27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:17

 

 


    Introduction. 

 

  Avant de présenter Krishnamurti, nous tenons à rappeler que nous rejetons toute forme d'idolâtrie. Il s'agit de créer de nouvelles relations entre nous et donc également avec cette personne; il n'est en aucun cas question de créer ici un modèle que l'on suit, un exemple que l'on imite, un idéal à atteindre, et faut-il le rappeler un maître ou un guru que l'on adore.

  Il n'y a pas de maître et il n'y a pas de disciple; de même dans l'acte d'apprendre, il n'y a pas d'enseignant et d'étudiant, il n'y que l'action d'apprendre. C'est cette action d'apprendre "ensemble" qui est la base de nouvelles relations, et c'est cette action totalement nouvelle qui peut créer un monde autre.


 
    

        Biographie simplifiée de J.Krishnamurti.

  

    Jiddu Krishnamurti naquit dans le sud de l'Inde le 12 mai 1895 à Madanapalle dans l'Andhra Pradesh, à 250 km au nord-ouest de Madras (aujourd'hui Chennai). Il fut pris en charge à l'âge de quatorze ans en 1909 par la Société théosophique, qui voyait en lui "l'Instructeur du monde", "l'incarnation du Bouddha Maitreya[1]" dont elle avait proclamé la venue. Le jeune Krishnamurti accepta d'abord son rôle de messie ainsi que les croyances, les cérémonies et les rites des gens qui l'entouraient. En 1911 fut créé "l'ordre de l'étoile d'Orient", organisation internationale qui avait pour but de soutenir l'action de l'instructeur, en organisant à travers le monde entier des rencontres, conférences et autres propagandes. "Un bulletin de l'ordre de l'étoile d'Orient" fut créé afin de servir de liaison avec les milliers de membres à travers la planète.

    Krishnamurti commença très tôt à faire des conférences, et quelques livres parurent aussi très rapidement. Au début de son expression, il était dans le droit fil de la tradition et des idées théosophiques à tendances Orientales. Mais après la mort de son jeune frère Nityananda en 1925 (qui avait un rôle important, car selon les théosophes il devait seconder l'instructeur dans son action messianique), Krishnamurti commença à s'exprimer de manière différente. Petit-à-petit, il s'éloigna de l'orthodoxie de la Société Théosophique. Ces causeries et écrits se détachaient lentement, mais sûrement, des visions traditionnelles.

  

    Le 3 août 1929, devant 3000 membres de l'ordre réunis à Ommen en Hollande, il répudia avec fermeté l'image messianique de "l'instructeur du monde", il prononça de manière iconoclaste la dissolution de "l'ordre de l'étoile d'Orient". Il déclara alors "la vérité est un pays sans chemin", dont l'accès ne passe par aucune religion, aucune philosophie ni aucune secte établies. Il rendit tous les biens et l'argent liés à cette organisation.

  

     Après avoir pris ses distances avec la Société théosophique, ainsi qu'avec toute autre organisation, Krishnamurti rejeta obstinément le statut de gourou (et cela pendant toute sa vie) que certains voulaient lui faire endosser. Il  devint alors un orateur prônant une révolution psychologique radicale, condamnant toute religion, secte ou foi organisée, et ne se réclamant ni de l'Orient, ni de l'Occident. Il parla devant des auditoires importants à travers le monde entier, il pouvait faire par an jusqu'à une centaine de conférences (qu'il appelait lui-même "causeries", le terme conférence lui paraissant trop pompeux). Il ne prétendit jamais être une autorité, et refusa toute relation de soumission, "ni disciple, ni maître". Dans une vraie relation, il n'y a ni enseignant, ni enseigné, il n'y a que l'acte d'apprendre, de découvrir ensemble. A la base de son message, il y avait la conviction que la société ne peut changer véritablement, que si l'homme opère en lui-même une révolution totale de son esprit. L'homme doit transformer sa conscience en profondeur, et cela n'est possible que si l'esprit se déconditionne entièrement.

