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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:02

 

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    Des études récentes (depuis 2004) ont indiqués qu'il y avait un lien entre l'état de notre mental et des perturbations fortes de l'ADN, gênant ou modifiant même l'expression de certains gènes.  

 

  Ce sont des preuves physiques parfaitement mesurables qui ont été découvertes par Elizabeth Blackbum (prix Nobel de médecine 2009), biologiste australo-américaine, et Elissa Epel, psychiatre à l'université de Californie.

  Cette étude salutaire montre un autre regard que le "tout génétique" trop facilement admis, ainsi que le déterminisme étroit qui l'accompagne en général. Le rôle du mental qui est dans ses extrêmes, soit l'état de stress psychologique, ou soit un sentiment de bien être ou de joie, ce rôle donc, a depuis longtemps été considéré comme responsable de la qualité de vie des êtres humains. C'est à dire que la santé physique, les sentiments, les stress chroniques, les émotions profondes de bonheur, de peine ou de mal-être; tout cela s'interpénètre en permanence et interagit ensemble.

  Cette approche n'est pas nouvelle, et de nombreuses études démontraient déjà l'étendue des dégâts causés par un mental dépressif; mais c'est la première fois qu'on découvre le lien entre nos états mentaux et des perturbations au niveau même de nos cellules, dans les chromosomes au coeur de l'ADN.

 

  Qu'est-ce donc que ces découvertes nouvelles?

 

  La première étude a été faite en comparant l'ADN de mères dont les enfants étaient soit en bonne santé, soit atteint de maladies chroniques graves, tel l'autisme ou des handicaps moteurs et cérébraux. Chez les mères ayant des enfants malades, donc soumises à un stress psychologique chronique, leur ADN présente des signes de vieillissement précoce, donc anormal...........

  C'est comme si l'ADN était abîmé, attaqué par ce stress, par l'angoisse. Mais qu'est-ce qui se passe effectivement au coeur des cellules pour arriver à cette dégradation précoce? Les scientifiques ont démontrés que c'est au niveau même des chromosomes qu'il y a dégradation; rappelons que l'ADN est condensé sous forme de chromosomes dans nos cellules. Les chromosomes au fil des divisions cellulaires sont protégés de l'érosion,  par des sortes de capuchons fixés à leurs extrémités, ces "boucliers" se nomment des télomères. Par contre tout au long de la vie, ces télomères se raccourcissent progressivement, cela survient avec  le vieillissement naturel de la cellule.

  Chez les mères soumises au stress, ces télomères sont anormalement courts, représentant l'équivalent d'un vieillissement accéléré compris entre 9 et 17 ans.......

 

  Elissa Epel a réalisée cette découverte étonnante en démontrant le lien étroit entre les émotions et ce qui se passe à l'intérieur de la cellule. Mais ce qui est également étonnant c'est que le phénomène est réversible! " Nous avons aussi constaté que lorsque le niveau de stress diminue, la longueur des télomères augmente". 

  Donc  nous avons une plasticité au niveau des cellules, comme il existe une plasticité au niveau du cerveau et des connexions neuronales; cela veut dire que beaucoup de choses ne sont pas définitives, mais l'aspect réversible vaut dans les deux sens. On peut se "soigner" soi-même, mais on peut aussi se rendre "malade", et c'est nous qui tenons la barre en quelque sorte.

 

  Mais cette découverte n'est pas la seule concernant l'état de stress, celui-ci influerait aussi sur l'expression même de nos gènes!

  Comment cela est-il posible? Il nous faut d'abord examiner un des mécanismes qui intervient dans l'expression des gènes,  ce mécanisme biologique de plus en plus pris en compte se nomme "l'épigénétique". C'est une action qui modifie chimiquement l'ADN, modifications qui n'ont rien à voir avec les mutations qui touchent la structure même de la molécule. 

  Ces actions épigénétiques, ces modifications sont comme des marquages, qui indiquent  quel gène doit être utilisé ou au contraire ignoré. Ce marquage a pour conséquence "la méthylation", c'est comme une gaine qui recouvrirait une partie de l'ADN, les gènes de cette partie ne sont plus activés. Si le marquage dû aux molécules de méthyle est supprimé, les gènes s'expriment alors à nouveau. 

  Les scientifiques ont démontrés que le stress chronique ou un choc psychique, pouvaient provoquer ce phénomène de méthylation, certains gènes ne sont plus transmis; le problème est que ce sont souvent des régulateurs de stress. Cependant, les molécules de méthyle ne sont pas figées, et il a été démontré que des antidépresseurs, le sport ou la relaxation semblaient agir sur ces molécules; les méthyles disparaissent et les gènes peuvent à nouveau s'exprimer.

 

  Ce qui résulte de ces études novatrices, c'est un déni complet de ce qu'affirmaient certains scientifiques des années 1990;  en effet nous ne sommes pas uniquement le produit de nos gènes; nos sentiments, nos émotions modèlent en permanence l'expression de ces gènes.

  De plus nous avons aujourd'hui la certitude qui rien n'est irréversible.

 

  Nous savions déjà que la plasticité cérébrale était une réalité, maintenant nous savons aussi que les cellules du corps réagissent profondément avec notre état d'esprit.

  Et surtout, si nous sommes remplis de stress, cela peut-être transformé, modifié.

 

  Nous disons surtout et avant tout, que cela doit être compris; pas seulement l'angoisse, mais la peur, la joie, tous les mouvements de l'esprit peuvent être observés, tranquillement, sereinement.

 

  Rien n'est définitif, aucune chose n'est figée pour toujours, en cela réside la beauté de la vie.

 

Réf: Sciences et vie N° 1110, page 99. Mars 2010.

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Paul Pujol - dans Sciences et Cultures