7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 22:19

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     Les politiciens et les religions ont toujours réécrit l'histoire, ramenant la lecture du passé dans le cadre de leurs propres théories. Ils ne cherchent qu'à confirmer leurs points de vus, afin d'asseoir toujours plus leur pouvoir et leur autorité.

    Quand ils parlent d'histoire, ils notent les différences de cultures, ils regardent les autres civilisations, puis ils les évaluent et les jugent d'après leurs propres critères. Mais dans ce cas là, ils n'essayent même pas de comprendre, de saisir le point de vue de "l'autre"; ils comparent juste "l'étranger" par rapport à leur morale et leur religion.

    Il n'y a aucune sympathie, aucun "amour" dans ce regard, c'est le dit "civilisé" qui regarde le soi-disant "sauvage". Il y a une telle arrogance, un tel mépris dans ce regard prétentieux et présomptueux.

 

    Il est indispensable de comprendre et de voir les autres cultures, les autres civilisations, comme autant d'univers mentaux complexes, d'une grande richesse et d'une profondeur tout autant respectable que la "civilisation judéo-chrétienne". Si nous pensons avoir dans notre culture des belles et nobles choses, pourquoi n'en serrait-il pas ainsi ailleurs, sous d'autres cieux et sur d'autres continents? Les civilisations Chinoise, Indienne, Égyptienne, les Indiens d'Amériques, les cultures Islamiques, Ottomanes. Toutes n'ont-t-elles pas données au monde des trésors de finesse dans l'art, la science, la poésie?

    Il y a aussi la guerre, naturellement, et souvent au nom de Dieu, mais l'occident n'a rien à envier sur ce plan là. N'est-ce pas? Les guerres de colonisation d'Amériques du nord, d'Afrique,  et sur le continent Européen, il y eu l'inquisition de l'église, avec ces bûchers, ces tueries. Puis l'Europe c'est déchirée elle-même, entraînant le monde dans l'abîme et l'effroi; deux guerres mondiales, des millions de morts...

    Alors respectons les autres cultures, dans le sens, qu'elles sont aussi profonde que la nôtre. Il y a tant de richesses, de créations et de beauté dans le monde des hommes, et il y a aussi la laideur et la violence, la barbarie. Mais le barbare, c'est d'abord celui qui pense être le centre du monde, celui qui pense que son "petit monde" représente la totalité, l'immensité du monde. Cela ne veut pas dire que nous allons revenir au mythe de bon sauvage, qui est resté pur en vivant dans la nature, cela serait trop ridicule et réducteur. D'ailleurs c'est un point de vue purement colonialiste, teinté de paternalisme protecteur; on ne considère pas ces gens comme des hommes, mais comme des enfants faibles dont il faut s'occuper. On va les prendre en charge, et en fait on va penser pour eux; ils sont ignorants et nous, nous savons ce qui est bon pour eux.

    Donc voyons celui qui est différent, "l'autre", "l'étranger", comme le miroir de notre humanité. Ces croyances ne sont pas plus sottes que les miennes, ses chants sont aussi beaux, et si je sais écouter son histoire recèle une grande beauté.

 

    Voilà, donc je respecte les différences, mais sans les idéaliser. Il peut y avoir un sentiment de vérité dans les autres cultures, comme dans la mienne. Et si je suis un homme de bonne volonté, si je vois toute cette humanité avec ce regard bienveillant, je me rends compte que ma culture, ma morale et ma religion ne détienne pas la vérité absolue. Mon arrogance en prend un sérieux coup, et je me rends compte de la bêtise des intégristes, je vois que j'ai eu jusqu'à présent un certain intégrisme dans ma vision du monde et des hommes. Cette perception me rend immédiatement humble, car je me rends compte que ce que je sais, ce que je connais est très relatif, très, très partiel. Les autres ont aussi une parcelle de cette vérité, et je me rends compte que toute ces parcelles peuvent se parler entre elles, elles s'interpellent mutuellement. Seuls les intégristes s'en offusquent et sont gênés par ce dialogue.

     Là nous voyons que les cultures sont le résultat de l'Histoire, elles racontent toute la même Histoire, mais avec des géographies différentes, dans des climats différents, avec des habitudes et des coutumes qui se sont affirmées avec le temps. Ces différences sont devenues les ferments des différentes cultures, ils ont créés des religions, des civilisations, des courants de pensées. Tous ces mouvements de civilisations n'ont jamais été séparés les uns des autres, ils se sont toujours nourris mutuellement, parfois avec harmonie, parfois avec les fracas de la guerre et de la désolation.

    Il convient vraiment de voir tout cela, nous sommes le produit de ce brassage permanent. Il y a aussi presque toujours eu une compétition, une concurrence pour la domination d'un territoire ou d'un continent, les religions se sont toujours alliées au politique, perdant ainsi tout "sacré" dans leur action. Le seul but étant la recherche du pouvoir, et sa pérennité dans le temps.