 

    La connaissance de soi est le socle de ce changement, il faut saisir tout le fonctionnement des pensées, des émotions, des sentiments. Voir comment elles sont le fruit de notre culture, de notre héritage social et culturel, de nos instincts. Voyons-nous comment les conditionnements religieux nous ont modelés profondément, ainsi que le nationalisme (qu'il dénonça très fortement) et l'économie? Avons-nous compris que ces conditionnements ont séparés les hommes, comment ils engendrent des conflits et violences en tous genres, les tueries, les guerres? Peut-on sortir de cette histoire de souffrance? Krishnamurti parla avec passion de l'urgence de trouver une liberté intérieure qui naît quand toutes les prisons psychologiques tombent. De la fin des limites, né quelque chose de non-fini, un espace différent fait de silence et d'immensité. Dans ce silence immobile existe "un état créateur", c'est-à-dire le jaillissement du neuf, de l'inédit, alors l'homme crée un monde autre, totalement différent. Krishnamurti tînt ses causeries, dialogues et discussions pendant toute sa vie, de nombreux livres et enregistrements furent édités en plusieurs langues pendant cette longue période. Le nombre de livres publiés en langue française avoisine actuellement une cinquantaine de livres.

  

    Le 17 février 1986 à Ojai (États-Unis), Jiddu Krishnamurti est mort d'un cancer du pancréas à l'âge de 91 ans. Son corps, comme il l'avait demandé, fut incinéré le jour même, sans hommages, ni cérémonies. Les cendres furent dispersées par des amis proches dans les trois pays où il avait passé la majeure partie de sa vie, L’Inde, l’Angleterre et les États-Unis d’Amérique.

 
      [1] Maitreya le Bouddha du futur est annoncé dans la tradition Bouddhiste. Voir dans notre précédent livre Senteur d'éternité pages 136 et 162.      

     

 

 

  Pour consulter la Biographie détaillée, voir sur le site de l'Association Culturelle Krishnamurti :  http://www.krishnamurti-france.org/Biographie-detaillee-de-Jiddu 

     Vous pouvez aussi consulter sur notre site des articles A propos de Krishnamurti , ou bien des  Textes de J. Krishnamurti.

 

 

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Paul Pujol - dans J. Krishnamurti Krishnamurti
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 18:02

 

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   La revue Troisième Millénaire dans son numéro 105 qui vient de sortir pour l'hautomne, parle du livre Correspondances.

 

 

 

 

   Voici l'article scanné ci-dessous :

 

 

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Paul Pujol - dans Presse-Média
22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 08:45

 

  Vous pouvez trouver un article sur le livre "Senteur d'éternité" sur le site

"Bouddhanar, la Liberté inconcevable"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour voir cette article, veuillez cliquer sur le lien suivant:

http://bouddhanar.blogspot.fr/2012/09/une-richesse-inepuisable.html

 

 

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Paul Pujol - dans Presse-Média
28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 08:43

 

3 millénaire été    

 

  Vous trouverez un de nos textes dans la revue Troisième Millénaire de cet été. Le numéro 104 est paru il y a quelques jours.

   Le thème de cette édition est "Transformation de l'homme. Transformation de la terre".

 

   Notre texte intitulé "Qu'est-que le changement?", parle de la transformation psychologique de l'être humain.

 

    Pour ceux que cela intéresse, nous vous souhaitons une bonne découverte ...

 

  Nous venons de mettre en ligne ce texte, vous pouvez donc le lire sur notre site ici : Qu'est-ce que le changement?

 

 

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Paul Pujol - dans Presse-Média
19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 21:34

 

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   Nous étions à l'étranger et c'était une journée de rencontre et d'étude, comme à l'accoutumé, il n'y avait pas grand monde. Personne aujourd'hui ne veut vraiment étudier la connaissance de soi, on préfère plutôt un système où tout vous est expliqué par avance, où la tradition et les maîtres, les gurus, (ou bien comme on dit maintenant les "coachs") vous disent tout ce qui doit être fait, ou ce qui ne doit pas être fait. On vous prend en charge en totalité, de A à Z, et l'être humain immature aime cela, il est rassuré, il peut faire semblant de chercher tout en continuant à s'endormir dans la torpeur de son esprit. Mais nous ne proposions pas se genre de programme, aussi il y avait rarement du monde intéressé par tout cela.

