à Trévoux.
Dimanche 14 janvier 2018.
Un jour de dialogue et d'exploration de l'esprit, des mécanismes de la pensée et de la mémoire.
Thèmes de la journée :
Pourquoi l’homme accepte-t-il si facilement
de se conformer à un standard?
Pourquoi cette conformité générale
engendre-t-elle la peur et le rejet de l’autre?
Est-ce là le germe de la violence
entre les hommes?
L’homme accepte tellement facilement de se conformer, de rentrer dans un moule proposé par la société, par les religions et les diverses autorités. L’être humain cherche un refuge, un groupe pour le protéger, pour se sentir moins seul, pour être plus fort.
Mais cette adhésion à un groupe sous entend l’acceptation non seulement des règles de vie commune, mais exige la soumission aux idéaux du groupe.
Une fois entré dans une structure organisée, l’homme désire juste correspondre aux normes établies et respectées par l’ensemble des adeptes. Il se fond dans le moule de la tradition, et plus il est zélé dans son intégration, plus on le félicite et loue son assiduité.
Tout cela serait parfait s’il n’y avait pas d’autres groupes, d’autres structures, avec des normes et des idéologies bien différentes. Que faire face à l’autre, qui par sa simple existence, est une remise en cause de ma propre structure, de mes valeurs et de mon mode de vie.
Pourquoi cette différence me gène-t-elle, pourquoi suis-je troublé par ce qui est différent ? Ma vision du monde et donc mon esprit, se sont d’abord structurés, puis réduits par la tradition. La structure est devenue une limitation. D'ailleurs, après quelques temps dans un groupe, notre sensibilité nous indique bien que nous sommes en train de nous faire conditionner, que nous sommes en train de perdre notre liberté, lentement mais surement.
Donc le groupe est devenu une limitation, une prison parfois agréable certes, mais une prison quand même. Et voilà que nous découvrons que d’autres êtres humains sont aussi conditionnés, mais de manière différentes. Ils ne prient pas les mêmes dieux, n’adhérent pas aux même partis, ne lisent pas les mêmes livres, etc.
Si je suis encore dans l’estime de mon groupe, dans la fierté de ma tradition, je vais regarder en comparant, mais avec un regard assez négatif, assez dubitatif devant cet autre groupe. Je peux même éprouver un désarroi, car parfois leurs arguments paraissent vrais et très sensés. Donc je me révolte, je les accuse de malice, de tromperie ou de fourberie. Et bien évidemment avec le temps, ces individus étranges nous insupportes, ils nous tapent sur les nerfs, nous agacent. Et, vient le moment le plus laid qui existe chez les êtres humains, quelqu’un dit « Mais qu’ils partent, qu’ils sans aillent, qu’ils aillent dans un autre pays. Nous ne pouvons vivre côtes à côtes. »
Alors la violence naît dans le cœur des hommes.
Peut-on échapper à toute standardisation des nos modes de pensées, de notre façon de vivre ?
Peut-on ne pas être conditionné, ne pas être embrigadé par les uns et les autres, par les révolutionnaires, par les politiques, les religieux, par les différentes sectes ou groupuscules ésotériques. Peut-on vivre libre dans ce monde, et ne pas tomber dans la haine de la différence.
Si on ne définissait pas, comme Catholique, Hindou, Musulman, Américain, Anglais, Communiste ou Capitaliste…,
serions-nous gênés par ce qui autre ?
La définition de soi, n’est-elle pas la source de la limitation, du conditionnement, et n'est-ce pas là le germe de la violence et de la haine entre les hommes ?