que naturellement notre perception est faite de mots, mais n’est pas réelle. Nous décrivons une idée, nous ne voyons pas le fait. Nous revenons donc à la confusion entre l’idéologie et le fait, entre la croyance qui crée l’expérience, et la pure vision.

  Nous n’avons pas saisi ce qu’est l’idéologie, cet ensemble de mots et de symboles, nous n’avons pas perçu sa nature illusoire, et en fait nous sommes toujours dans le sortilège de la pensée.

 

  Que se passe-t-il quand l’esprit se rend compte qu’il se joue des tours, qu’il n’a pas bougé d’un seul pas depuis le début ? Quand nous nous rendons compte, que chaque action « est » l’expression de cette confusion, que se passe-t-il vraiment ? Si l’on se rend compte que l’acte de commenter est totalement destructeur, alors les commentaires cessent d’eux mêmes, sans effort aucun, le silence se fait dans l’esprit. Cette fin des commentaires est la fin de l’idéologie, c’est aussi la fin de l’esprit confus, c’est à dire que quelque chose de très ancien a cessé d’exister, et seul demeure le silence immobile.

  Alors l’esprit est totalement différent, il n’est plus en quête de plaisirs, d’expériences, il ne cherche plus aucun résultat. Et dans ce regard autre, toute les idéologies du monde des hommes tombent, les croyances n’existent plus, il y a une existence hors du monde de la pensée.

  Aucune référence autre que sa propre vision n’existe, alors on devient sa propre lumière, et la rupture avec le monde est totale, complète ; et l’esprit goûte à la vie comme pour la première fois, comme au matin du monde….

  Pour qu’un monde neuf soit, l’ancien monde doit finir.

 

  Krishnamurti nous invite à ce voyage, mais c’est à chacun de se mettre en mouvement, à chacun d’entreprendre le voyage.

  Et lors de ce voyage, l’homme voit très clairement, très précisément, que la souffrance humaine n’est pas une fatalité ; et il perçoit aussi que nous sommes responsables de sa présence sur terre.

  Alors le voyage c’est la fin même de cette souffrance.

 

 

    Paul Pujol

    Trévoux, le 24 janvier 2010.



  Je tiens à rappeler que ce texte n'engage, bien évidemment, que ma seule parole. 

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