    Cela c'est notre "Histoire", faite de beaucoup de larmes et de sang...Alors que faisons-nous aujourd'hui? Allons-nous continuer cette histoire, quelle est notre responsabilité face à ce monde qui est le nôtre? Il y a les nationalités, les différents religions, les partis politiques, tous ces groupes avec leur chef, leur leader, leur pape. Voyons-nous que tout cela détruit le monde, cela fractionne l'humanité? Comprenons-nous que toutes ces actions divisent les hommes, cela crée des camps, des factions rivales, les responsables préparent la guerre, n'est-ce pas? La violence serra le fruit de la séparation, la brutalité serra l'amer résultat de toute cette division.

 

     Alors que faire? Comment agir, sans créer plus de confusion et de violence? Excusez-moi, mais mes amis, en fait cette Histoire doit "finir". C'est à dire qu'il nous faut créer quelque chose de totalement neuf, une nouvelle culture, une nouvelle civilisation. Non pas basé sur la séparation, sur la division, mais sur la vision et la compréhension profonde de notre humanité commune. Peut-on sentir, se rendre compte au plus profond de soi-même, que nous sommes tous unis, par delà les nationalités et les religions. Nous ne sommes pas des Américains, des Indiens ou des Bouddhistes, des Chrétiens, des musulmans, mais nous sommes des êtres humains. Il faut nous libérer des limites instaurées par la société, et découvrir une autre façon d'aborder la vie, une autre manière d'être en relation avec l'autre et avec le monde de la nature tout entier.

    Cette nouvelle culture ne peut-être crée que dans la Liberté intérieure, car véritablement c'est dans la liberté qu'existe la création, alors le neuf entre en existence et, vraiment, un nouveau monde voit le jour. 

 

 

 

   Paul Pujol

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Paul Pujol - dans textes paul pujol
2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 14:56

 

 

 

  Pourquoi les êtres humains restent-ils la plupart du temps dans une compréhension juste intellectuelle ? Nous présentons ici une analogie entre la sève des plantes et notre manière de comprendre les choses de la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Paul Pujol - dans Vidéos
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 16:19

 

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Paul Pujol - dans Photos
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:58

 

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  Voir ce lien vers un album photos : Des-photos-travaillées-comme-des-peintures

 

 

 

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Paul Pujol - dans Photos
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:47

 

 

  Krishnamurti l'ami précieux

 

 

  Yaurait-il eu de la précipitation dans la sortie de ce livre?

 

  Premièrement il ne s'appelle plus "Krishnamurti. L'ami précieux". Mais "Krishnamurti. Figure de Liberté".

 

Mais cela n'est pas vraiment le plus important, n'est-ce pas?

 

 

 

  Les écoles Krishnamurti: 

 

  Par contre, il y a différentes inexactitudes dans ce livre. Par exemple il n'y a pas que deux écoles fondées par Krishnamurti comme l'indique l'auteur. Il y en a neuf au total, une en Angleterre, une aux États Unis et sept en Inde.

  Vous pouvez consulter la liste de ces écoles ici: http://www.jkrishnamurti.org/fr/worldwide-information/schools.php

 

 

 

   Krishnamurti et l'éveil de la kundalini?

 

  L'auteur insiste sur certaines expériences vécues par Krishnamurti, notamment à Ojai en 1922, et il indique sans aucun doute que K a vécue "l'éveil de la kundalini". Il est vrai qu'Isabelle Clerc n'est pas la seule à émettre cette hypothèse, de très nombreux autres auteurs affirment la même chose, notamment Pupul Jayakar dans son livre consacré à la vie de Krishnamurti, voir:  Biographie de J.Krishnamurti.

  C'est un sujet délicat, voyons d'abord comment Krishnamurti lui-même nommait cet état. Il n'a jamais employé le mot de "kundalini", mais il nommait cela "le processus". Nous savons tous que K. prenait garde d'employer les mots les plus justes possibles, sans arrêt il a adapté son langage, pour être le plus précis et le plus concis. Or étant né dans une famille de brahmanes pauvres en Inde, il est évident qu'il connaissait toute cette histoire de kundalini, or il n'a jamais employé ce terme pour ces expériences...Il parlait du "processus" et pas de "la kundalini".

 

  Mais qu'est-ce donc que cette kundalini?

 

  Donc, petite explication concernant la kundalini: C'est une vision lié au Yoga et à une partie de la culture Indienne, la kundalini serait l'énergie cosmique lovée en bas de la colonne vertébrale. En pratiquant certaines asanas (postures de yoga) et méditations, l'éveil de la kundalini a lieu, elle se fait en remontant le long de la colonne vertébrale, en passant par les différents chakras (des centres d'énergie représentaient en générale par des lotus, ou par des petites roues). Quand la kundalini passe par le dernier chakra situé au-dessus de la tête, c'est l'union parfaite avec la divinité, et la libération définitive du Yogi...C'est la définition classique, traditionnelle, nous nous bornons à vous donner cette définition à titre d'information; en soi nous n'y accordons aucun intérêt particulier...C'est une définition qui fait partie d'un système de pensées, avec ses croyance et ses rites, et comme tout système celui-ci conditionne l'esprit.