 

   Aujourd'hui c'était à nouveau le cas, seule une personne était venue, c'était une femme venue de la grande ville voisine. Nous ne l'avions jamais vue auparavant. Elle était d'origine Indienne, mais n'y avait pratiquement pas vécue, son père étant diplomate toute la famille avait beaucoup voyagé à l'étranger. Cette personne dégagée une beauté malheureusement perdue, son visage avait subi la souffrance de la vie, et il était ravagé par quelque mal intérieur. Elle avait dû être digne dans sa jeunesse, pleine d'une grande beauté, mais tout cela était partie, et elle paraissait à présent lasse et fatigué de la vie. Elle se présenta brièvement et l'on comprit qu'elle était assez fière de tous ses diplômes, et sans doute de son parcours professionnel.

 

   Nous commençâmes alors la discussion, nous indiquions d'abord que tous les êtres humains malgré les différents conditionnements dus à leur culture, à leur environnement, tous vivent au fond d'eux les mêmes affres de la souffrance. Chacun qu'il vive en Europe, en Inde, en Chine où aux États Unis, chacun connaît les mêmes joies et les mêmes peines. Il y a un fond commun de sentiments profonds qui dépasse les clivages conditionnés des sociétés humaines. C'était juste une simple introduction à la journée et il ne nous semblait pas qu'il y avait la moindre difficulté sur cette évidente constatation.

  Mais notre interlocutrice réagit vigoureusement, presque violemment contre ce qui venait d'être dit. "Ce n'est pas vrai, ce que vous dites est totalement faux ! Par exemple, un Indien ne ressent pas la souffrance de la mort de la même manière qu'un Américain ou un Européen. Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? Votre point du vu est celui d'un Occidental, et vous vous limitez à des conclusions issues de votre propre culture." Comme première réaction, cela était assez vif, et aussi assez excessif et chargé de bien trop d'émotion. On voyait bien qu'il y avait quelque chose derrière cette réaction bien trop appuyé, mais nous n'en tenions pas compte pour l'instant ; et nous expliquions simplement que tous les être humains souffrent, tombent souvent malades, vieillissent et connaissent la mort, avec un sentiment de grand vide et de désarroi devant cette vie qui passe sans aucun sens et sans aucune beauté.

  Elle parue troublée par la réponse, mais pensa que nous n'en vîmes rien. Elle commença alors son explication et par là dévoila la raison de son émotion. Elle expliqua que justement, son métier était d'intervenir dans des entreprises pour expliquer que des différences culturelles peuvent engendrer des malentendus et des quiproquos, et par là nuire au bon fonctionnement même de l'entreprise. Elle intervenait également dans des écoles, et elle nous cita l'exemple ou elle avait appris aux étudiants que le système des castes en Inde avait des fondements religieux. Elle semblait très fière de son dernier exemple, comme si l'origine religieuse d'une chose stupide, devient moins stupide parce qu'elle vient d'une religion.

  Nous indiquâmes, que naturellement nous avions des conditionnements différents, les hommes étaient façonnés par leur environnement immédiat, par la culture, par la religion, par le climat et l'alimentation, et par bien d'autres choses encore. Les conditionnements sont différents, mais ce sont des hommes que l'on conditionne, le support du conditionnement est le même. Nous avons tous un fond commun très, très semblable, la couleur de la peau peut être différente, mais le fonctionnement de l'esprit est partout le même. Effectivement il y a des différences, par exemple en Inde, quand on est d'accord, on dit "oui" en dodelinant la tête de gauche à droite, alors qu'en Occident cela veut dire "non". Mais c'est assez superficiel et extérieur, car l'homme partout sait dire "non" ou "oui". L'homme exprime la même chose, de manière un peu différente certes, mais l'essentiel c'est que les hommes disent la même chose, c'est cela l'important.

     

   Pourquoi met-on toujours en avant la différence ? Quel est ce culte voué à ce qui nous sépare, à ce qui nous différencie ? On explique la différence, mais en la valorisant, n'est-ce pas ? On ne cherche pas à aller au-delà, la différence semble en fait nous définir. Elle nous définie et nous sépare de l'autre, et quand cette séparation est trop sensible et douloureuse, on invente le groupe qui partage les mêmes différences. La religion, la nation, l'ethnie spécifique, les spirituels et athées, les communistes ou les libéraux. Mais tous ces groupes ne peuvent rester entre eux, ils en rencontrent d'autres, et les autres ont des croyances forcément différentes. Alors les hommes s'observent et se regardent avec étroitesse, ils jugent les autres d'après leurs propres références. Ils ne désirent pas rencontrer l'autre, le connaître, en fait leur esprit est un tribunal où on prononce des condamnations dés qu'une différence existe, dès qu'il y a divergence envers l'orthodoxie du groupe.

   En fait dés que l'homme se sépare de l'humanité, il devient juge et "ses lois" condamne et frappe ceux qui sont autres, différents. Si c'est la différence qui prime, qui importe, alors la violence et la barbarie se répandent sur le monde. La différence, c'est la séparation, et la séparation c'est obligatoirement la création des camps, de factions, et il suffit juste de deux camps pour faire la guerre...

      

   La personne semblait acquiesçait sans être vraiment convaincue, puis elle désira parler de la mort. Elle indiqua qu'elle fréquentait un cercle ésotérique à tendance occulte, et lors de séances spéciales, il y avait eu des contacts avec des disparus. Nous écoutions en silence ses paroles, car elle semblait prise d'une grande et soudaine passion. Elle raconta comment elle avait vu une jeune femme totalement secouée et déroutée après une des ces séances, ne sachant quoi faire, elle lui avait offert un verre d'eau pour se désaltérer et se remettre de ses émotions. Notre interlocutrice parla aussi des Roses croix, ainsi que d'autres choses tournant autour des sujets assez obscures.

   Comme il est surprenant de voir l'esprit chercher toujours le merveilleux, l'extraordinaire, même si cela l'amène dans des sentiers sans lumière, où seule la noirceur règne et où la joie n'est pas. Quand est-il de la vie ordinaire, quotidienne ? Que faisons nous de nos vies, savons-nous parler aux êtres qui nous entourent ? Parler aux morts, c'est tellement pratique, ils ne sont plus là pour vous contredire, et leurs "messages" sont toujours sujets à interprétations. Mais parler à sa famille, à son enfant, à un parent ou à un ami, c'est tellement plus merveilleux. Entrer en contact véritablement avec un inconnu, c'est un des plus grands privilège qui soit. Quand les gens sont partis, c'est bien tard pour chercher à communiquer, n'est-ce pas ?

   "Oui j'ai un fils, et c'est vraiment dur d'être en relation avec lui." Son visage était bouleversé, et les larmes étaient prêtent à jaillir de ses yeux, elle soufrait vraiment beaucoup. Pour contenir sa peine et se ressaisir, elle s'assit au bord de la porte fenêtre et alluma une cigarette. Elle ne pensa pas du tout à demander si cela pouvait gêner son interlocuteur, mais devant cette grande peine, nous ne dîmes évidemment rien. Comme cela est étrange, on parle aux morts, et on pleure de ne pas parler avec les vivants. Qui sont les vivants et qui sont les morts ?

      

   L'émotion avait était très grande, aussi il nous sembla qu'une pause était la bienvenue. Nous partîmes donc à pieds pour prendre un repas dans un restaurant du village. L'ouverture était finie, et la conversation fut très légère et assez superficielle, après s'être dévoilée un bref instant, la maîtrise et le contrôle de soi étaient de nouveau en place. Notre interlocutrice parla de tout et de rien, mais avec une grande assurance en toute chose. Nous nous séparâmes après le déjeuner, la belle rivière avoisinante était pleine de pitié pour cette personne.

   Tant de souffrance et si peu de lumière dans le cœur, avec un intellect si développé qu'il n'existait plus aucun espace, aucun questionnement réel sur quoi que se soit. Quand l'esprit en encombré de connaissance, de savoir, il n'existe plus d'innocence, plus de doute, et en cela l'immense silence de l'existence ne peut être entendu.

 

 

 

   Paul Pujol, le 14 juin 2012.

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