  Si on étudie objectivement l'enseignement de Krishnamurti, si on lit ces livres et si on regarde quelques vidéos, on sait très bien que K. n'accordait pas une importance extrême au yoga; il relativisait cette pratique. Il a dit à propos du yoga: "c'est comme d'avoir les ongles propres", ou "c'est comme de se brosser le cheveux".  Mais certains vont dire, "Krishnamurti a pratiqué toute sa vie le yoga. C'est grâce a cela, sans aucun doute, qu'il a réussi à se libérer!" Là, il y a une certaine confusion, jamais K. n'a dit que le yoga pouvait aider à comprendre l'esprit. C'est une chose bonne pour entretenir le physique, tenir le corps en bonne santé. Voilà tout, ni plus, ni moins. Si on accorde trop d'importance au yoga, ou a une autre pratique, c'est que l'on est "attaché" au yoga ou à la méditation. Voyons bien on est attaché à une pratique, et on dit chercher la liberté? 

  

 Autre repère: Krishnamurti n'a-t-il jamais parlé de la kundalini dans tous ces dialogues ou écrits?

  Si justement, de nombreuses fois et toujours il a dédramatisé ces choses, et il dénonçait les croyances des yogis. Nous trouvons une réponse très simple dans un dialogue avec Susunaga Weeraperuma ("Krishnamurti, tel que je l'ai connu", par Susunaga Weeraperuma, page 98. Éditions Buchet-Chastel).Krishnamurti parle du yoga avec son interlocuteur depuis un petit moment quand il lui dit :

  " Je vous en prie, comprenez bien, expliquait K., que je fais du yoga seulement pour des raisons physiques ; ce n'est qu'un moyen pour se garder en forme ; le yoga est un moyen vers une fin et non une fin en soi. Il est nécessaire de comprendre cela clairement car les yogis pratiquent le yoga avec l'intention d'acquérir des pouvoirs psychiques ou d'éveiller la kundalini et toutes ses sottises. De telles choses ne m'intéressent pas".

 

  Il semble injuste de réduire Krishnamurti au yoga et à l'inde en particulier. N'est-ce pas justement ce qui le caractérise le mieux? C'est le fait d'avoir dépassé les limites de la culture et des traditions, qu'elles soient d'orient ou d'occident? Pourquoi essayer de ramener la Liberté dans la prison?

 

 

 

 U.G Krishnamurti n'est pas J.Krishnamurti.

 

  Enfin un dernier point, Isabelle Clerc fait une confusion entre deux auteurs "Uppalari Gopala Krishnamurti" et "Jiddu Krishnamurti".

  Page 61 dans le chapitre sur "La pensée et la cendre", on peut lire:

(extrait) De la pensée, Krishnamurti donnait cette belle image:"Chaque fois qu'une pensée surgit, elle explose et parfois couvre le corps d'une substance analogue à de la cendre...Quand vous ne vous en servez pas, elle se consume et dégage de l'énergie qui chauffe le corps. Ajna chakra(1) prend alors le relais de la pensée(2)."

 

1. Ajna signifie"commande" et désigne le chakra situé au point intersourcillier, qui relie l'absolu, dont il reçoit les ordres, au phénoménal concentré dans Vihudi, le chakra an centre de la gorge.

2. Rencontre avec un éveillé contestataire, Paris, Les deux Océans, 1994, P.13-14.

 

  Nous voilà reparti vers le yoga, avec les chakras...Oui mais voilà, le livre "Rencontre avec un éveillé contestataire" n'est pas de J.Krishnamurti, mais de U.G.Krishnamurti.

 

  Comment peut-on croire que J.Krishnamurti puisse écrire de telles choses? Faire le lien entre l'observation des pensées et encore (une nouvelle foi) une croyance due au yoga. Je vois bien que des personnes vont dire, "mais moi j'ai fait l'expérience de ces choses." D'accord, mais cela ne prouve rien du tout, car il est certain que la croyance entraîne l'expérience. En ayant foi dans certaines pratiques, l'esprit peut projeter et vivre les expériences qui correspondent à cette foi. Mais ce vécu est-il vrai?

  Pour celui qui vit cela, c'est très réel, mais cette "réalité" est-elle la vérité? L'expérience peut être teintée d'illusion, elle peut être fausse. Mais ce n'est pas le sujet de cet article...

 

 

 

  Voilà chers lecteurs et amis, quelques points que je souhaitais vous faire partager concernant ce livre sur J.Krishnamurti. Il est surprenant que de telles approximations et erreurs soient présentes dans un livre des Éditions Points, liées aux Éditions du Seuil. Surtout dans cette belle collection "Sagesses, voix spirituelles".

  Il est bien de lire, et il est bien aussi de ne pas accepter tout ce qui est écrit. Gardons notre regard clair et ayons un esprit alerte et vigilant.

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Paul Pujol - dans Articles J.Krishnamurti